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Crise du gaz: l'Europe recherche de nouveaux partenaires

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Par Euronews
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Abdel Fattah al-Sissi à Berlin, le 18 Juillet 2022
Abdel Fattah al-Sissi à Berlin, le 18 Juillet 2022   -   Tous droits réservés  frame

L'Europe est en état d'alerte. Lundi 11 juillet, le géant russe Gazprom entame dans la matinée des travaux de maintenance des deux gazoducs Nord Stream 1, qui acheminent une grande quantité de son gaz livré à l'Allemagne ainsi qu'à plusieurs autres pays d'Europe. L'arrêt des deux tuyaux, annoncé de longue date, doit durer dix jours. Mais depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, et le soutien des Européens au gouvernement ukrainien, la crainte d'une coupure définitive de l'approvisionnement est prise très au sérieux.

Un moyen de pression pour Moscou

Moscou joue sur cet enjeu pour faire pression sur ses voisins. Arguant d'un problème technique, les autorités russes ont déjà réduit ces dernières semaines de 60 % les livraisons de gaz via Nord Stream, une décision dénoncée par Berlin. La classe dirigeante allemande la juge "politique".  En Italie, Gazprom a encore réduit d'un tiers supplémentaire ses livraisons de gaz à Eni, en fournissant lundi une quantité d'environ 21 millions de mètres cube, a annoncé le groupe italien des hydrocarbures dans un communiqué. La moyenne des derniers jours a été d'environ 32 millions de mètres cube.

D'autres pays, comme la Pologne ou la Bulgarie, n'ont plus accès au gaz russe depuis plusieurs mois.

A la recherche de nouveaux partenariats

Dans ce contexte, les chefs d’Etat européens sont engagé dans une course contre la montre pour s’affranchir du gaz russe, et multiplient les visites au Moyen-Orient et dans le Caucase pour de nouveaux partenariats.

Lundi 18 juillet, la présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen a signé un accord avec l'Azerbaïdjan pour doubler les importations de gaz de l'UE depuis cette ancienne république soviétique du Caucase via le gazoduc South Gas Corridor, passant par la Turquie et le Sud de l’Europe.

Tweet Ursula von der Leyen du 18 juillet 2022

A Berlin, le chancelier allemand Olaf Scholz recevait le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, pour conclure un nouveau contrat. "En ce qui concerne l’approvisionnement en gaz et, éventuellement, en hydrogène, ceux-ci s’inscrivent bien dans la très longue relation industrielle que l’Allemagne et l’Egypte entretiennent l’une avec l’autre." a déclaré Olaf Scholz.

De son côté, le Premier Ministre italien Mario Draghi était en Algérie pour demander à Alger davantage de livraisons de gaz à la péninsule italienne. Près de 13.9 milliards de mètres cubes ont déjà transité entre les deux pays depuis le début de l’année – l’Italie aurait 6 milliards de mètres cubes supplémentaires d’ici fin 2022.

Un appel à consommer moins dès maintenant

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) tire la sonnette d'alarme sur l'approvisionnement énergétique de l'Europe. Si le Vieux Continent veut passer l'hiver sans gaz russe, la stratégie de diversification des pays fournisseurs ne suffira pas, a alerté lundi le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui parle d'une "alerte rouge" pour l'Union européenne. L'Europe devra aussi réduire sa consommation de gaz selon l'organisation.  

"Il ne faut pas juste compter sur les ressources gazières non-russes : celles-ci ne vont tout simplement pas suffire en volume pour remplacer les livraisons de Russie", explique Fatih Birol, le directeur de l'AIE, dans un article de son organisation. "Et ce même si l'offre de Norvège et d'Azerbaïdjan afflue à capacités maximum, même si les livraisons d'Afrique du Nord approchent leur niveau de l'an dernier, et même si la croissance des flux de GNL garde son rythme du premier semestre".