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Le nouveau parquet européen déjà en action

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Par Méabh Mc Mahon  & Euronews
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Le nouveau parquet européen déjà en action
Tous droits réservés  KENZO TRIBOUILLARD/AFP
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Le parquet européen est désormais une réalité dans les faits. Cette nouvelle instance de l’UE a vu le jour formellement cette semaine après 20 ans de discussion. La responsable du parquet, la Roumaine Laura Kösvesi a donné le coup d’envoi de Luxembourg où se trouve le siège du parquet.

22 Etats membres participent à ce nouvel organe dont la mission est d’enquêter et de poursuivre les auteurs de fraude liée au budget européen comme la corruption ou les infractions transfrontalières à la TVA.

Euronews :

Des milliards d’euros d’argent public vont bientôt arriver avec le plan de relance de l’UE. Pensez-vous que vos services peuvent préserver ces fonds des tentatives de corruption ?

Laura Kövesi :

Notre travail est d’enquêter si quelqu’un commet un crime lié à ces fonds et nous agirons ainsi dans 22 Etats membres. Nous sommes prêts pour cela. Nous allons aussi coopérer avec les autorités nationales, avec les autres agences, en particulier Europol et Eurojust et l’Office européen de lutte anti-fraude (OLAF). L’OLAF peut d’ailleurs améliorer la détection de ce genre de fraude. Il peut nous le signaler et alors nous pouvons poursuivre l’enquête.

Euronews :

Beaucoup s’attendent désormais à ce que vous envoyez des politiciens corrompus en prison. Quand cela va-t-il se produire ?

Laura Kövesi :

Nous avons enregistré notre première affaire. Cette affaire vient d’Allemagne et d’Italie. Après cela nos procureurs délégués vont mener leur enquête. Nous sommes donc prêts à poursuivre les fraudes qui relèvent de notre juridiction. Je ne pense pas que nous puissions dire que demain nous lancerons les premières accusations ou les premières condamnations.

Euronews :

Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ces affaires ?

Laura Kövesi :

Non je peux seulement signaler que nous avons les avons enregistrées mais je n’ai pas vu les dossiers donc je ne peux pas faire de commentaire.

Euronews :

Vous avez critiqué le gouvernement slovène pour son manque de coopération avec vos services. Où en êtes-vous ?

Laura Kövesi :

Il est difficile pour moi d’expliquer ce manque de coopération sincère car la procédure de sélection des procureurs délégués a été finalisée en décembre. Et depuis le gouvernement a sur son bureau la proposition pour un procureur délégué. Comme je l’ai dit c’est un manque de coopération sincère avec nous et nous devons réorganiser notre travail en interne. Il est évident que nous ne pouvons pas suivre toutes les affaires venues de Slovénie. En agissant ainsi le gouvernement slovène met le parquet européen dans une situation très difficile car cela veut dire que nous ne pouvons pas améliorer le niveau de protection, au contraire cela l’affaiblit.

Euronews :

Comment faire pour protéger l’argent européen dans les pays membres qui ne participent au parquet européen ?

Laura Kövesi :

Dans ces pays qui ne participent pas il peut y avoir des enquêtes seulement s’il y a des liens. Par exemple si un ressortissant d’un Etat membre qui ne participe pas au parquet commet un crime dans un Etat membre qui a rejoint le parquet. Mais je pense que l’OLAF et les autorités nationales poursuivront les enquêtes dans ces cas-là. Et nous pouvons coopérer à partir d’instruments juridiques qui existent dans l’Union européenne en matière de coopération judiciaire.