Israël a accepté de faire des "pauses" quotidiennes de quatre heures dans le nord de Gaza

Des Palestiniens fuient vers le sud de la bande de Gaza le long de la rue Salah al-Din à Bureij, dans la bande de Gaza, le jeudi 9 novembre 2023.
Des Palestiniens fuient vers le sud de la bande de Gaza le long de la rue Salah al-Din à Bureij, dans la bande de Gaza, le jeudi 9 novembre 2023. Tous droits réservés Hatem Moussa/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
Par Euronews
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Israël a accepté de faire des "pauses" quotidiennes de quatre heures dans le nord de Gaza. Le point sur la situation.

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Israël a accepté de faire des "pauses" quotidiennes de quatre heures dans le nord de Gaza. C'est ce qu"a annoncé la Maison Blanche. 

Le président américain Joe Biden a aussi expliqué qu'il n'y avait "aucune possibilité" de cessez-le-feu à Gaza.

Interrogé pour savoir ce qu'il pensait des chances d'un cessez-le-feu, le démocrate, qui jusqu'ici s'est toujours opposé à cette idée, a dit : "Aucune. Aucune possibilité".

Malgré tout, les chefs des services de renseignement israéliens et américains ont discuté avec les responsables qataris à Doha d'une "éventuelle trêve humanitaire" dans la guerre entre Israël et le Hamas palestinien à Gaza, a déclaré jeudi un responsable au fait des pourparlers. 

Le directeur de la CIA, Bill Burns, et le chef du Mossad, David Barnea, "sont tous deux à Doha pour des négociations trilatérales avec les Qataris afin de régler les détails d'une éventuelle trêve humanitaire qui verrait la libération des otages et davantage d'aides entrant à Gaza". 

Fuite vers le Sud de la bande de Gaza

Sur le terrain, des milliers de civils palestiniens démunis ont une nouvelle fois pris le chemin du sud de la bande de Gaza, fuyant à pied le nord du territoire en ruines où les combats au sol, accompagnés de bombardements, font rage entre l'armée israélienne et le Hamas. 

Jeudi, comme la veille, une foule d'hommes et de femmes à pied, portant leurs enfants dans les bras, les mains vides ou emportant de petits baluchons, ont envahi la route menant vers le sud.

Selon Israël, 50 000 personnes fuyant les combats sont passées par "un couloir d'évacuation" sécurisé ouvert pendant plusieurs heures lors de "pauses tactiques" de l'armée, soit autant que la veille.

Le terminal de Rafah, entre Gaza et l'Egypte, a rouvert jeudi pour permettre l'évacuation d'étrangers, binationaux et blessés bloqués dans le sud.

Israël bombarde sans répit le petit territoire depuis le 7 octobre et a juré "d'anéantir" le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.

Des images de l'AFTV montrent des bombardements massifs jeudi soir près de l'hôpital indonésien à Beit Lahia (nord), créant la panique dans l'établissement.

Selon la défense anti-aérienne israélienne, environ 9 500 roquettes ont été lancées vers Israël depuis le 7 octobre, la plupart interceptées. Mais leur nombre a "été réduit de manière importante" depuis le 27 octobre et le début des opérations terrestres de l'armée, qui resserre son étau sur Gaza-ville.

Opérant depuis quelques jours au cœur de la ville, l'armée a affirmé jeudi avoir "éliminé plus de 50 terroristes lors de combats intenses". 

Des "entrées de tunnels, des ateliers de fabrication de missiles anti-chars et des sites de lancement de roquettes anti-aériennes ont été détruits", a-t-elle ajouté. Selon l'armée, la zone abrite le "quartier militaire" du Hamas retranché dans un vaste réseau de tunnels souterrains.

Crise humanitaire

A Khan Younès (sud), des familles ont trouvé refuge dans l'hôpital al-Nasser après plusieurs jours de marche. Oum Alaa al-Hajin explique à l'AFP avoir quitté son village du nord de Gaza dès le 7 octobre. Elle est restée 15 jours à Jabaliya, dont 10 dans une clinique gérée par l'Agence onusienne pour les réfugiés (UNRWA) mais s'est décidée à partir vers le sud à cause des bombardements incessants.

Sa situation demeure difficile. "On n'a pas d'eau, pas de toilettes, pas de boulangerie", dit-elle. "On a une miche de pain tous les trois ou quatre jours, et il faut faire plusieurs heures de queue".

Un chirurgien du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Tom Potokar, a décrit une situation "catastrophique" à l'Hôpital européen de Khan Younès.

"Durant les dernières 24 heures, j'ai vu trois malades avec des asticots dans leurs blessures", a-t-il raconté.

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Selon l'ONU, 1,5 million de personnes sur les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza ont été déplacées par la guerre. Des centaines de milliers de réfugiés en détresse s'entassent dans le sud, où les réserves alimentaires baissent dangereusement, selon l'ONU.

Israël a cependant nié l'existence d'une "crise humanitaire" à Gaza, tout en reconnaissant les "nombreuses difficultés" auxquelles font face les civils alors que l'aide internationale arrive au compte-gouttes depuis l'Egypte via le terminal de Rafah.

L'envoyé américain pour les affaires humanitaires, David Satterfield, a indiqué jeudi qu'environ 100 camions chargés d'aide entraient quotidiennement dans Gaza, un nombre selon lui insuffisant pour ce territoire privé d'eau, d'électricité, de nourriture et de médicaments par le siège total imposé par Israël depuis le 9 octobre.

Dans le nord du territoire, des centaines de milliers de personnes se trouvent toujours "dans une situation humanitaire désastreuse", selon l'ONU.

Les hôpitaux qui n'ont pas encore fermé manquent de médicaments et de carburant pour faire fonctionner les générateurs.

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Ahmad Mhanna, médecin de l'hôpital Al-Awda de Jabaliya, décrit une situation "triste et tragique". Dans la maternité, "les médecins utilisent des lampes frontales", tout comme au bloc opératoire, où les chirurgiens opèrent "sous anesthésie locale".

"Crise de l'humanité"

C'est "plus qu'une crise humanitaire, c'est une crise de l'humanité", a affirmé jeudi l'UNRWA, dont le patron Philippe Lazzarini a participé à une conférence internationale humanitaire organisée à Paris par le président français Emmanuel Macron.

Cette conférence a permis d'atteindre un milliard d'euros d'engagements, destiné à répondre notamment aux besoins de l'ONU pour aider la population des Territoires palestiniens, estimés à 1,2 milliard de dollars jusqu'à fin 2023.

En Cisjordanie occupée, où les violences se multiplient, 18 Palestiniens ont été tués jeudi dans plusieurs localités, dont 14 lors d'un raid israélien dans la ville de Jénine, bastion des groupes armés, selon le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne.

Au moins 170 Palestiniens ont été tués par des tirs de soldats ou de colons israéliens en Cisjordanie depuis le 7 octobre, d'après l'Autorité palestinienne.

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