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Italie : mourir du Covid-19... seul

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Italie : mourir du Covid-19... seul
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«Si notre douleur pouvait aider les autres à ne pas éprouver les mêmes atroces souffrances, ce ne serait pas en vain et cela apaiserait nos blessures, car je ne saurais pas faire autrement."

Maurizia a perdu son père fin août. Il avait 92 ans et était l’un des meilleurs cardiologues italiens. Mais en respect des restrictions anti-Covid à l'hôpital de Padoue, elle n'a pas pu se rendre à son chevet pour ses derniers instants.

Maurizia Dalla Volta joute : "Le jour où mon père est mort dans la solitude, il y a eu un pique-nique géant à Cortina avec 500 personnes, l'une d'elles a été testée positives et ils ont donc dû faire passer un test à toutes les autres".

Le jour où mon père est mort dans la solitude, il y a eu un pique-nique géant à Cortina avec 500 personnes
Maurizia Dalla Volta
fille d'une victime du Covid-19

A Padoue, Luca Palamara, euronews : "Cinq minutes de marche: c’est la distance entre chez Maurizia et Alessandra et l’hôpital où leur père est mort. Un hôpital si proche de la famille mais en même temps si loin, car la direction de l'établissement les a empêchées de faire leurs derniers adieux en personne."

Après cette expérience tragique, Maurizia a contacté la direction de l'hôpital pour tenter de faire changer la réglementation. Et ses appels désespérés ont finalement trouvé une réponse. "\_Un règlement va être mis en place dans notre hôpital_, déclare Luciano Flor, directeur général de l'hôpital de Padoue, qui impose\_ que dans certaines conditions spécifiques, comme le risque de décès, les proches doivent toujours pouvoir rendre visite à leurs proches de leur vivant"_.

Maurizia mène sa bataille non seulement pour les patients et leurs proches, mais aussi pour les infirmières et les médecins, qui doivent supporter le fardeau psychologique d'être le seul point de contact entre les patients hospitalisés et leurs proches à l'extérieur. Maurizia explique : "\_Ils doivent écouter des adieux déchirants, des paroles dramatiques, des larmes, on leur demande : "Je vous en prie, faites-lui un câlin de notre part". Ils sont comme des anges, ils font tout pour soulager la souffrance psychologique de tous, mais ils paient le prix fort car ils prennent tout sur eux"_.

Un retour à l'humain, c'est ce que recherche Maurizia, pour elle-même et pour nous tous.