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L'Union européenne prépare un plan d'aide destiné à un "futur Bélarus démocratique"

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L'Union européenne prépare un plan d'aide destiné à un "futur Bélarus démocratique"
Tous droits réservés  DMITRY ASTAKHOV/AFP
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Bruxelles a présenté vendredi un projet de soutien au Bélarus prévoyant jusqu'à 3 milliards d'euros d'aide au pays, en cas de transition démocratique quand Alexandre Loukachenko aura quitté le pouvoir.

Les sanctions contre le régime bélarusse d'un côté, le soutien au peuple de l'autre. Alors que les Etats-Unis disent préparer, avec l'Union européenne, _"une liste de sanctions ciblées à l'encontre de membres-clés du régime de Loukachenko", _Bruxelles a présenté un projet de soutien économique destiné à un "futur Bélarus démocratique". Autrement dit quand Alexandre Loukachenko aura accepté de quitter son fauteuil et de s'en remettre à un processus démocratique, l'UE ayant jugé la dernière élection "nilibre juste ni juste".

"Ce plan, d'un montant maximal de 3 milliards d'euros, reflète l'engagement de l'Union européenne à soutenir le peuple biélorusse (...) lorsque le Bélarus s'engagera dans une transition démocratique", a déclaré Josep Borrel, chef de la diplomatie européenne.

A ce stade, 88 personnes, dont le président bélarusse Alexandre Loukachenko, étaient déjà frappées d'une interdiction de voyage dans l'UE et d'un gel de leurs avoirs avant le détournement de l'avion de Ryanair par Minsk dimanche dernier.

Lundi soir, au début du sommet européen, les Vingt-Sept ont annoncé leur fermeture de l'espace européen au Bélarus, la mise en place de "sanctions économiques ciblées" et l'allongement de la liste des "personnes et entités bélarusses" déjà visées par des sanctions.

Washington va de son côté imposer à compter du 3 juin des sanctions économiques contre neuf entreprises publiques du Bélarus. Des sanctions décidées à la suite de la répression des manifestations contre le régime.

Le département du Trésor américain travaille aussi à l'élaboration de sanctions contre "des éléments du régime de Loukachenko et son réseau de soutien", a déclaré vendredi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki.

Svetlana Tikhanovskaïa, opposante bélarusse en exil, a appelé l'UE à se montrer "plus courageuse et plus forte" en imposant des sanctions supplémentaires. Le premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui la recevait à La Haye, estime que les sanctions ciblées constituent la meilleure option.

"Nous ferons tout pour protéger les personnes en Biélorussie de l'impact de ces sanctions, mais cela ne sera pas toujours facile", a déclaré Mark Rutte. "Nous devons tout faire pour atteindre le régime et nous ne pouvons y parvenir que par des sanctions ciblées".

Soutien de Moscou réaffirmé

Pendant, ce temps, Vladimir Poutine a réaffirmé son soutien à Alexandre Loukachenko en le recevant, tout sourire, vendredi, dans sa résidence de Sotchi.

Le président russe a balayé les accusations des Occidentaux concernant l'interruption de l'avion de Ryanair reliant Athènes à Vilnius, qui a conduit à l'arrestation de l'opposant bélarusse Roman Protassevitch.

Il a rappelé le cas de l'atterrissage forcé, en 2013, à Vienne, de l'avion du président bolivien Evo Morales, qui avait été soupçonné de transporter le lanceur d'alerte Edward Snowden.

"Ce qu'ils veulent de nous est bien clair, ces amis occidentaux", a dit de son côté Alexandre Loukachenko, estimant qu'il s'agissait de "déstabiliser la situation pour que ce soit comme en août" 2020, quand un mouvement de contestation sans précédent avait secoué le Bélarus.

Le Bélarus affirme que l'avion de Ryanair a été dérouté dimanche dernier à cause d'une alerte à la bombe et que l'arrestation de Roman Protassevitch relevait du hasard. Mais il n'y a jamais eu de bombe et la société qui héberge l'adresse email d'où la menace a été envoyée, révèle que "le message a été envoyé après que l'avion a été détourné". De quoi renforcer les soupçons d'une mise en scène.

Le site dossier.center a publié la photo d'un courriel daté de 09h57 GMT, alors que le pilote de l'avion a officiellement été informé de la menace à 09h30 GMT.

Le Comité d'enquête bélarusse a assuré que plusieurs messages d'alerte avaient en fait été reçus dimanche, dont un à 09h25 GMT.