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Empoisonnement d'Alexeï Navalny : Macron dénonce une "tentative d'assassinat"

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Empoisonnement d'Alexeï Navalny : Macron dénonce une "tentative d'assassinat"
Tous droits réservés  Misha Japaridze/AP
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Emmanuel Macron qualifie l'affaire Alexeï Navalny de "tentative d'assassinat" et demande des éclaircissements à Moscou, alors que les preuves confirmant la théorie de l’empoisonnement de l'opposant russe s'accumulent ce lundi.

Une "tentative d'assassinat". Les mots sont clairs et ils sont employés par Emmanuel Macron, ce lundi, pour qualifier l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny. Le président français s'est entretenu lundi matin avec Vladimir Poutine et lui a demandé que "toute la lumière soit faite, sans délai" sur les circonstances et les responsabilités de cet acte qualifié de "criminel", dans un communiqué de la présidence.

"Une clarification est nécessaire de la part de la Russie dans le cadre d'une enquête crédible et transparente", a demandé le chef de l'Etat à son homologue russe, précisant que "la France partage, sur la base de ses propres analyses, les conclusions de plusieurs de ses partenaires européens sur les faits d'empoisonnement à l'aide d'un agent neurotoxique Novitchok".

Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé en réponse des accusations "non étayées".

Nouvelles preuves

Les preuves s'accumulent et l'étau se resserre sur Moscou. Des laboratoires français et suédois ont confirmé que l'opposant avait bel et bien été victime d'un agent neurotoxique, le Novitchok, ce que Berlin affirmait déjà depuis 10 jours. Une version rejetée par Moscou.

Pour étayer sa thèse, Berlin avait donc "demandé à d'autres partenaires européens, à savoir la France et la Suède, de vérifier de manière indépendante les preuves allemandes", a annoncé lundi le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert.

"Les résultats de cet examen par des laboratoires spéciaux en France et en Suède sont maintenant disponibles et confirment les preuves allemandes", a déclaré Steffen Seibert.

Les autorités russes affirment de leur côté que leurs analyses effectuées sur Alexeï Navalny avant son transfert vers l'Allemagne n'avaient révélé aucune substance toxique.

Le Novitchok avait déjà été utilisé contre l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia en 2018 en Angleterre, selon les autorités britanniques. Considéré comme une arme chimique, il se présente le plus souvent sous la forme d'une fine poudre susceptible de pénétrer les pores de la peau ou les voies respiratoires.

L'utilisation de Novitchok "constitue une grave violation de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques", a ainsi rappelé lundi le porte-parole du gouvernement allemand. Berlin a "donc sollicité l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) dans l'analyse des preuves dans l'affaire Navalny", a-t-il également indiqué.

L'opposant russe est sorti du coma artificiel le 7 septembre en Allemagne, où il est hospitalisé, mais l'affaire risque de continuer à empoisonner les relations entre Moscou et les Européens. La possibilité de sanctions ciblées avait notamment été évoquée par l'Allemagne, qui occupe actuellement la présidence du Conseil de l'Union européenne.