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Hong Kong cible de la répression politique de Pékin : 50 opposants arrêtés

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L'opposant Benny Tai arrêté ce matin par la police de Hong Kong, 6 janvier 2021
L'opposant Benny Tai arrêté ce matin par la police de Hong Kong, 6 janvier 2021   -   Tous droits réservés  GNPHOTO-YUNG/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.
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Une cinquantaine de figures de l'opposition ont été arrêtées ce mercredi, selon des sources haut placées au sein de la police et ces images. L'opération a visé d'anciens parlementaires pro-démocratie comme Lam Cheuk Ting menotté ici à l'écran, James To, Andrew Wan ou encore Claudia Mo ainsi que d'autres militants plus jeunes ou responsables politiques de districts comme Gary Fan.

A en croire un décompte fait sur Facebook et Twitter par des partis et des personnalités de l'opposition, au moins 48 arrestations ont été réalisées, la plupart pour "subversion".

Parmi ces derniers, figurent notamment Gwyneth Ho, une ancienne journaliste de 30 ans passée dans le militantisme, et Tiffany Yuen, une conseillère de district de 27 ans.

Des proches de Joshua Wong, l'un des visages les plus connus de la mouvance pro-démocratie, actuellement incarcéré, ont affirmé sur son compte Facebook que son domicile avait été perquisitionné.

C'est le plus grand coup de filet mené à ce jour contre les critiques de Pékin au nom de ce texte drastique qu'est la loi de sécurité nationale.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a assuré que la liberté des Hongkongais ne serait pas affectée. Ce qui l'est, je cite, "c'est seulement la liberté de certaines forces extérieures et individus à Hong Kong, qui s'associent les uns aux autres pour tenter de saper la stabilité et la sécurité de la Chine".

L'opération de police a aussi ciblé les médias. Trois groupes de presse -Stand News, Apple Daily et Inmediahk- ont dit avoir reçu la visite de policiers.

La police a aussi réalisé une perquisition dans un cabinet d'avocats engagé dans la défense des droits de l'Homme. L'avocat américain John Clancey, qui travaille pour cette entreprise, a été arrêté, a-t-on appris de sources proches du dossier. Il est le premier Américain interpellé au nom de la nouvelle loi.

Ce coup de filet matinal a été rapidement condamné par Antony Blinken, l'homme choisi par le président élu américain Joe Biden pour diriger sa diplomatie, et qui a dénoncé une "attaque contre ceux qui défendent courageusement les droits universels".

Le pourquoi

Des personnalités pro-démocratie ont déclaré que ces arrestations sont liées aux primaires organisées en juillet par l'opposition avant les législatives qui ont été reportées depuis.

Prévues en septembre 2020, ces élections, au cours desquelles l'opposition entendait capitaliser sur la popularité de la mobilisation de 2019, ont été repoussées d'un an par le gouvernement au prétexte de l'épidémie de Covid-19.

Le but des primaires, auxquelles plus de 600 000 Hongkongais ont participé, était d'éviter un éparpillement des votes de l'opposition et de désigner les 35 candidats qui brigueraient ceux des sièges du Conseil législatif (Legco, le parlement local) qui sont attribués au suffrage universel. Les autres sont attribués selon un système alambiqué qui garantit presque à coup sûr la majorité au bloc pro-Pékin.

L'opposition espérait rafler les 35 sièges en question, et être ainsi pour la première fois majoritaire dans la législature, afin de constituer un contre-pouvoir réel à l'exécutif hongkongais qui est aligné sur Pékin.

La Chine avait présenté ces primaires comme une "grave provocation" et affirmé que faire campagne pour prendre le contrôle du parlement pouvait relever de la "subversion", en vertu de la loi sur la sécurité nationale entrée en vigueur quelques semaines plus tôt.

Les autorités chinoises ont engagé en 2020 une reprise en main musclée de l'ex-colonie britannique, qui avait l'année précédente été le théâtre d'une mobilisation populaire inédite depuis la rétrocession en 1997.