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Accord polémique R-U/Rwanda : nouveau feu vert pour le décollage du premier vol de migrants

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Par Camille Pauvarel  & Euronews
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Des manifestants se tiennent devant la Haute Cour où se déroule le jugement sur les vols d'expulsion du Rwanda, à Londres, lundi 13 juin 2022.
Des manifestants se tiennent devant la Haute Cour où se déroule le jugement sur les vols d'expulsion du Rwanda, à Londres, lundi 13 juin 2022.   -   Tous droits réservés  Alastair Grant/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Le très contesté vol d'expulsion de migrants du Royaume Uni vers le Rwanda devrait décoller ce mardi soir. Les multiples tentatives des associations de défense des droits humains engagées auprès de la justice britannique pour empêcher son départ ont échoué.

Vendredi 10 juin, un juge de la Haute Cour de Londres a balayé le recours de ces groupes pour motif qu'il était "dans l’intérêt public, que la ministre de l’intérieur puisse mettre en œuvre des décisions de contrôle de l’immigration". Une procédure en appel a ensuite été rejetée ce lundi 13 juin.

Si le vol est maintenu, il devrait être quasi vide, car suite au travail des associations, sur la trentaine de demandeurs d'asile prévus, seule une poignée, environ huit ont encore leur billet pour le Rwanda.

Ce départ, signerait la mise en place concrète de l'accord polémique conclu entre Londres et Kigali en avril dernier. Ce projet d'expulsion pour objectif de dissuader les traversées de la Manche, périlleuses et en hausse. Qualifié d'inhumain par les associations, il s'est aussi attiré les foudres de la couronne britannique, le prince Charles le qualifiant de "lamentable", selon plusieurs sources locales Ainsi que du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés qui s'inquiète du risque de « préjudice grave et irréparable » causé aux réfugiés renvoyés au Rwanda

"Tout cela ne va pas, cela ne va pas du tout. Vous savez, c'est le principe fondamentale du droit d'asile que toutes les personnes qui se trouvent sur le territoire d'un pays, en particulier un pays qui est signataire de la convention et qui a les institutions pour s'en occuper soient pris en charge. Exporter cette responsabilité à un autre pays va à l'encontre de toute notion de responsabilité, de partage. "
Filippo Grandi
Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés

Si le Haut Commissariat estime que le petit d'Afrique centrale a une "longue histoire d'accueil et de traitement de dizaines de milliers de réfugiés congolais et burundais", évoquant les 150 000 personnes issues de ces pays au Rwanda, il insiste sur le manque d'infrastructures "pour effectuer les évaluations du statut de réfugié".

Au Rwanda, le gouvernement et certains locaux ne cessent de défendre ce projet et soulignent leur volonté d'intégrer rapidement ces migrants dans la société. Un hôtel, le Hope Hostel dans la capitale est d'ailleurs déjà prêt pour accueillir les premiers arrivants.