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À Portland, un calme précaire après le retrait des troupes fédérales

Les forces de l'ordre déployées à Portland, le 2 août 2020, États-Unis
Les forces de l'ordre déployées à Portland, le 2 août 2020, États-Unis   -   Tous droits réservés  Noah Berger/Noah Berger
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Après le retrait partiel des troupes fédérales déployées à Portland, des manifestants ont assuré ce week-end qu'ils allaient poursuivre la lutte qu'ils mènent depuis des semaines dans cette ville du nord-ouest des Etats-Unis.

La zone qui a récemment été le théâtre d'affrontements, le quartier qui entoure le tribunal fédéral de Portland, a été généralement calme samedi et dimanche. Mais des heurts ont eu lieu ailleurs à Portland entre des policiers et une foule qui leur lançait des bouteilles.

Le départ progressif des troupes ne mettra pas un terme aux rassemblements

Après des jours d'une colère renforcée par le déploiement de troupes fédérales par le président Donald Trump, l'odeur du gaz lacrymogène persiste dans certains quartiers.

Une grande partie de la tension qui avait longtemps régné s'est dissipée. Mais plusieurs manifestants ont assuré qu'ils n'allaient pas reculer. Des dirigeants du mouvement Black Lives Matter, intervenant devant plusieurs milliers de personnes, les ont appelés à "recentrer" leurs efforts.

Pour eux, l'accent ne doit plus porter désormais sur l'exigence de retrait des troupes fédérales mais revenir sur les demandes initiales de justice raciale qui ont animé de très nombreuses manifestations à travers les Etats-Unis à la suite de la mort de George Floyd, cet Afro-Américain décédé après son arrestation par la police en mai à Minneapolis.

Le calme relatif qui a régné à Portland ces derniers jours s'est installé après que Washington a accepté de retirer les troupes fédérales dans le cadre d'un accord avec Kate Brown, la gouverneure de l'Oregon, l'Etat dans lequel se trouve Portland.

L'accord prévoyait que la police de l'Etat soit déployée pour protéger le tribunal fédéral des attaques des manifestants.

Toutefois, plusieurs membres du mouvement de protestation ont assuré que le départ progressif des troupes fédérales qui opéraient en tenue de camouflage ne mettrait pas fin aux rassemblements contre ce qu'ils considèrent comme le racisme systémique des forces de police.

Quelques affrontements dans la ville

"Nous ne disons pas au revoir", a ainsi déclaré à l'AFP Alicia, 46 ans. "C'est un mouvement qui ne se terminera pas. Personne ne s'en va. C'est une révolution".

Après le récent accord avec le gouvernement, les forces de sécurité de la ville, de l'Etat d'Oregon et du gouvernement fédéral étaient largement absentes de la zone centrale de Portland. Les manifestations qui y ont eu lieu ces jours-ci se sont déroulées pacifiquement pour l'essentiel, avec des slogans scandés et des chants.

Mais des affrontements entre manifestants et policiers ont eu lieu dans la partie est de la ville, selon des médias locaux.

Après que des participants ont commencé à lancer des bouteilles sur les policiers et à les viser avec des lasers, la police a déclaré le rassemblement illégal. Elle a ordonné aux manifestants de se disperser, puis elle a chargé plusieurs fois, selon les médias, qui ne font pas état de blessés.