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L’effort contre la compétition fiscale commence en Europe

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Par Euronews
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L’effort contre la compétition fiscale commence en Europe
Tous droits réservés  PAUL AMES/AP
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Vus d'Europe, les paradis fiscaux sont souvent associés à des îles ou à des pays lointains. Pourtant les militants de la lutte contre l'évasion fiscale appellent l'UE à regarder devant sa porte. Ils suggèrent de se tourner en particulier vers le Luxembourg. Une enquête récente souligne que des multinationales et des milliardaires passent par le Grand-Duché pour réduire leurs impôts.

En 2019 les investissements directs qui transitaient par le Luxembourg étaient 67 fois supérieurs à son économie. Pour Oxfam ce chiffre est bien au-dessus de la moyenne européenne. "Cela montre comment les personnes les plus fortunées dans d'autres Etats membres mais aussi hors de l'UE, choisissent ce pays pour placer leur argent ou leurs actifs. L'objectif est d'éviter de payer des taxes ou de faire de l'évasion fiscale et dans le pire des cas c'est du blanchiment d'argent", explique Chiara Putaturo, en charge de la politique fiscale pour l’ONG. Elle souligne aussi que le pays compte 650 000 habitants et 140 000 entreprises dont 90% sont contrôlées par des non-Luxembourgeois

Pas un cas unique

Mais ces pratiques ne se limitent pas au Luxembourg. Certains eurodéputés estiment que l'UE compte cinq Etats membres qui remplissent les critères économiques d'un paradis fiscal. Il s'agit de Chypre, de l'Irlande, de Malte, des Pays-Bas et du Luxembourg. Ils réclament donc une réponse européenne. "Au sein de l'UE vous n'avez pas le droit de dire tout haut, de nommer et de critiquer et je pense que le Parlement européen est la seule institution qui le fait, qui parle ouvertement du rôle de l'Irlande, du Luxembourg et des Pays-Bas et ce qu'il faudrait faire", précise l’eurodéputé Paul Tang (S&D). Pour le Néerlandais le blocage européen s’explique par la règle de l’unanimité en vigueur entre les 27 en matière de politique fiscale.

La crise économique provoquée par le covid-19 s'aggrave, les dépenses publiques progressent et la récession a entrainé une augmentation de la dette. Dans ce contexte une taxe sur les transactions financières peut apparaître comme une solution pour rééquilibrer les finances. Cet outil a rapporté 1,7 milliard d'euros l'an dernier au gouvernement français. Mais à l'échelle européenne, le projet évoqué en 2011 est toujours à l'étude et bloqué par les Etats membres.