Ukraine : Moscou et Washington se mettent en garde, mais veulent poursuivre les pourparlers

Ukraine : Moscou et Washington se mettent en garde, mais veulent poursuivre les pourparlers
Tous droits rĂ©servĂ©s Denis Balibouse/© KEYSTONE / DENIS BALIBOUSE
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Par Stephane HamalianEuronews avec AFP
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đŸ‡șđŸ‡žđŸ‡·đŸ‡ș Pourparlers russo-amĂ©ricains | "Jamais au grand jamais" l'Ukraine ne doit rejoindre l'Alliance atlantique, a martelĂ© le nĂ©gociateur russe.

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La Russie a assuré lundi ne pas avoir "l'intention" d'attaquer l'Ukraine, aprÚs des pourparlers avec les Etats-Unis, les deux camps assurant vouloir poursuivre leurs pourparlers en vue d'une désescalade, tout en répétant leurs mises en garde mutuelles.

Les négociations à GenÚve, en Suisse, ont été conduites par les vice-ministres des Affaires étrangÚres des deux pays, Wendy Sherman et Sergueï Riabkov, aprÚs des semaines de guerre des mots, les Occidentaux accusant les Russes de vouloir envahir l'Ukraine et Moscou reprochant à l'Otan de menacer sa sécurité en renforçant sa présence chez ce voisin de la Russie.

Sur fond de ces négociations, deux soldats ukrainiens ont été tués lundi aprÚs avoir sauté sur un engin explosif dans l'est de l'Ukraine. Il s'agissant des premiers militaires tués cette année sur la ligne de front avec les séparatistes prorusses.

AprÚs la rencontre à GenÚve, le négociateur russe a assuré que son pays n'avait aucune intention d'attaquer l'Ukraine et que les dizaines de milliers de troupes déployées aux frontiÚres étaient une réaction à la présence accrue de ses rivaux occidentaux.

"Nous avons expliquĂ© aux collĂšgues que nous n'avons pas de plans, pas l'intention d'attaquer – entre guillemets – l'Ukraine", a dit SergueĂŻ Riabkov.

Wendy Sherman a expliqué elle avoir redit à son homologue que toute invasion de l'Ukraine entraßnerait des "coûts significatifs", "énormes", pour la Russie et que Moscou pouvait engager une "désescalade" en "renvoyant dans leurs casernes les soldats" amassés à la frontiÚre ces derniÚres semaines.

Situation pas désespérée

Concernant la revendication clé de la Russie, à savoir l'obtention de garanties de sécurité en bannissant tout élargissement de l'Otan et en réduisant la présence militaire occidentale dans les environs de la Russie, le négociateur russe s'est montré plus positif que la veille.

"Nous avons l'impression que la partie américaine a pris trÚs au sérieux les propositions russes", a-t-il dit.

Selon lui, "la situation n'est pas désespérée" donc, mais "il ne faut pas sous-estimer les risques liés à une aggravation de l'évolution de la confrontation".

"Il faut qu'un vrai geste en direction de la Russie soit fait", a-t-il martelĂ©, assurant que "jamais au grand jamais" l'Ukraine ne doit rejoindre l'Alliance atlantique. Pour lui, des concessions doivent ĂȘtre faites "rapidement", le processus de nĂ©gociations ne devant pas prendre "des mois et des annĂ©es".

De son cĂŽtĂ©, Mme Sherman a expliquĂ© que la partie amĂ©ricaine avait prĂ©sentĂ© ses idĂ©es "Ă  partir desquelles nos deux pays pourraient prendre des mesures rĂ©ciproques conformes Ă  nos intĂ©rĂȘts de sĂ©curitĂ© et susceptibles d'amĂ©liorer la stabilitĂ© stratĂ©gique". LĂ  aussi un ton plus conciliant.

La diplomate a cependant prévenu Moscou que la "politique de portes ouvertes" de l'Otan se poursuivrait en dépit des demandes russes.

"URSS 2.0"?

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, avait lui pressé dimanche le président Vladimir Poutine d'éviter une nouvelle "agression" contre Kiev et de privilégier "la diplomatie" .

Les discussions de lundi à GenÚve lancent une semaine diplomatique intense. Une réunion Otan-Russie est prévue mercredi à Bruxelles, avant une rencontre jeudi à Vienne de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), plateforme de dialogue Est-Ouest issue de la Guerre froide.

Dans une tranchée boueuse sur le front, un soldat ukrainien ne se faisait guÚre d'illusions quant à la capacité des Occidentaux à faire reculer Moscou.

"Des garanties sur une non-adhĂ©sion Ă  l'Otan n'arrĂȘteront pas" Vladimir Poutine, estimait MikhaĂŻlo, 29 ans. "Il veut en venir Ă  une Union soviĂ©tique 2.0."

Les Occidentaux ont menacé le Kremlin de sanctions "massives" en cas de nouvelle agression contre l'Ukraine, alors que Moscou a déjà annexé en 2014 une partie de son territoire, la Crimée, en réaction à une révolution pro-occidentale à Kiev, et est accusée de soutenir les séparatistes de l'est du pays.

M. Poutine, qui s'est entretenu à deux reprises avec son homologue américain Joe Biden en décembre, a prévenu que de nouvelles sanctions contre son pays seraient une "erreur colossale". Il avait menacé aussi d'une réponse "_militaire et techniqu_e" en cas "de maintien de la ligne trÚs clairement agressive" de ses rivaux occidentaux.

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Le Kremlin affirme que les Occidentaux provoquent la Russie en stationnant des militaires à ses portes et en armant l'armée ukrainienne.

Il rĂ©clame donc deux traitĂ©s pour interdire tout Ă©largissement futur de l'Otan et la fin des manƓuvres militaires occidentales Ă  proximitĂ© des frontiĂšres russes.

Lundi, recevant la vice-PremiÚre ministre ukrainienne Olga Stefanichyna, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a estimé que les pourparlers de cette semaine n'allaient pas résoudre tous les problÚmes, mais que l'espoir était de se mettre "d'accord sur une voie à suivre."

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