Entre inquiétudes et espoir, les Brésiliens qui vivent au Portugal suivent l'élection présidentielle

Access to the comments Discussion
Par Pedro Sacadura
En 2021, le district de Braga a déjà accueilli environ 13 000 Brésiliens, selon le Service des étrangers et des frontières (SEF).
En 2021, le district de Braga a déjà accueilli environ 13 000 Brésiliens, selon le Service des étrangers et des frontières (SEF).   -   Tous droits réservés  Matias Delacroix/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Ces femmes dansent sur de la musique de leur pays natal, tout en gardant un œil avisé sur la présidentielle brésilienne de ce dimanche.

Elles se sont installées à Braga au Portugal, à la recherche d'une meilleure vie. Mais elles se demandent si les problèmes qui les ont poussées à partir pourront être enfin résolus.

_"Nous constatons que la plupart des familles qui arrivent ici depuis quelques années recherchent surtout une meilleure qualité de vie, une bonne éducation, l'accès aux soins et il y a aussi la facilité de la langue",_explique Alexandra Gomide, présidente d'une association d'intégration et de soutien.

Braga : le nouvel eldorado

La municipalité de Braga est devenue un nouvel "eldorado" pour les Brésiliens. La région compte désormais près de 13 000 résidents brésiliens. La ville est même surnommée "Braguil".

Parmi eux, nous retrouvons Maria Maia qui est arrivée au Portugal il y a six ans et a ouvert une entreprise dans la restauration. Maria suit également de très près l'élection présidentielle au Brésil.

"Aujourd'hui, les Brésiliens sont confrontés à des difficultés financières et au problème du chômage. Mon souhait est que, quel que soit le vainqueur, qu'il travaille pour les Brésiliens pour qu'ils n'aient plus envie de quitter le pays afin de trouver mieux ailleurs", explique la jeune femme.

Le nombre de Brésiliens qui ont quitté le pays, notamment pour se rendre au Portugal, a atteint un pic sous le gouvernement de Jair Bolsonaro. Mais pour la sociologue Rita Ribeiro, l'arrivée du candidat socialiste Lula da Silva ne mettra pas forcément un terme à l'exode des Brésiliens.

"D'un côté sous l'administration Bolsonaro, l'exode concerne surtout les personnes qui s'opposent à sa vision, mais d'un côté, nous imaginons aussi qu'un changement de pouvoir au Brésil conduira d'autres personnes à partir", dit-elle.

"Nous voulons être fiers de notre pays"

Le président sortant Jair Bolsonaro ou l'ancien dirigeant brésilien Lula da Silva, l'un des deux, sera élu président du Brésil. 

De retour chez elle, Maria espère que cette élection pourrait constituer un tournant pour son pays : "J'espère que nous verrons un meilleur Brésil. Un Etat qui offre de meilleures perspectives aux Brésiliens, pour qu'ils soient fiers de leur pays, fiers d'être Brésiliens."