This content is not available in your region

En Angola, le port de Lobito offre de nouvelles opportunités commerciales pour l'Afrique australe

Par Chris Burns  & Euronews
euronews_icons_loading
Business Angola
Business Angola   -   Tous droits réservés  euronews

En Angola, de nouvelles opportunités commerciales s'ouvrent grâce aux privatisations du port atlantique de Lobito et du chemin de fer de Benguela. Ces infrastructures ont pour but de révolutionner le paysage de l'Afrique australe, et d'offrir aux pays de la région une alternative pour le transit des marchandises.

Le corridor de Lobito est au cœur de la stratégie impulsée par le ministère des Transports angolais. Englobant le port et le chemin de fer, il s'étend sur plus de 1 300 kilomètres au cœur du continent africain, et constitue la route d'exportation la plus rapide pour le cuivre, le cobalt et autres minerais extraits en Zambie, en République démocratique du Congo, et au-delà.

Lobito, une alternative aux ports de l'océan Indien

Situé dans la province de Benguela, qui ambitionne de devenir l'épicentre commercial de l'Afrique australe, le port de Lobito devrait devenir "une alternative à la côte de l'Océan indien" explique Pedro Neto, directeur de la société de conseil en investissements EagleStone.

Si Lobito est "une opportunité sérieuse de créer un réseau sur la côte atlantique pour importer et exporter des biens et produits de la Zambie-RDC", le port ne doit pas se limiter à cela selon Pedro Neto.

"Comme ils pourraient exporter du cuivre et du manganèse de la République démocratique du Congo et de la Zambie, on pourrait également utiliser Lobito pour acheminer les marchandises vers l'intérieur du pays. Sur ce corridor ferroviaire à Lobito, il y a un secteur agricole très important, et cela pourrait être un énorme point en faveur du développement du port" analyse-t-il.

Attractivité pour les investissements étrangers

Avec la rénovation du chemin de fer, le port de Lobito est maintenant prêt pour une renaissance : l'Angola le privatise avec une concession de 20 ans, pour attirer de nouveaux investissements et relancer l'économie, avec le soutien du groupe de la Banque mondiale.

"Avec la participation des étrangers, nous pouvons améliorer nos infrastructures et notre efficacité" juge João Fernandes, Coordinateur de la commission d'évaluation du port de Lobito.

Les investissements étrangers sont déjà présents dans le plus grand port d'Angola, Luanda. DP World, la société de gestion portuaire de Dubaï, a remporté l'appel d'offres pour ce port en début d'année.

La dynamisation du port de la capitale a déjà été enclenché, pour "améliorer l'efficacité du terminal" souligne Francisco Pinzon, directeur général de DP World Luanda.

"Nous avons reçu trente camions internes. Nous allons recevoir dans les prochains jours des reconditionneurs et des réassortisseurs, ainsi qu'une grue mobile supplémentaire" annonce-t-il.

Le port de Lobito dispose "d'une grande infrastructure" et a le "potentiel pour devenir la porte d'entrée de la partie sud du Congo et aussi de la Zambie" analyse-t-il.

Il y a plus d'un siècle, ce sont ces opportunités commerciales qui ont motivé les constructeurs du chemin de fer de Benguela. Le renouveau du corridor vise à le faire entrer dans le 21ème siècle, grâce aux investisseurs privés.

"Le ferroviaire est le moyen de transport le moins cher, il transporte de grandes quantités et est moins nocif pour l'environnement" souligne Jesus Nelson Pereira Martins, président du Comité d'évaluation des appels d'offres publics.

Diversification de l'économie

"Un terminal spécial dédié aux minerais" a été mis en place "après la restauration de l'infrastructure ferroviaire" ajoute-t-il. Le port de Lobito est d'ores et déjà prêt à charger recevoir de grandes quantités de minerais.

La diversification des biens échangés est également un élément à prendre en compte, sachant que la ligne ferroviaire longe des territoires abritant six millions de personnes.

"Le chemin de fer traverse ce qui représente aujourd'hui 32%, 34% de la production agricole de l'Angola" souligne Pedro Neto. Le corridor peut ainsi développer les industries, l'emploi, et participer à une augmentation de la consommation ainsi que du nombre de voyageurs sur les lignes ferroviaires.