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Birmanie : des dizaines de morts lors d'une nouvelle journée de répression

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Birmanie : des dizaines de morts lors d'une nouvelle journée de répression
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Des dizaines de personnes, dont plusieurs enfants, ont été tuées samedi dans la répression de nouvelles manifestations pro-démocratie en Birmanie

L'Union européenne et la Grande-Bretagne ont condamné les "meurtres" commis par l'armée dans le pays, qui traverse une grave crise depuis que la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi a été évincée du pouvoir par un coup d'Etat militaire le 1er février.

Les militants pro-démocratie avaient appelé à une nouvelle série de manifestations samedi, jour où l'armée organise tous les ans un gigantesque défilé militaire devant le chef de l'armée désormais chef de la junte au pouvoir, le général Min Aung Hlaing.

Dans l'après-midi, alors que les manifestations se poursuivaient un peu partout dans le pays, l'AFP a pu vérifier qu'au moins dix-neuf personnes avaient été tuées, les médias locaux faisant eux état d'un bilan beaucoup plus lourd. L'ONU évoque des dizaines de morts. "Jusqu'à présent, le bilan des victimes s'élève à 83-91 personnes tuées et des centaines de blessés. Il y a quatre rapports qui font état d'enfants qui ont été tués, dont au moins un nourrisson", a dit une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Ravina Shamdasani.

La violence a éclaté dans toute la région de Mandalay (centre) lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants, tuant au moins neuf personnes dans quatre villes différentes, dont un médecin à Wundwin et une adolescente de 14 ans à Meiktila, selon les secouristes sur le terrain.

"Jour de révolution"

A Myingyan, un manifestant qui a vu un homme tué après avoir reçu une balle dans le cou, a déclaré que le nombre de morts augmentera probablement. "Aujourd'hui, c'est comme un jour de révolution pour nous", a-t-il dit.

Dans l'est du pays, dans l'État de Shan, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur un rassemblement d'étudiants à Lashio. Un sauveteur a confirmé qu'au moins trois manifestants étaient morts, corroborant les informations des médias locaux.

A Nyaung-U près de Bagan, célèbre site classé par l'UNESCO, un guide touristique a été tué par balles alors qu'il participait à une manifestation.

A Rangoun, la capitale économique, des panaches de fumée se sont élevés au-dessus de la ville, devenue un point chaud ces dernières semaines.

Un rassemblement nocturne devant un poste de police dans le sud de la ville - où des manifestants ont appelé à la libération de leurs amis - est devenu violent selon une habitante.

Au moins six manifestants sont morts, dont un jeune homme de 20 ans selon des témoignages.

Près de la prison d'Insein, un rassemblement avant l'aube - où les manifestants portaient des casques de vélo et étaient protégés par des barricades de sacs de sable - a sombré dans le chaos lorsque les soldats ont commencé à tirer.

Au moins un d'entre eux a été tué - un policier de 21 ans, Chit Lin Thu, qui avait rejoint le mouvement anti-coup d'État.

"Il a reçu une balle dans la tête et il est mort chez lui, a déclaré son père Joseph. _Je suis extrêmement triste pour lui, mais en même temps, je suis fier de mon fils". _A Meiktila également (centre), deux manifestants auraient trouvé la mort.

Réactions internationales

La brutalité de la répression a entraîné sur la scène internationale une série de condamnations et de sanctions touchant les avoirs de nombreux militaires puissants, dont leur chef, mais la pression diplomatique a eu jusqu'ici peu d'impact.

L'Union européenne et le Royaume-Uni ont condamné les "meurtres" commis par l'armée.

"Cette 76e journée des forces armées restera gravée comme un jour de terreur et de déshonneur. Les meurtres de civils non armés, dont des enfants, sont des actes indéfendables", a annoncé l'ambassade de l'Union européenne à Rangoun sur Twitter et Facebook, tandis que l'ambassadeur du Royaume-Uni a estimé dans un communiqué que "les meurtres extrajudiciaires en disent long sur les priorités de la junte militaire".

Aux premières heures du jour, des milliers de soldats, des chars, des missiles et des hélicoptères s'étaient succédé sur une immense esplanade de Naypyidaw où était réuni un parterre de généraux et leurs invités, parmi lesquels des délégations russe et chinoise.

Le général Min Aung Hlaing a de nouveau défendu l'organisation du coup d'Etat en raison de la fraude électorale présumée lors des élections de novembre, remportées par le parti d'Aung San Suu Kyi, et a juré qu'un "transfert de responsabilité de l'État" se produirait après des élections.

Selon un groupe de défense de prisonniers politiques, 320 personnes ont trouvé la mort dans les troubles depuis le putsch, et plus de 3000 ont été arrêtées.