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Pologne : au coeur des "LGBT-free zones", porte ouverte aux discriminations

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Pologne : au coeur des "LGBT-free zones", porte ouverte aux discriminations
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Les premières sanctions commencent à tomber. Six villes polonaises n'ont pas été retenues pour des subventions dans le cadre d'un programme de jumelage. Les militants LGBT de Pologne en appellent à un durcissement des sanctions de la part de l'UE. Reportage euronews.

C'est simple : il y a désormais une chance sur trois en Pologne pour qu'une personne LGBT se retrouve dans une zone "dite libérée de l'idéologie LGBT" dans son pays. En effet, une municipalité sur trois instaure ces zones qui ouvrent la porte aux discriminations à l'encontre des personnes, gay lesbiennes bi ou trans en plein coeur de l'Union européenne.

En décembre, le Parlement européen avait condamné l'instauration de ces zones et réclamé un contrôle accru de l'utilisation des fonds européens. Les premières sanctions commencent à tomber. Six villes se sont vu refuser des subventions européennes comprise entre 5 000 et 25 000 euros dans le cadre d'un programme de jumelage.

Dominik Socha vit à Puławy, où la résolution a été votée. Résultat : Nieuwegeinn aux Pays-Bas, et Douai en France, avec lesquelles la ville était jumelée, ont décidé de rompre leurs liens.

"J'ai collé des cartes avec les mots "vous nous manquerez" sur les emblèmes de Nieuwegein et de Douai pour montrer que c'est tout simplement une perte", souligne-t-il.

Une situation également dénoncée par le bureau du médiateur polonais qui traite des questions liées aux droits de l'Homme. "Les résolutions des municipalités qui se sont déclarées libres de l'idéologie LGBT - car c'est le nom officiel de la résolution - sont illégales et discriminatoires envers la communauté LGBTI+. C'est pourquoi le Commissaire (l'équivalent du Défenseur des Droits en France, NDLR) a lancé des plaintes administratives", explique Milena Adamczewska-Stachura.

Quelle réaction de l'Union européenne ?

Bart, militant LGBT, espère également que l'Union européenne agira au plus vite. "Nous avons déposé une plainte auprès de l'Office européen de lutte antifraude, l'OLAF, parce que toutes ces zones franches LGBT sont contraires aux règles de l'Union européenne, aux règles antidiscriminatoires, qui conditionnent les fonds européens accordés."

"La Commission condamne toute forme de discrimination fondée sur l'orientation ou l'identité sexuelle et s'engage à lutter contre toutes ces formes de discrimination dans l'UE", souligne de son côté Marek Prawda, le chef de la représentation de la Commission européenne en Pologne.

Les premières sanctions commenceraient-elles à faire réfléchir du côté des municipalités ? A Końskowola, les élus ne sont plus tout à fait convaincus d'avoir fait le bon choix en votant pour la résolution. "Nous discuterons plus en détail de ce sujet. J'ai l'impression que les conseillers ne savaient pas vraiment ce qu'ils faisaient", concède Stanisław Gołębiowski, le maire.

Il faut dire aussi que les propos tenus à l'égard des personnes LGBT lors de de la campagne présidentielle menée par Andrzej Duda, qui a d'ailleurs été réélu mi-juillet, n'a fait qu'alimenter un climat de discrimination inquiétant.