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Pas de lune de miel pour l’accord d’investissement sino-européen

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Pas de lune de miel pour l’accord d’investissement sino-européen
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Sanctions et boycotts. Les relations entre l’UE et la Chine connaissent de sérieuses difficultés. Ces tensions éclatent trois mois après la signature de l’accord sur les investissements entre les deux partenaires.

Chaque camp assurait en décembre dernier vouloir faciliter le commerce malgré les appels de Washington à adopter un ton plus dur à l’égard de Pékin. Le texte semble désormais menacé. Les autorités chinoises ont répondu en quelques heures aux sanctions européennes sur les violations de droits de l’homme.

Pour l’un des eurodéputés visés par la Chine, le compromis ne tient plus qu’à un fil. "Au regard des circonstances, les sanctions contre des membres du Parlement européen, des ambassadeurs… il sera très difficile de l’adopter", explique Ilhan Kyuchyuk (Renew Europe).

Le compromis doit en effet être approuvé par l’hémicycle ce qui semble peu probable à l’heure actuelle. Mais tous les eurodéputés ne sont pas aussi pessimistes. "Je suis optimiste et pour une raison très simple. Si vous demandez à l’industrie européenne ou à des associations industrielles européennes, elles vous diront que cet accord d’investissement est très bénéfique pour l’économie européenne", résume le parlementaire Maximilian Krah (Identité et démocratie).

Johanna Geron/AP
L'accord entre la Commission européenne et la Chine a été conclu le 30 décembre 2020Johanna Geron/AP

La Chine accepte mal les critiques. Elle intensifie ses représailles contre des entreprises occidentales comme Nike ou Adidas par un appel au boycott. Ces deux sociétés dénoncent le travail forcé dans la production du coton dans la province chinoise du Xinjiang.

Pour le chercheur du European Council for Foreign Relations, Andrew Small, l’accord sino-européen avait fait naitre l’espoir d’avancées sur les éléments de coopération dans la relation entre l’UE et la Chine. "Mais nous voyons que sur la question du changement des valeurs ou les dossiers systémiques, ces questions créent des difficultés dans la relation", précise-t-il. Le chercheur s’attend désormais à des mois, voire des années, difficiles.

La mise de côté probable de l’accord d’investissement indique que l’Union européenne et la Chine entrent dans une nouvelle étape de leur relation, une étape plus délicate.

Journaliste • Grégoire Lory