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L’UE ne compte pas baisser la garde vaccinale contre le covid-19

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Par Stefan Grobe  & Euronews
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L’UE ne compte pas baisser la garde vaccinale contre le covid-19
Tous droits réservés  Jean-Francois Badias/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
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L’UE a atteint l’un de ses objectifs contre le covid-19. Dans leur ensemble les 27 sont parvenus à vacciner avec au moins une dose 70% de la population adulte et cela avant la fin de l'été. En tout 57% des Européens sont pleinement vaccinés avec deux injections.

Lors de son annonce la présidente de la Commission européenne ne cachait pas sa satisfaction sans tomber dans l'euphorie. "Nous devons poursuivre nos efforts. Le variant delta est très dangereux. J'encourage donc vivement toutes les personnes qui le peuvent à se faire vacciner pour leur propre santé et pour protéger les autres", insiste Ursula von der Leyen.

Cette annonce intervient alors que les infections progressent. Certains pays comme la France ont renforcé leurs mesures sanitaires pour limiter la propagation du variant delta en pénalisant ceux qui ne veulent pas du vaccin.

En Belgique des chercheurs ont mené une étude pour savoir ce qui poussait les citoyens à rejoindre un camp ou l'autre. L'objectif est de mieux comprendre les mouvements qui motivent les deux groupes. Euronews a interrogé Timothy Desmet, économiste et spécialiste du marketing et des comportements de consommation à l'Université flamande libre de Bruxelles (VUB) et auteur du rapport.

Euronews :

Quels sont les principaux résultats de votre étude ?

Timothy Desmet :

Ce qu'il faut retenir c'est que la plupart des gens sont satisfaits de la campagne de vaccination. Ils mentionnent principalement les bénéfices pour la santé non seulement pour eux-mêmes mais ils évoquent aussi les bénéfices pour les plus faibles, ceux qui sont plus âgés ou qui souffrent d'autres maladies. C'est la principale source de satisfaction à propos de la vaccination. Mais on observe aussi que ceux qui ne sont pas encore vaccinés sont très hésitants et s'interrogent sur une éventuelle injection à l'avenir.

Euronews :

Statistiquement quel est le profil d'un anti-vaccin, son âge, son genre, son éducation, ses revenus ?

Timothy Desmet :

On voit des différences subtiles entre les différents groupes que vous mentionnez mais cela relève plus de l'attitude, cela relève de ce qu'ils ressentent à l'égard de la vaccination qu'ils soient jeunes ou plus âgés qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme. Il y a un schéma spécifique : ceux qui sont hésitants sont très sceptiques à l'égard des médias traditionnels. Ces personnes semblent chercher leurs informations à travers les réseaux sociaux. On voit qu'ils cherchent des informations qui confirment leurs recherches et qui confortent leur conviction. Et leur conviction est que la vaccination est en dangereuse et qu'il reste des incertitudes sur les effets secondaires.

Euronews :

Plusieurs gouvernements en Europe ont renforcé les incitations pour pousser les citoyens à se faire vacciner. Dans quelle mesure ces personnes peuvent être convaincues de recourir au vaccin ?

Timothy Desmet :

Je pense que c'est une bonne idée car vous ne serez pas en mesure de les convaincre avec des arguments théoriques. Vous n'arriverez pas à les convaincre en leur disant que le vaccin n'est pas dangereux. Ils ne l'accepteront pas. Ils ont leur conviction et il ne sera pas possible de les convaincre. Donc il faut trouver d'autres voies. D'un point de vue académique et à partir des résultats de notre étude nous voyons que ces réponses très pratiques devraient fonctionner. Il faut s'assurer que cela devienne très difficile pour ceux qui ne veulent pas être vaccinés.

Euronews :

Le président américain parle maintenant de la pandémie des non-vaccinés, suggérant que seules ces personnes vont tomber malade ou mourir. Que pensez-vous de cet argument ?

Timothy Desmet :

Je pense que c'est un peu léger. Je le comprends en partie mais même vacciné vous risquez d'attraper le virus, vous aurez des symptômes moins graves mais vous pouvez en mourir quand même. Je ne suis pas d'accord avec l’idée de montrer cela comme le problème des non-vaccinés.