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Guerre en Ukraine : les habitants de Sloviansk contraints de fuir devant l'avancée des forces russes

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Par euronews  avec AFP, AP
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Une mère et sa fille attendent un bus pour fuir la ville de Sloviansk, dans la région de Donetsk, 16 avril 2022.
Une mère et sa fille attendent un bus pour fuir la ville de Sloviansk, dans la région de Donetsk, 16 avril 2022.   -   Tous droits réservés  AP

En Ukraine, les forces russes continuent de progresser mercredi dans le Donbass, où les habitants de Sloviansk, prochaine cible de Moscou, sont appelés à évacuer face aux intenses bombardements.

"Mon principal conseil: évacuez!", a lancé mardi soir le gouverneur de la région de Donestk Pavlo Kyrylenko à l'adresse des habitants de la ville de Sloviansk, ajoutant que "pendant la semaine, il n'y a pas eu un jour sans bombardement".

"Il y a environ 350 000 citoyens qui sont restés ici (dans la région), contre 1,6 million qui vivaient ici avant. Je serai plus sévère cette fois, en collaboration avec les administrations locales, malgré ce que les gens peuvent dire, je me soucie de leurs maisons et de leurs vies mais ils doivent partir", a dit le gouverneur ukrainien. 

"C'est du terrorisme pur et simple"

Il avait annoncé quelques heures plus tôt deux morts et sept blessés dans des frappes qui ont notamment visé le marché de la ville.

"Une fois encore, les Russes visent intentionnellement des endroits où se rassemblent les civils. C'est du terrorisme pur et simple", a dénoncé M. Kyrylenko.

Avec la chute dimanche de Lyssytchansk, les forces russes contrôlent la quasi totalité de la région de Lougansk et cherchent désormais à faire de même dans celle de Donetsk pour occuper ainsi l'entièreté du Donbass, que les séparatistes pro-russes contrôlaient partiellement depuis 2014.

Accusations de torture des deux côtés

Sloviansk, qui comptaient 100 000 habitants avant la guerre, et Kramatorsk deviennent alors les nouveaux points clé des combats.

Mardi, les troupes russes se trouvaient à une dizaine de kilomètres de Siversk, qu'elles pilonnent depuis plusieurs jours, et donc à une cinquantaine de kilomètres de Sloviansk.

Moscou a par ailleurs annoncé mardi avoir lancé une enquête sur des tortures que disent avoir subies ses soldats capturés par les forces ukrainiennes et libérés lors d'un échange de prisonniers avec Kyiv.

L'Ukraine et la Russie, qui ont procédé à plusieurs échanges de prisonniers, s'accusent mutuellement de mauvais traitements et de tortures sur des prisonniers.

Le ministère russe de la Défense a aussi accusé mardi soir des "nationalistes ukrainiens" dans la région de Donetsk de préparer "une provocation avec l'utilisation de substances toxiques": de grandes quantités de chlore amenées dans une station de filtration minée, selon le ministère.

Il a ajouté que l'armée ukrainienne utilisait des infrastructures chimiques pour y baser ses hommes et ses armes, créant "les conditions préalables à des accidents pouvant entraîner la mort de milliers de civils".

L'ONU : "la torture et les détentions arbitraires doivent cesser"

Sur le plan humanitaire, la Haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Michelle Bachelet a dénoncé mardi le bilan civil "intolérable" du conflit (près de 5.000 civils tués confirmés, dont 335 enfants, une estimation sans doute bien en-dessous du bilan réel) et les nombreuses violations des droits humains visant la population.

"Au nom de chaque victime de cette guerre absurde, les exécutions, la torture et les détentions arbitraires doivent cesser", a-t-elle lancé devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève.

La Conférence internationale de Lugano s'est achevée

C'est dans ce contexte que s'est achevée mardi soir une conférence internationale de deux jours à Lugano (Suisse) organisée pour tenter de dessiner les contours de la reconstruction de l'Ukraine, dont Kyiv évalue le coût à 750 milliards de dollars.

Dans une déclaration adoptée mardi soir, les pays alliés, des institutions internationales et le secteur privé "s'engagent pleinement à soutenir l'Ukraine tout au long de son parcours", appelant à un "processus de rétablissement transparent et responsable".

L'utilisation de ces milliards de dollars inquiète dans un pays perclus de corruption.

12 millions de déplacés

Selon les Nations unies, au moins 12 millions de personnes ont fui leur foyer depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Plus de cinq millions sont partis dans les pays voisins, tandis que sept millions de personnes sont toujours déplacées à l'intérieur même de l'Ukraine.

Ces dernières semaines des milliers d'entre elles sont retournées en Ukraine, notamment à Kyiv, la capitale, relativement épargnée jusqu'ici pas les combats.