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En plein bras de fer avec l'UE, V. Orban s'offre une pub dans des journaux européens

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Par Gábor Ács
Viktor Orban à Bruxelles, lors d'un sommet européen
Viktor Orban à Bruxelles, lors d'un sommet européen   -   Tous droits réservés  Olivier Matthys/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
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En pleine période de tension entre Budapest et la Commission européenne autour d'une loi hongroise jugée homophobe, le gouvernement de Viktor Orban a financé une campagne de publicité critiquant l'Union européenne dans des journaux européens de droite, parmi lesquels Le Figaro, le 29 juin dernier.

"Il s'édifie à Bruxelles un super-État pour lequel personne n'a donné mandat. Nous disons non à l'Empire européen". C'est par ces mots que commence une publicité payante signée par Viktor Orbán en page 13 du quotidien français Le Figaro. Le gouvernement hongrois a également publié une pleine page de publicité dans les journaux danois Jyllands-Posten et espagnol ABC, exposant la position hongroise concernant l'avenir de l'Union européenne.

Les Hongrois connaissent déjà ces publicités gouvernementales en bleu et blanc, qui ont coûté des centaines de milliards de forints aux contribuables. Ces communiqués, qui expriment un fort scepticisme à l'égard de Bruxelles, suscitent de vifs débats au sein de la société hongroise. Ceux parus en France, au Danemark et en Espagne devraient avoir le même effet.

Dans cette annonce publiée dans Le Figaro, M. Orbán déclare qu'il réinterprétera également le document-cadre de l'Union européenne, le traité de Maastricht :

L'intégration est un moyen, pas une fin. L'objectif d'une "union sans cesse plus étroite entre les peuples d'Europe" devrait être supprimé des Traités fondateurs.

La critique hongroise vise le premier pilier du traité de Maastricht, selon lequel l'UE est construite sur une communauté européenne harmonisée. Les deuxième et troisième piliers ajoutent deux autres domaines de coopération : la politique étrangère et de sécurité, et l'harmonisation de la justice.

La proposition du gouvernement hongrois présentée dans la publicité, fait également référence à l'intégration européenne, qui reposerait sur une réussite économique partagée. Le texte, signé par Viktor Orbán, indique que "si nous ne parvenons pas à être plus performants ensemble que chacun de notre côté, c'est fini de l'Union européenne".

Parmi les défis la décennie à venir, le Communiqué du gouvernement hongrois met en avant la menace des migrations massives et des épidémies, puis aborde la question de la démocratie européenne :

Nous devons restaurer la démocratie européenne. Le Parlement européen s'est avéré être une voie sans issue : il ne représente que ses propres intérêts idéologiques et institutionnels. Il faut renforcer le rôle des parlements nationaux.

La septième demande se termine par un plaidoyer ne faveur de l'intégration de la Serbie dans l'Union européenne.

Certains journaux ont à l'inverse annoncé avoir refusé de publier le communiqué. C'est le cas en Belgique de La Libre Belgique et De Standaard.

Le Premier ministre hongrois essaie ces jours-ci d’acheter de l’espace médiatique dans la presse européenne. De Standaard a décidé de ne pas publier cette annonce. Parce qu’il est trop cynique de vendre de l’espace médiatique à un chef de gouvernement qui a restreint la liberté de la presse dans son pays”, écrit De Standaard, cité par le Huffington Post.