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France : à Matignon, Elisabeth Borne promet d'agir "plus vite et plus fort" pour le climat

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Par euronews  avec AFP
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Elisabeth Borne lors de la cérémonie de passation de pouvoirs, à Paris, le 16 mai 2022
Elisabeth Borne lors de la cérémonie de passation de pouvoirs, à Paris, le 16 mai 2022   -   Tous droits réservés  Christophe Ena/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

"Agir plus vite et plus fort" pour le climat : Elisabeth Borne, nommée lundi Première ministre, a fixé sa priorité lors d'une cérémonie de passation de pouvoirs à Matignon en fin de journée, après avoir rendu un hommage appuyé à son prédécesseur, Jean Castex, qui a quitté ses fonctions sans dissimuler son émotion.

Une nomination qui ne rassure pas Greenpeace France

Face "au défi climatique et écologique sur lequel il faut agir plus vite et plus fort, je suis convaincue que nous pourrons le faire en associant encore davantage les forces vives de notre territoire, parce que c'est bien au plus près des Français qu'on trouvera les bonnes réponses", a lancé la nouvelle Première ministre.

La nomination de celle qui était jusqu'alors ministre du Travail et qui a notamment occupé les postes de ministre des Transports puis de la Transition écologique lors du premier quinquennat d'Emmanuel Macron n'a pas manqué de faire réagir l'ONG de protection de l'environnement Greenpeace France.  

"Elisabeth Borne n’a pas brillé par des positions fortes et ambitieuses sur l’écologie. Sa nomination n’augure donc guère d’espoir de voir la France opérer sa transition écologique comme l’urgence climatique l’y oblige pourtant”, a tenu à réagir Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace Francedans un communiqué de presse.

La deuxième Première ministre de la Ve République

Elisabeth Borne a également rendu hommage à sa seule prédécesseure à ce poste, Edith Cresson, et a dédié sa nomination "à toutes les petites filles", qu'elle a invitées à "aller au bout de (leurs) rêves".

Quelques minutes plus tôt, Mme Cresson, première et jusqu'alors seule femme à occuper Matignon en 1991, s'était réjouie d'un "très bon choix" de Première ministre, "parce que c'est une personne remarquable, pas parce que c'est une femme".

Lors de sa première prise de parole en tant que cheffe de gouvernement, Mme Borne, venue de la gauche, a par ailleurs a pris le temps de rendre un hommage appuyé à son prédécesseur, jadis membre du parti Les Républicains (LR) : "Tu as su conquérir le cœur des Français en sillonnant sans relâche notre pays en allant à leur rencontre", lui a-t-elle lancé, observant partager "beaucoup de choses en commun", "même si nous venons de familles politiques différentes".

"Sa nomination n’augure guère d’espoir de voir la France opérer sa transition écologique comme l’urgence climatique l’y oblige pourtant”
Jean-François Julliard
Directeur général de Greenpeace France

Après avoir échangé dans son désormais ex-bureau avec sa successeure, Jean Castex a pris la parole en premier sur le perron de l'hôtel Matignon dont il était locataire depuis près de deux ans, ému comme rarement. 

"Je ferai en ce qui me concerne un pas de côté, en sortant de la vie politique nationale dans laquelle je ne suis finalement entré qu'un peu par effraction en juillet 2020", a-t-il indiqué sous les applaudissements nourris des personnels de Matignon réunis dans la cour.

"J'ai essayé (…) de mener le bateau dans des circonstances tout à fait exceptionnelles (de crise sanitaire) avec un seul objectif: protéger, apaiser, expliquer, rassembler, fédérer", a-t-il fait valoir.

Jean Castex avait présenté lundi vers 16h00 sa démission à Emmanuel Macron, qui l'avait acceptée dans la foulée. Les deux hommes ont échangé pendant environ une heure avant un tweet du chef de l'Etat le remerciant pour avoir "agi avec passion et engagement au service de la France", en appelant à être "fier du travail accompli et des résultats obtenus ensemble".

Dans un autre message publié sur Twitter, le chef de l'Etat a énuméré les priorités qu'il attendait de la nouvelle cheffe du gouvernement : "écologie, santé, éducation, plein-emploi, renaissance démocratique, Europe et sécurité".

Emmanuel Macron avait assuré il y a une semaine à Berlin qu'il savait déjà le nom de son prochain Premier ministre, doté selon lui d'un profil "social", "écologique" et "productif".

Depuis, les rumeurs allaient bon train. Seule certitude, croyait savoir son entourage : ce sera une femme.