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"L'esprit Charlie" ardemment défendu par les survivants des attentats au 6e jour du procès

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Laurent Sourisseau, Riss de son nom de dessinateur, sortant de la salle d'audience parisienne, devancé par un garde du corps, 9 septembre 2020
Laurent Sourisseau, Riss de son nom de dessinateur, sortant de la salle d'audience parisienne, devancé par un garde du corps, 9 septembre 2020   -   Tous droits réservés  ALAIN JOCARD/AFP or licensors
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Meurtris mais pas soumis : les survivants de l'équipe de Charlie Hebdo ont poursuivi leurs témoignages devant la Cour d'assises spéciale de Paris, un 6e jour d'audience marqué par le passage à la barre de Riss, actuel directeur de l'hebdomadaire satirique.

Blessé à l'épaule droite après avoir reçu une balle de kalachnikov, il a lutté pour retrouver l'usage de son bras et continuer à dessiner. Depuis l'attentat du 7 janvier 2015, il est suivi en permanence par un garde du corps, comme d'autres figures du journal. Mais il assure n'avoir rien renié de ce qu'est "l'esprit Charlie".

D'une voix neutre, à la barre, il a déclaré : "On vit pour être libre ou on vit pour être un esclave ? Moi je veux vivre libre et pas soumis à l'arbitraire démentiel des fanatiques".

Il a raconté l'attaque d'un violence stupéfiante, inattendue parce que le climat n'était alors pas celui de la menace permanente". Il a affirmé qu'il n'y avait pas à regretter la publication des caricatures de Mahomet en 2006, et assume de les avoir republiées pour l'ouverture du procès. Ce qu'il regrette, c'est de voir à quel point les gens sont si peu combatifs pour défendre la liberté...

Le responsable de Charlie Hebdo est aussi longuement revenu sur les circonstances de l'attaque, et les blessures infligées par les terroristes, et il a rendu un long hommage à ses "amis" dessinateurs aujourd'hui disparus, Charb, Cabu, Wolinski, Honoré, Tignous.

Gravement blessés dans l'attaque, le webmaster Simon Fieschi et le grand reporter du journal, Fabrice Nicolino ont aussi témoigné mercredi. Tous deux ont des séquelles physiques, marchent avec une béquille, mais restent combatifs. Ils ont défendu la liberté de pensée et de ton de Charlie Hebdo. "Charlie, ce n'est pas que la culture de la mort, ce n'est pas que les attentats. C'est aussi un gigantesque appel à la vie", a martelé Fabrice Nicolino à la barre.

Quatorze accusés sont jugés jusqu'au 10 novembre devant la cour d'assises spéciale de Paris pour leurs soutiens logistique aux auteurs des attaques contre l'hebdomadaire, des policiers et le magasin Hyper Cacher entre le 7 et le 9 janvier 2015. Des attentats qui avaient fait 17 morts.