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L'Arménie et l'Azerbaïdjan s'accusent d'avoir violé la nouvelle "trêve"

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L'Arménie et l'Azerbaïdjan s'accusent d'avoir violé la nouvelle "trêve"
Tous droits réservés  Aziz Karimov/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Une semaine après un premier cessez-le-feu, conclu mais jamais respecté, entre Azerbaïdjan et Arménie au Haut-Karabakh, une nouvelle "trêve humanitaire" est entrée en vigueur samedi à minuit heure locale, mais Erevan et Bakou s'accusent de l'avoir aussitôt violée.

"La République d'Arménie et la République d'Azerbaïdjan sont convenues d'une trêve humanitaire à partir du 18 octobre à 00h00 heure locale", a déclaré samedi soir le ministère arménien des Affaires étrangères. Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a confirmé, dans une déclaration identique.

Accusations mutuelles

Mais seulement quelques heures plus tard, la porte-parole du ministère arménien de la Défense, Shushan Stepanyan, a affirmé sur Twitter : "L'ennemi a effectué des tirs d'artillerie en direction du nord entre 00h04 et 02h45 et a lancé des roquettes vers le sud entre 02h20 et 02h45".

A son tour, l'Azerbaïdjan a accusé dimanche l'armée arménienne de violer le nouveau cessez-le-feu.

"Malgré la trêve annoncée, les forces armées arméniennes ont violé de manière flagrante le nouvel accord", a annoncé le ministère de la Défense azerbaïdjanais dans un communiqué, dénonçant des tirs d'artillerie ennemis et des attaques le long du front.

La reprise des combats il y a trois semaines a fait des centaines de morts. Après une première tentative ratée de cessez-le-feu sous l'égide de Moscou, le conflit a connu une nouvelle escalade samedi.

L'Azerbaïdjan a juré de "venger" la mort de treize civils, dont des enfants, ayant péri la nuit précédente dans un bombardement nocturne de Gandja, deuxième ville du pays. De nombreuses maisons ont été détruites par un pilonnage vers 03h00 locales qui a aussi fait plus de 45 blessés, selon le procureur général.

L'annonce de la trêve intervient alors que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est entretenu au téléphone dans la soirée avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais et insisté sur "la nécessité d'un respect strict" du cessez-le-feu conclu samedi dernier à Moscou, selon le ministère russe des Affaires étrangères.

Le président français Emmanuel Macron a de son côté "salué" samedi soir la trêve humanitaire, ajoutant que cette dernière avait été conclue "à l'issue d'une médiation française conduite au cours des derniers jours et des dernières heures en coordination avec les co-présidents du groupe de Minsk (les Etats-Unis et la Russie, ndlr)".

"Crimes de guerre"

Samedi à Gandja, des dizaines de secouristes ont cherché des survivants à mains nues et rassemblé des restes humains déchiquetés dans des housses mortuaires noires.

"Nous allons nous venger sur le champ de bataille", a proclamé le président azerbaïdjanais Ilham Aliev dans un discours, qualifiant son ennemi séparatiste et son parrain, l'Arménie, tour à tour de "chiens" et de "fascistes".

La Turquie a de son côté accusé l'Arménie de "crimes de guerre", tandis que l'UE a "déploré" ces frappes, appelant une fois encore "toutes les parties à cesser de viser les civils".

Gandja, ville d'environ 300 000 habitants, a été frappée à plusieurs reprises depuis le début du conflit.

Les séparatistes arméniens avaient relevé samedi pour leur part que Gandja abrite "des cibles légitimes" : base aérienne, état-major d'une brigade motorisée, forces spéciales, centre des opérations de la défense azerbaïdjanaise, dépôts de carburant et usines de munitions.

Ils ont aussi accusé l'Azerbaïdjan d'avoir attaqué durant la nuit des infrastructures civiles du Haut-Karabakh, nécessitant une riposte.

Quelques heures avant les frappes sur Gandja, des tirs avaient ainsi visé la ville de Stepanakert que les indépendantistes arméniens considèrent comme leur capitale. Stepanakert est le nom arménien de la ville, les Azerbaïdjanais l'appellent Khankendi.

L'Azerbaïdjan a obtenu des gains territoriaux ces trois dernières semaines sans pour autant remporter de bataille décisive. Bakou n'a pas jusqu'ici révélé le coût du conflit, ne publiant aucun bilan militaire, matériel ou humain.

Les séparatistes affirment avoir tué des milliers d'hommes, reconnaissent avoir dû reculer mais assurent "contrôler la situation". Officiellement, ils ont perdu environ 700 hommes, et la moitié des 140 000 habitants ont été déplacés.

Outre une potentielle crise humanitaire, la communauté internationale craint une internationalisation du conflit, la Turquie soutenant l'Azerbaïdjan. L'Arménie, qui soutient financièrement et militairement les séparatistes, est elle dans une alliance militaire avec la Russie.

Le Haut-Karabakh, majoritairement peuplé d'Arméniens chrétiens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, musulman chiite turcophone, peu avant la dislocation de l'URSS en 1991, entraînant une guerre ayant fait 30 000 morts. Un cessez-le-feu, émaillé de heurts, était en vigueur depuis 1994.