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Brexit : Londres et Bruxelles proches d'un accord commercial historique

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Brexit : un accord imminent ?
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Après dix mois de négociations harassantes, l'Union européenne et le Royaume-Uni espèrent annoncer jeudi un accord historique sur leur future relation commerciale, qui leur permettrait d'éviter in extremis un "no deal" dévastateur pour leurs économies en fin d'année.

Et si Bruxelles était aussi la ville qui ne dort jamais ? Pour les négociateurs britanniques et européens, le sommeil attendra, car l'accord post-Brexit n'a jamais été aussi imminent après dix mois de négociations.

Jusque tard dans la nuit, les discussions se sont poursuivies. Et le diable se cache dans les détails, dans les 2000 pages de cet accord commercial qui doit régir les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union européenne après le 31 décembre, date à laquelle le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l'UE le 31 janvier dernier, aura définitivement abandonné le marché unique.

Une source européenne avait évoqué mercredi "de grandes chances" de conclure un accord dans les prochaines heures. Le Premier ministre irlandais Micheal Martin a lui parlé de "signaux positifs" sur RTE.

Selon une source gouvernementale française, les Britanniques ont consenti "d'énormes concessions", en particulier sur la pêche, ultime point d'achoppement des discussions.

"Il y a eu des mouvements du côté britannique, mais le diable est dans les détails des textes et nous n'y sommes pas encore", a tempéré une source diplomatique. "On vérifie que toutes les garanties sont bien là."

La pêche, le dernier gros point de blocage

Les négociations sont depuis lundi entre les mains de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du Premier ministre britannique Boris Johnson, qui ont échangé à plusieurs reprises pour tenter de surmonter l'impasse sur la pêche.

Les deux parties ne parvenaient pas à se mettre d'accord sur le partage des 650 millions d'euros de produits pêchés chaque année par l'UE dans les eaux britanniques. Londres voulait réduire les quotas européens de manière plus drastique et souhaitait une période d'adaptation pour les pêcheurs européens qui soit plus courte que ce que Bruxelles demandait.

S'il est confirmé, un compromis entre la Commission européenne et le Royaume-Uni devra encore être validé par les Etats membres, un processus qui ne devrait prendre que plusieurs jours. Mais il reste en théorie suffisamment de temps pour qu'un éventuel traité entre en application provisoirement le 1er janvier.

L'aboutissement de ces négociations, débutées en mars, permettrait aux deux parties de s'épargner un "no deal" aussi embarrassant sur le plan politique que dommageable au niveau économique.

Sans accord, les échanges entre l'UE et Londres seraient régis par les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane, de quotas, ainsi que de formalités administratives susceptibles d'entraîner des embouteillages monstres et des retards de livraison. Un scénario noir pour le Royaume-Uni, déjà malmené par une variante plus virulente du coronavirus qui l'a isolé du reste du monde.

La conclusion d'un texte en à peine dix mois, quatre ans et demi après le référendum de juin 2016 sur le Brexit, constituerait une prouesse pour Londres et Bruxelles, puisque de tels pourparlers peuvent prendre des années.

Il avait d'ailleurs fallu deux ans et demi pour négocier l'Accord de retrait scellant le départ britannique, conclu fin 2019, un texte qui apporte une sécurité juridique aux expatriés des deux côtés de la Manche et fournit des garanties pour le maintien de la paix sur l'île d'Irlande.

Les pourparlers commerciaux, menés par Michel Barnier côté européen et David Frost côté britannique, ont été compliqués par le Covid-19 avec des échanges par visioconférence et parfois même la suspension des discussions à cause de cas positifs parmi les négociateurs.

Avec cet accord, l'UE offrirait à son ancien Etat membre un accès inédit sans droit de douane ni quota à son immense marché de 450 millions de consommateurs.

Mais cette ouverture sera, le cas échéant, assortie de strictes conditions: les entreprises d'outre-Manche devront respecter un certain nombre de règles évolutives au fil du temps en matière d'environnement, de droit du travail et de fiscalité pour éviter tout dumping. Des garanties devraient aussi exister en matière d'aides d'Etat.

Un mécanisme devrait permettre aux deux parties d'activer rapidement des contre-mesures, comme des droits de douane, en cas de divergences sur ces normes.

En cas de "no deal", le Royaume-Uni perdrait beaucoup plus que l'Europe : les Britanniques exportent 47% de leurs produits vers le continent, quand l'UE n'écoule que 8% de ses marchandises de l'autre côté de la Manche.