Le Honduras a rompu ses relations diplomatique avec Taïwan

Les ministres des Affaires étrangères chinois et hondurien à Pékin, dimanche 26 mars
Les ministres des Affaires étrangères chinois et hondurien à Pékin, dimanche 26 mars Tous droits réservés Greg Baker/AP
Par euronews avec agences
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Taïwan vient de perdre un de ses rares soutiens officiels sur la scène internationale. Le Honduras s'est rapproché de Pékin. Un camouflet pour la présidente taïwanaise.

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Il ne reste plus que treize pays dans le monde à reconnaître l'île de Taïwan.

Le quatorzième, le Honduras, vient de rompre officiellement ses relations diplomatiques avec les autorités taïwanaises en célébrant l'événement ce dimanche à Pékin.

Les autorités de Tegucigalpa, la capitale hondurienne, ont annoncé quelques heures auparavant la rupture de leurs liens avec Taipei juste avant la photo officielle sous les ors de la république chinoise.

"Les deux gouvernements ont décidé de se reconnaître mutuellement et d'établir des relations diplomatiques", a annoncé le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Laissez-nous adresser ce message aux autorités taïwanaises: promouvoir l'indépendantisme et le séparatisme à Taïwan, aller à l'encontre de la volonté et des intérêts de la nation chinoise (...) est une impasse", a souligné le chef de la diplomatie chinoise, Qin Gang.

Au nom du "principe d'une seule Chine", Pékin ne permet pas aux pays étrangers d'avoir des relations diplomatiques simultanément avec elle et avec Taipei.

Dans un communiqué de son ministère publié samedi soir, Enrique Reina avait indiqué avoir notifié Taïwan de "la décision de rompre les relations diplomatiques".

En réponse, le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Joseph Wu, a accusé dimanche le Honduras de "se faire des illusions" au sujet des promesses chinoises d'aide économique.

Lors d'une conférence de presse à Taipei, il a également accusé Tegucigalpa de surenchère ces dernières semaines afin d'obtenir des financements.

Enrique Reina avait invoqué le 15 mars "les besoins énormes" du Honduras en matière économique et le refus de Taïwan d'augmenter son aide pour justifier la volonté d'instaurer des relations avec Pékin.

La rupture des relations diplomatiques entre notre pays et le Honduras s'inscrit dans une série de coercitions et d'intimidations de la part de la Chine
Tsai Ing-wen
Présidente taïwanaise (communiqué)

"La rupture des relations diplomatiques entre notre pays et le Honduras s'inscrit dans une série de coercitions et d'intimidations de la part de la Chine", a réagi le bureau de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen.

Dans un message sur Facebook, elle a jugé "regrettable" la rupture des liens avec le Honduras.

"Nous n'allons pas nous lancer avec la Chine dans une bataille vide de sens qui consisterait à mener une diplomatie du carnet de chèques" pour conserver des alliés, a-t-elle souligné.

"Il est important de noter que la (Chine) fait souvent, en échange d'une reconnaissance diplomatique, des promesses qui restent finalement sans suite", a réagi l'Institut américain à Taïwan - l'ambassade de facto des Etats-Unis sur l'île.

Les autorités chinoises cherchent à isoler diplomatiquement Taïwan depuis l'arrivée au pouvoir de Tsai Ing-wen en 2016.

Elle est issue d'un parti traditionnellement favorable à l'indépendance. Une ligne rouge absolue pour Pékin, qui menace d'intervenir militairement pour empêcher un tel scénario et a accentué sa pression économique et militaire sur l'île.

Ces dernières années, Pékin avait déjà enlevé à Taipei plusieurs alliés latino-américains.

Les derniers soutiens de Taïwan

Parmi les Etats qui ont encore des relations diplomatiques avec Taïwan figurent le Vatican, l'Eswatini (ex-Swaziland), le Paraguay, des nations insulaires du Pacifique ou encore Haïti.

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Ce nouveau revers diplomatique intervient alors que Tsai Ing-wen doit partir mercredi pour un voyage chez deux de ses derniers alliés, le Belize et le Guatemala.

Elle devrait faire escale aux Etats-Unis, une initiative condamnée par Pékin.

Le président de la Chambre des représentants des Etats-Unis, Kevin McCarthy, a affirmé qu'il rencontrerait Tsai Ing-wen en Californie, le département d'Etat américain affirmant que le voyage prévu était un "transit" plutôt qu'une "visite".

La Chine estime que l'île de Taïwan, peuplée de 23 millions d'habitants, est l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise.

Achevé en 1949, le conflit a opposé les communistes (qui ont finalement pris le pouvoir en Chine continentale) à l'armée nationaliste (contrainte de se replier sur l'île).

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En sept décennies, l'armée communiste n'a jamais pu conquérir l'île, laquelle est restée sous le contrôle de la "République de Chine" - qui autrefois gouvernait toute la Chine et ne gouverne plus aujourd'hui que Taïwan.

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