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Municipales en Roumanie, répétition générale avant des législatives clés

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Municipales en Roumanie, répétition générale avant des législatives clés
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Les visages recouverts de masques de protection, les Roumains votent dimanche lors d'élections municipales considérées comme un test avant des législatives cruciales prévues en décembre, alors que ce pays parmi les plus pauvres d'Europe s'inquiète d'une résurgence du coronavirus.

Dès les premières heures, des files d'attente se sont formées devant les bureaux de vote en raison des restrictions destinées à maintenir la distanciation entre électeurs.

Contrôles de température, désinfectant hydroalcoolique, parcours protégé pour les personnes vulnérables - les autorités ont pris des mesures pour rassurer l'électorat et prévenir le risque de contamination.

Quatre heures après le début du scrutin, environ 2,1 millions de personnes sur les 18 millions d'inscrits avaient voté, soit un taux comparable à celui de 2016.

Les libéraux en avance dans les derniers sondages

Lors de ces élections à un seul tour, les libéraux (PNL) du Premier ministre Ludovic Orban, qui dirige un gouvernement minoritaire, sont crédités par les sondages de six à huit points d'avance sur les sociaux-démocrates (PSD), évincés du pouvoir fin 2019 par une motion de censure.

"Depuis trente ans j'attends un changement. J'aimerais pouvoir respirer un air plus pur, voir moins d'embouteillages et surtout j'aimerais que les conditions de vie s'améliorent pour que les jeunes ne quittent plus le pays", confie à l'AFP Mihaela, 46 ans, une consultante en marketing qui déplore que son fils s'apprête à emboîter le pas des quelque 4 millions de Roumains qui travaillent en Europe de l'ouest.

Marin Alexandru, un menuisier à la retraite, est lui aussi allé voter de bonne heure "pour que les jeunes aient un avenir meilleur. J'ai travaillé dur toute ma vie et aujourd'hui, à 73 ans, j'ai une retraite de misère", dit-il à l'AFP.

Mais Stefan, 34 ans, rencontré dans un parc bucarestois en train de faire son jogging dominical, ne votera pas: "De toute façon rien de changera, les politiques ne s'intéressent qu'à leur propre bien-être", lâche-t-il.

Par ces temps de crise sanitaire, la mobilisation sera un enjeu majeur. Avec près de 4.700 décès dus au Covid-19 recensés à ce jour et une moyenne de 1.400 nouveaux cas quotidiens, soit quatre fois plus que ce pays de 19 millions d'habitants avait enregistré au plus fort de la pandémie, la Roumanie figure parmi les pays les plus touchés en Europe.

Le président de centre droit Klaus Iohannis a à plusieurs reprises assuré que le scrutin, déjà reporté une fois, ne comportait "quasiment pas de risques".

"Ne laissons pas d'autres personnes décider à notre place", a-t-il lancé dimanche après avoir voté.

Les yeux rivés sur Bucarest

Au total 43.000 sièges sont à pourvoir, mais c'est Bucarest, métropole de trois millions d'habitants dont le gagnant pourrait annoncer la couleur du futur gouvernement, qui attirera particulièrement l'attention.

Battu il y a quatre ans par la sociale-démocrate Gabriela Firea, une journaliste de formation qui brigue un second mandat, Nicusor Dan, mathématicien et défenseur du patrimoine architectural, espère prendre sa revanche, fort cette fois du soutien non seulement de son parti de centre-droit USR-Plus, mais aussi de celui du PNL.

"J'ai voté pour les candidats qui pourront améliorer la vie dans les communautés locales à travers des investissements", a déclaré M. Orban.

"Je suis sûr que les Bucarestois vont choisir la continuité et voteront pour ceux qui ont été à leurs côtés durant cette période difficile", à répliqué Marcel Ciolacu, chef de file du PSD.

Après avoir dominé la scène politique depuis la chute du communisme fin 1989, cette formation a vu sa cote de confiance s'effriter à la suite d'une réforme controversée de la justice qu'il avait lancée en 2017, malgré les mises en garde de Bruxelles.

Mais elle dispose toujours selon les observateurs d'une forte implantation dans les campagnes et compte sur un électorat discipliné, souvent à la merci des "barons locaux", ces élus quasi-inamovibles dont dépend l'octroi d'aides sociales ou de marchés publics.