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Procès de l'attentat de Nice : six ans après, un traumatisme toujours profond

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Par Julien Pavy  avec AFP
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Des peluches pour les enfants victimes de l'attentat de Nice (20 juillet 2016)
Des peluches pour les enfants victimes de l'attentat de Nice (20 juillet 2016)   -   Tous droits réservés  Claude Paris/Copyright 2016 The Associated Press. All rights reserved. This material may not be published, broadcast, rewritten or redistribu

Un cœur surplombe le mémorial des victimes de l'attentat de Nice au cours duquel 86 personnes ont trouvé la mort, dont une dizaine d'enfants.

86 morts et des traumatismes profonds

L'ouverture du procès ce lundi ravive le souvenir de ces visages, de ces destins brisés, de ces familles anéanties par la perte d'un être cher.

Bruno Razafitrimo a perdu son épouse lors de l'attaque. Depuis, il élève seul ses deux enfants. S'il ne sait pas encore s'il va assister aux audiences, il tient à en parler à ses garçons.

"Oui, ils s'intéressent et ils n'oublient pas, ils ont juste mis les choses de côté mais il suffit de leur parler du 14 Juillet et ils revivent le moment. Donc oui, ils ont encore tout bien en mémoire, bien qu'on les occupe bien comme il faut, enfin comme je peux aussi."

Un procès pour essayer de panser les plaies

Hager Ben Aouissi a fondé l'association "Une voie des enfants". Le soir des attentats, elle et sa fille sont passées entre les roues du camion conduit par le terroriste. Si elles en sont sorties vivantes, sa fille conserve un traumatisme profond. Hager espère que le procès contribuera à panser les plaies :

"Le peu que peut nous apporter ce procès, il faut qu'on le prenne. Parce qu'il est une étape dans ce chemin de la reconstruction, qui est très compliqué parce que on est dans des vies hyper abimées. Mais il est une étape dans ce chemin de la reconstruction. Et puis le procès terroriste, dans ce procès, la cour donne la possibilité aux victimes de témoigner et ça c'est très important. Puisque le fait que notre parole puisse se libérer au moment du procès, je pense que c'est quelque chose qu'on ne doit pas négliger."

Le peu que peut nous apporter ce procès, il faut qu'on le prenne. Parce qu'il est une étape dans ce chemin de la reconstruction.
Hager Ben Aouissi
Victime des attentats.

Réconcilier les communautés

Le procès des attentats doit aussi permettre à la ville de Nice de surmonter ses divisions et de réconcilier les communautés. L'attentat, commis par un djihadiste tunisien, avait exacerbé les tensions, comme le rappelle l'historien Yvan Gastaut :

"Dans les jours qui ont suivi, il y a eu des tensions multiples, tensions entre les communautés, tensions entre les enjeux que ça pouvait représenter. Je pense notamment à une communauté qui a été à la fois cible et victime : les musulmans. Les musulmans à Nice, qui sont beaucoup présents dans la ville, pas forcément au centre de la ville, mais en périphérie. Il y a eu beaucoup de victimes musulmanes lors de cet épisode dramatique, et en même temps, on a beaucoup stigmatisé les musulmans avec le meurtrier. Et ce sujet est un sujet central dans la ville dont les conséquences ne sont pas encore résolues."

Il y a eu beaucoup de victimes musulmanes lors de cet épisode dramatique, et en même temps, on a beaucoup stigmatisé les musulmans avec le meurtrier.
Yvan Gastaut
Historien

Six ans après les attentats, le passé ressurgit sur la Promenade des Anglais avec l'ouverture d'un procès, qui risque d'apporter peu de réponses aux familles des victimes. Mais il aidera la ville et ses habitants à aller de l'avant.