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La cour d'assise visionne les images "terrifiantes" de l'attentat de Nice du 14 juillet 2016

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Par Euronews  avec AFP
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Le camion bélier de l'attentat de Nice du 14 juillet 2016
Le camion bélier de l'attentat de Nice du 14 juillet 2016   -   Tous droits réservés  Luca Bruno/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Un camion qui fonce sur la foule réunie sur la promenade des Anglais à Nice le soir du 14 juillet 2016, des corps écrasés sous les roues... La cour d'assises spéciale de Paris a découvert avec effroi jeudi la vidéo de l'attentat qui a tué 86 personnes.

Les images sont "terrifiantes", avait prévenu avant leur diffusion le président Laurent Raviot.

Dans la pénombre de la salle d'audience - le président a fait baisser l'intensité des lumières - chacun retient son souffle. Mais le silence est vite rompu. Sur les écrans on voit le camion conduit par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel foncer volontairement à vive allure sur un groupe de badauds.

Dans la salle, une femme de 79 ans, Véronique Marchand, dont le mari est mort dans l'attentat, pousse un cri et se dirige vers la sortie. On l'entend hurler sa douleur dès les portes franchies.

Sur les écrans, on continue de suivre la course meurtrière du camion. Une femme voilée, partie civile, éclate à son tour en sanglots et quitte précipitamment la salle, tandis que les images montrent le camion faisant des embardées de droite à gauche pour frapper le plus de gens possible.

Des corps sont happés sous le véhicule. La violence des chocs fait tomber sa calandre. Des témoins ont raconté que ce soir-là, il y avait beaucoup de bruit sur la Promenade où jouaient des orchestres.

Puis on voit le camion s'approcher de badauds, dont des enfants, qui n'entendent pas la menace qui fonce sur eux.

"J'aurais pas dû"

La courte vidéo d'un particulier, également diffusée à l'audience, montre un orchestre de jazz en train de jouer. Le public applaudit le dernier morceau quand soudain des cris résonnent. Le camion les a percutés de dos. Des musiciens se prennent la tête à deux mains...

Quand la lumière revient dans la salle d'audience, le silence est lourd. Beaucoup de personnes ont les yeux rougis.

Jean-Claude Hubler, partie civile, président de Life for Nice, est encore secoué. Il a revu sur la vidéo l'endroit où il se trouvait. "Je pense qu'après réflexion, j'aurais pas dû (assister au visionnage), c'est difficile", dit-il.

"C'est dur mais c'est la réalité", dit un autre homme.

Comme devant la cour d'assises spéciale de Paris, le public est plus nombreux que d'ordinaire dans la salle du palais des congrès de Nice qui retransmet les débats.

"C'était difficile, il y a eu des cris d'horreur dans la salle, des pleurs", a raconté en sortant Sophie Desvergnes, 44 ans, une musicienne qui jouait sur une estrade le soir de l'attaque.

"C'était important de voir ces vidéos, la seule occasion que je puisse avoir d'essayer de comprendre. Maintenant, je vais aller témoigner à Paris le 6 octobre, c'est un devoir au nom de tous ceux qui ne sont plus là", dit-elle.

"Préparée comme un soldat"

Celia Vial, 56 ans, qui a perdu sa mère dans l'attentat, confirme en sortant que le visionnage a été "très éprouvant".

"Je m'étais préparée comme un soldat qui monte au front", confie-t-elle. "Ce qui m'a le plus bouleversée, ce sont les cris, les pleurs dans la salle (...) même si c'était dur, les gens voulaient rester, entourés par leur famille et des psychologues. Mon père était présent, pour essayer de comprendre pourquoi lui a été sauvé et ma mère est passée sous les roues".

A Paris, des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises pendant le visionnage. "Au moment de la diffusion de la vidéo, tous les téléphones doivent être rangés, et les ordinateurs portables fermés, y compris ceux des journalistes", a averti le président Laurent Raviot.

Sept psychologues, des pompiers volontaires et des gendarmes étaient là pour porter assistance aux personnes trop éprouvées. Une demi-douzaine de personnes ont quitté la salle d'audience durant le visionnage.

Du côté des sept accusés présents, certains regardent les écrans et d'autres pas. Chokri Chafroud et Mohamed Ghraieb, deux des trois poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste, ne lèvent pas la tête. Aucun des mis en cause n'est poursuivi pour complicité avec le tueur.

Personne ne pourra plus revoir les images diffusées jeudi. Elles ont été replacées sous scellés aussitôt diffusées.