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Migrants vietnamiens retrouvés morts : jusqu'à 27 ans de prison pour les responsables

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Le camion qui contenait les migrants vietnamiens retrouvés morts, à Thurrock, Royaume-Uni, le 23 octobre 2019
Le camion qui contenait les migrants vietnamiens retrouvés morts, à Thurrock, Royaume-Uni, le 23 octobre 2019   -   Tous droits réservés  Alastair Grant/Copyright 2019 The Associated Press. All rights reserved
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Quatre hommes ont été condamnés vendredi à Londres à des peines allant de 13 à 27 ans de prison pour la mort de 39 migrants vietnamiens retrouvés dans la remorque d'un camion en Angleterre en 2019.

L'effroyable découverte avait jeté une lumière crue sur des filières d'immigration clandestine qui prospèrent sur l'espoir de candidats à l'exil prêts à prendre tous les risques et à débourser des sommes faramineuses.

Les deux principaux prévenus, Ronan Hughes, un transporteur routier nord-irlandais de 41 ans, et Gheorghe Nica, un ressortissant roumain de 43 ans, accusés d'être les organisateurs du trafic, ont été condamnés respectivement à 20 et 27 ans de prison pour homicides involontaires et trafic de migrants.

Le premier avait plaidé coupable, le second l'avait été déclaré par la cour de l'Old Bailey à Londres le 21 décembre.

Maurice Robinson, le chauffeur qui conduisait le camion au moment de la découverte des corps, a quant à lui été condamné à 13 ans et quatre mois d'emprisonnement. Il avait plaidé coupable.

Eamon Harrisson, le chauffeur de 24 ans qui avait acheminé la remorque jusqu'au port belge de Zeebruges, affirmant qu'il ignorait la présence des migrants à son bord, s'est vu infliger 18 ans de prison.

Messages glaçants

L'enquête a mis au jour une entreprise "sophistiquée" et "rentable" qui prospérait de longue date, a souligné le juge Nigel Sweeney. Il a évoqué les tentatives désespérées des migrants de "joindre le monde extérieur au téléphone" ou de briser le toit de la remorque pour échapper à la mort.

Les victimes sont mortes d'asphyxie et d'hyperthermie dans l'espace confiné du conteneur.

Parmi elles, Pham Thi Tra My, 26 ans, avait envoyé un SMS glaçant à ses proches, quelques heures avant la découverte des corps : "Maman, papa, je vous aime très fort. Je meurs, je ne peux plus respirer".

Dans un message, diffusé à l'audience, un homme de 25 ans répétait à sa famille qu'il était "désolé" : "C'est Tuan. (...) Je ne vais pas pouvoir m'occuper de vous. (...) Je n'arrive pas à respirer. Je veux revenir dans ma famille. Je vous souhaite une bonne vie".

Les migrants devaient débourser jusqu'à 13.000 livres sterling (14.000 euros) pour être acheminés en "VIP", c'est-à-dire avec un chauffeur au courant de leur présence.

Au total, sept voyages ont été identifiés entre mai 2018 et le 23 octobre 2019. Trois autres hommes impliqués dans le réseau ont été condamnés vendredi à des peines allant de trois à sept ans de prison.

"Argent de la misère"

Les prévenus ont "tiré de l'argent de la misère", a souligné Daniel Stoten, responsable de la police de l'Essex, qui a mené l'enquête. "Ils savaient que c'était dangereux mais ils l'ont fait quand-même", a-t-il dénoncé. Ils ont transporté des migrants qui ont parcouru des "milliers de kilomètres vers la fausse promesse d'une nouvelle vie", "comme on ne transporterait pas des animaux".

Nombre des victimes de ce drame étaient originaires d'une région pauvre du centre du Vietnam, où les familles s'endettent pour envoyer l'un des leurs au Royaume-Uni, via des filières clandestines, dans l'espoir qu'ils y trouvent des emplois rémunérateurs.

Dans leurs témoignages lus à l'audience par le procureur, les familles des victimes avaient raconté la douleur du deuil et le rêve d'une vie meilleure qui s'évanouissait. "Ca va être très dur pour moi de gagner de l'argent et d'élever notre enfant toute seule", a déclaré Nguyen Thi Lam, qui a perdu son mari dans le drame et n'a pour seules ressources que la culture du riz et un peu d'élevage.

Avant le procès à Londres, sept personnes ont été condamnées le 15 septembre au Vietnam pour leur rôle dans le trafic, à des peines allant jusqu'à sept ans et demi de prison pour avoir participé à différents degrés à "l'organisation du trafic illicite de migrants".

Des enquêtes ont également été ouvertes en France et en Belgique, 13 suspects ont été inculpés dans chacun de ces deux pays, après une vaste opération de police internationale.