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Grève historique dans les transports allemands pour de meilleurs salaires

Des travailleurs en grève à Gelsenkirchen (Allemagne), lundi 27 mars 2023.
Des travailleurs en grève à Gelsenkirchen (Allemagne), lundi 27 mars 2023. Tous droits réservés Martin Meissner/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
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Par Euronews avec AFP
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Un mouvement de grève d'une ampleur rare pour l'Allemagne paralyse lundi le secteur des transports à l'appel des syndicats qui réclament de meilleurs salaires pour compenser l'inflation.

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Un mouvement de grève d'une ampleur rare pour l'Allemagne paralyse lundi le secteur des transports à l'appel des syndicats qui réclament de meilleurs salaires pour compenser l'inflation.

L'envolée des prix a durci les négociations salariales dans la première économie européenne. Les grèves se multiplient depuis le début de l'année, des écoles aux hôpitaux, en passant par la Poste.

Les usagers doivent s'armer de patience lundi dans tout le pays où trains, bus, tramways, avions sont rares. Le fret maritime et fluvial, les sociétés d'autoroutes sont aussi concernés par cet arrêt de travail. Les prix se sont envolés depuis plus d'un an en Allemagne, avec une inflation qui a atteint 8,7% en février.

Contrairement à des pays comme la France, un tel mouvement unitaire entre les syndicats EVG et Ver.di, représentant respectivement 230 000 salariés des sociétés ferroviaires et 2,5 millions d'employés des services, est extrêmement rare.

Grève d'avertissement

Cette grève dite "d'avertissement" coïncide avec le début, lundi, du troisième round de négociations tarifaires entre les employeurs et le syndicat Ver.di qui réclame **10,5% de revalorisation des salaires.**Les employeurs (Etats, communes, entreprises publiques) proposent une augmentation de 5% avec deux versements uniques de 1000 et 1500 euros.

"Il s'agit de la plus grosse participation à une grève depuis des années", s'est félicité Franck Werneke, patron du syndicat Ver.di.

Sur les écrans de la gare de Friedrichstrasse, dans le centre de Berlin, s'affichent retards et annulations.

Beaucoup d'usagers comprennent le mouvement tandis que d'autres s'irritent : "C'est très bien. Il faut être attentif à l'énorme travail accompli par les grévistes", confie Steffi Wisser, une caissière de 46 ans. Angelika Koch, une retraitée de 65 ans souligne qu'elle aussi "gagne peu d'argent, mais "la grève est une spirale sans fin, cela ne sert à rien", tranche-t-elle.

"Modèle" français

La fédération des aéroports allemands (ADV) a dénoncé une stratégie "d'escalade des grèves sur le modèle de la France", où les journées de mobilisation se succèdent contre la réforme des retraites. "L'Allemagne est loin d'être championne d'Europe des jours de grève", a répliqué Martin Burkert, président du syndicat EVG.

Le terreau est de plus en plus favorable au mouvement social en Allemagne, où la recherche du consensus caractérise habituellement les relations entre patronat et syndicats. "Il y a eu plus de grèves ces dix dernières années en Allemagne que dans les décennies précédentes", observe Karl Brenke, expert de l'institut économique DIW interrogé par l'AFP.

Avec un niveau de chômage particulièrement bas depuis la fin des années 2000, le pays souffre d'un manque de main d'œuvre qui met "en position de force" les syndicats dans les négociations, selon M. Brenke. Depuis le milieu des années 2010, ceux-ci ont réussi à imposer des augmentations, après une décennie marquée par la politique de modération salariale de l'ère Gerhard Schröder, au nom de la compétitivité.

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