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Une Américaine transférée en Espagne après s'être vu refuser un avortement à Malte

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Par euronews  avec AFP
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Jay Weeldreyer et Andrea Prudente.
Jay Weeldreyer et Andrea Prudente.   -   Tous droits réservés  Jay Weeldreyer/AP

Une Américaine enceinte, qui craignait pour sa vie après s'être vu refuser un avortement à Malte alors que son bébé était condamné, a été transférée en Espagne où elle est "hors de danger", a annoncé vendredi son compagnon.

Andrea Prudente, 38 ans, était en vacances sur l'île méditerranéenne lorsqu'elle a perdu les eaux après un fort saignement durant sa 16e semaine de grossesse. Le bébé n'avait aucune chance de survivre, mais les médecins ont refusé d'intervenir à cause de l'interdiction totale de l'avortement à Malte.

"L'évacuation médicale nous a permis de nous rendre en toute sécurité en Espagne où Andrea est hors de danger et reçoit enfin les soins médicaux et le traitement qui lui ont été refusés à Malte", a déclaré son conjoint, Jay Weeldreyer, à l'AFP.

"Maintenant qu'elle est enfin hors de danger, il y a des cascades d'émotions mélangées qui arrivent par vagues", a-t-il confié, faisant part de leur "chagrin".

Dans un entretien téléphonique mercredi à l'AFP, il avait condamné le traitement "insensible" et "cruel" de sa conjointe après son hospitalisation. Les examens avaient montré que le placenta s'était partiellement détaché de l'utérus et que le bébé ne pouvait pas survivre, faute de liquide amniotique.

Les médecins ont joué à pile ou face avec la vie de la mère
Jay Weeldreyer
Conjoint d'Andrea Prudente

Mais les médecins avaient refusé d'intervenir, attendant qu'elle fasse une fausse couche naturelle, que les battements de cœur du bébé s'arrêtent ou "qu'elle ait une infection potentiellement mortelle" qui les inciterait à agir, selon M. Weeldreyer. Pour lui, les médecins ont "joué à pile ou face avec la vie de la mère".

Mme Prudente est "faible et épuisée, soulagée et en deuil", a indiqué l'avocate du couple, Lara Dimitrijevic, dans un message publié sur les réseaux sociaux.

L'affaire a eu un fort écho dans la presse internationale et remis en lumière la loi draconienne à Malte, seul pays de l'Union européenne à interdire totalement l'avortement. Les femmes qui se font avorter risquent jusqu'à trois ans de prison, contre quatre ans pour les médecins qui les aident.

L'ONG Doctors for Choice s'est félicitée de la prise en charge de Mme Prudente, affirmant qu'elle avait reçu des pilules abortives, mais a déploré le fait que de nombreuses femmes maltaises n'aient pas cette possibilité.

"Donnons-nous vraiment la priorité à la vie des femmes, ou les traitons-nous simplement comme des incubateurs ? Nous pouvons faire beaucoup mieux que cela en tant que pays", a-t-elle estimé.