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Hong Kong : premières arrestations liées à la loi sur la sécurité imposée par Pékin

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Plus de 300 personnes ont été arrêtées ce 1er juillet 2020 à Hong Kong, dix dans le cadre l'entrée en vigueur de la loi sur la sécurité
Plus de 300 personnes ont été arrêtées ce 1er juillet 2020 à Hong Kong, dix dans le cadre l'entrée en vigueur de la loi sur la sécurité   -   Tous droits réservés  AP Photo/Vincent Yu
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Moins de 24 heures après l'entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin à Hong Kong, la police locale a procédé aux premières arrestations en vertu de ce texte, alors que la journée avait commencé comme tous les 1er juillet dans l'ancienne colonie britannique.

Le drapeau de Hong Kong avait été ainsi solennellement hissé ce mercredi. Un cérémonial dirigé par Carrie Lam, chef de l'exécutif de cette ville de sept millions et demi de personnes pour marquer le 23e anniversaire de la rétrocession du territoire du Royaume-Uni à la Chine.

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Drapeau de Hong Kong hissé à l'occasion de la cérémonie organisée pour marquer la rétrocession du territoire à la Chine, le 1er juillet 2020AP Photo/Kin Cheung

Mais cette fois-ci, cette cérémonie a donc était assombrie par la promulgation d'une nouvelle loi controversée sur la sécurité imposée par la Chine. Une loi qui fait paraître les libertés chères à Hong Kong de plus en plus fragiles.

Le territoire a été rendu à la Chine par les Britanniques le 1er juillet 1997, dans le cadre unique de "un pays, deux systèmes" censé protéger certaines libertés dont les habitants de la Chine continentale ne jouissent pas - y compris la liberté d'expression.

Depuis que Pékin a affiché sa volonté de mettre en place un dispositif juridique pour encadrer sa "région administrative spéciale", selon la terminologie officielle, de très nombreuses voix se sont levées. Certaines ont ainsi affirmé que cette nouvelle loi contrevient à l'accord passé entre ancienne et nouvelle puissances tutélaires.

L'actuelle dirigeante de Hong Kong affirme qu'elle comble un vide béant en matière de sécurité nationale.

Nombre des actes de protestation qui ont secoué Hong Kong au cours de l'année écoulée pourraient en effet désormais être qualifiés d'actes de subversion ou de sécession, et être punis d'une peine pouvant aller jusqu'à la prison à vie.

Bien que beaucoup craignent des répercussions, certains militants sont restés déterminés à aller de l'avant en manifestant. La marche traditionnelle pro-démocratie du 1er juillet a été interdite cette année. Lourdement débordés par la police, le groupe a scandé des slogans tels que "Mettez fin à la dictature d'un seul parti".

Arrestations en pagaille

Traditionnellement chaque 1er juillet, une marche est organisée dans l'ancienne colonie britannique pour marquer l'anniversaire de la rétrocession à la Chine. Mais cette année, pour la première fois, ce grand rassemblement a été interdit par les autorités de Hong Kong, officiellement pour faire face à la pandémie de Covid-19.

Mais de nombreux appels à manifester avaient été malgré tout lancés par de nombreux militants pro-démocratie pour faire entendre leurs voix. Pour faire face, un important dispositif policier a été déployé dans les rues du territoire.

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Policiers dans les rues de Hong Kong, le 1er juillet 2020.DALE DE LA REY/AFP or licensors

Une première arrestation en vertu de la loi sur la sécurité de l'Etat a eu lieu dès ce matin. Un homme a été ainsi appréhendé en possession d'un drapeau en faveur de l'indépendance de Hong Kong dans le quartier de Causeway Bay, en violation du texte promulgué ce mardi par le président chinois Xi Jinping.

Tout au long de la journée, la police de l'ancienne colonie britannique a procédé à l'arrestation d'environ 370 personnes lors de cette journée de manifestation.

Et parmi ces arrestations, 6 hommes et 4 femmes ont été appréhendés pour violation de la loi sur la sécurité de l'Etat.

Les groupes pro-démocratiques de Hong Kong, qui, depuis un an occupent la rue et s'opposent aux forces de police, auraient commencé à se dissoudre par crainte de représailles immédiates, malheureusement avec raison.

Pour Joshua Wong, l’une des figures du mouvement pro-démocratie, l'entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale "marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait. La ville se transformera en un état de police secrète".

Violation "manifeste et grave" pour Londres

Le gouvernement britannique a annoncé ce mercredi étendre les droits à l'immigration pour les habitants de Hong Kong, estimant que constituait une "violation manifeste" de son autonomie.

Pour le Royaume-Uni, la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine à son ex-colonie "constitue une violation manifeste de l'autonomie de Hong Kong et une menace directe pour les libertés de sa population", selon le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab. Ce dernier, devant la presse ce mercredi a également indiqué que ce nouveau dispositif viole de manière "manifeste et grave" la déclaration commune signée en 1984 par Londres et Pékin, qui avait ouvert la voie à la rétrocession en 1997.

Le gouvernement britannique modifiera donc les conditions attachées au "passeport britannique d'outre-mer", le BN(O), afin de les rendre plus favorables, permettant à leurs détenteurs et à leur famille proche de venir vivre et travailler au Royaume-Uni, et facilitant à terme l'accès à la citoyenneté britannique.

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Archives : un manifestant brandissant des "passeports britanniques d'outre-mer", le BN(O), dans un centre commercial de Hong Kong, le 1er juin 2020.AP Photo/Vincent Yu

Les titulaires de ce passeport pourront dorénavant résider cinq ans au Royaume-Uni, contre six mois actuellement, au terme desquels ils pourront solliciter un statut de résident et, après une année supplémentaire, la citoyenneté, a détaillé Dominic Raab à la chambre des Communes.

Environ 350 000 personnes sont titulaires du BN(O) à Hong Kong. Un chiffre qui a presque doublé depuis le début de la contestation il y a un an. Mais 2,9 millions d'autres Hongkongais, en fait tous ceux nés avant 1997, sont éligibles à l'obtention de ce document.

Leurs enfants étant également éligibles, comme l'a précisé Dominc Raab, ces mesures s'appliquent également à nombre de résidents plus jeunes du territoire.