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La recherche européenne, oubliée de la stratégie de relance des chefs d'Etat et de gouvernement

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La recherche européenne, oubliée de la stratégie de relance des chefs d'Etat et de gouvernement
Tous droits réservés  Sylvain THOMAS/EU
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La recherche européenne est l'une des principales victimes du plan de relance de l'UE. Avec un budget de presque 81 milliards d'euros, l'enveloppe est loin de l'ambition affichée par la Commission européenne qui proposait initialement 13 milliards d'euros en plus.

Or sans aide européenne les chercheurs se retrouvent dans l'incertitude. "En tout cela fait plus d'une décennie que je bénéficie de fonds européens. Et il n'y a pas d'autre solution pour moi pour mener mes recherches si je n'ai pas accès à ces fonds", explique Conny Aerts, chercheuse et professeure à l’université de Louvain.

C'est aussi l'avenir de son équipe qui est menacé. Cette astronome travaille avec une vingtaine de personnes dont la moitié est payée par le Conseil européen de la recherche. Ses travaux sur les tremblements d’étoile, l’équivalent des tremblements de terre, dépassent le simple domaine de l’astronomie. C’est "une combinaison de modélisation mathématique, de codes d'intelligence artificielle, avec de la chimie et de la physique nucléaire, tout cela réuni", précise Conny Aerts.

Je forme des étudiants curieux et c'est fondamental car ce sont les innovateurs des 50 prochaines années
Conny Aerts
chercheuse à l’université de Louvain

Ces coupes budgétaires se traduiront concrètement par une diminution du nombre d'inventions, de brevets et donc moins de nouvelles entreprises. Selon les chercheurs c'est l'action prioritaire de la présidente de la Commission européenne qui est remise en question. Ursula von der Leyen a fait de la lutte contre le changement climatique et la numérisation de la société les axes fondateurs de son mandat. "Pour les énergies renouvelables, pour la numération du monde nous aurons besoin d'investissements massifs dans la recherche et l'innovation afin d'arriver avec de nouveaux produits, de nouveaux processus et donc de nouvelles entreprises qui vont nous guider vers la neutralité carbone", insiste Kurt Deketelaere, secrétaire général de la Ligue européenne des universités de recherche.

Ce professeur de droit regrette d’ailleurs que la recherche et l’innovation soient souvent les premiers secteurs sacrifiés lors des négociations budgétaires. Selon Kurt Deketelaere pour convaincre les Etats membres de la valeur ajoutée de la recherche il faudrait des champions de l’innovation au sein du Conseil, l’institution qui représente les Etats membres.

Le secteur demande aux dirigeants d'évaluer les conséquences de ces coupes pour les universités. Les établissements néerlandais pourraient ainsi perdre 100 millions d'euros. En Flandre la note pourrait s'élever à 130 millions d'euros. Pour les chercheurs c'est en fait un budget à court terme. Ils espèrent maintenant que le Parlement européen sera en mesure de renégocier à la hausse les fonds alloués à la recherche.