DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

De Gaza à la Nasa, le parcours remarquable de Loay Elbasyouni, ingénieur palestinien

euronews_icons_loading
Loay Elbasyouni, ingénieur palestinien
Loay Elbasyouni, ingénieur palestinien   -   Tous droits réservés  Cleared
Taille du texte Aa Aa

De Gaza à la Nasa : c'est le parcours hors du commun de Loay Elbasyouni. Cet ingénieur spatial palestinien a participé au lancement d'un mini-hélicoptère expérimental depuis la surface de Mars. Il a passé six ans à concevoir aux côtés d’autres scientifiques de la NASA le système de propulsion de l’hélicoptère Ingenuity, son contrôleur et d’autres composants clés.

Son équipe est entrée dans l'histoire en février, quand le rover Perseverance a lancé sur Mars l’hélicoptère robotique sur lequel il a travaillé.

"Le plus grand moment de bonheur a été lorsque nous avons effectué le premier vol. J'étais si heureux et si fier de faire partie d'une telle équipe, raconte-t-il._ Mon espoir depuis que j'ai quitté Gaza, depuis que je suis enfant, a toujours été de créer une entreprise qui pourrait apporter un changement dans le monde, et je suis toujours sur cette mission, donc je ne vois pas vraiment ce point comme si j'avais remballé mes objectifs, c'est juste comme une autre étape dans ma carrière"._

Loay Elbasyouni est né à Beit Hanoun, au nord de Gaza, il y a 42 ans. ll quitte Gaza vers 20 ans, en 1998, pour étudier aux États-Unis. Sa vie d'étudiant est difficile à l’Université du Kentucky, où il a du mal à joindre les deux bouts, surtout quand la ferme de son père est détruite par les bulldozers israéliens. L’armée israélienne va à quatre reprises saccager les vergers familiaux. Une situation qui l'oblige à trouver des petits boulots, pour pouvoir poursuivre ses études. Sa persévérance paye : il s’inscrit à l’Université de Pennsylvanie, où il obtient une licence puis une maîtrise en génie électrique.

"Pendant mon séjour aux Etats-Unis, j'ai eu beaucoup de difficultés parce que la situation a empiré à Gaza et j'ai dû travailler très dur, je travaillais de 90 à 100 heures par semaine pour livrer des pizzas ou dans des restaurants, pour pouvoir payer mes deux licences et obtenir mon diplôme, ma licence et mon master en génie électrique, et à partir de là, j'ai beaucoup travaillé jusqu'à ce que je construise vraiment ma carrière en travaillant sur les véhicules électriques, puis sur les avions électriques, ce qui m'a amené à travailler sur l'hélicoptère Mars."

En 2012, l'ingénieur palestinien est embauché par une société qui développe des avions électriques. Deux ans plus tard, la société remporte un contrat avec la Nasa sur le projet d’hélicoptère pour Mars, et Loay Elbasyouni est promu ingénieur électronique en chef. La suite, et le succès sur Mars, on les connaît.

Dans sa ville natale de Beit Hanoun, Loay Elbasyouni est un véritable héros. Pourtant il y a bien longtemps qu'il n'y est pas revenu. La dernière fois, c'était brièvement, en 2000, avant la deuxième Intifada palestinienne. 6000 Palestiniens et 1000 Israéliens ont été tués avant que la violence ne finisse par diminuer en 2005. Deux ans plus tard, après qu'Israël s'est retiré de la Bande de Gaza, le Hamas a pris le pouvoir. Depuis, Israël et l’Égypte imposent un blocus qui limite strictement la circulation des personnes et des marchandises à l’intérieur et à l’extérieur de l’étroite bande côtière, où vivent plus de deux millions de Palestiniens.

Pour Loay Elbasyouni, retourner dans sa ville natale dans la bande de Gaza, paraît presque plus compliqué qu'aller sur Mars. Beit Hanoun lui semble plus éloigné que la planète rouge, à cause des restrictions des autorités israéliennes et égyptiennes. Et la crise sanitaire n'arrange rien.