L'opposition polonaise signe un accord de coalition et se dit "prête à gouverner"

Les chefs de file des partis d'opposition polonais, 9 novembre 2023
Les chefs de file des partis d'opposition polonais, 9 novembre 2023 Tous droits réservés Czarek Sokolowski/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Les partis de l'opposition libérale, du centre et de gauche polonaise ont signé un accord de coalition qui doit servir de "feuille de route" pour l'alliance si elle arrive au pouvoir.

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Les partis de l'opposition libérale polonaise ont signé un accord de coalition qui servira de "feuille de route" à l'alliance si elle arrive au pouvoir.

Bien que le camp conservateur au pouvoir ait remporté le plus grand nombre de sièges lors des élections législatives d'octobre, il n'est pas en mesure de former une majorité.

Les leaders de l'alliance ont donc conjointement appelé le président Andrzej Duda à nommer Donald Tusk Premier Ministre.

"Nous voulons vraiment que les Polonaises et les Polonais qui sont allés voter avec tant d'espoir puissent voir que, désormais, nous sommes prêts à prendre la responsabilité de notre pays et pour les années à venir", a déclaré Donald Tusk, chef de file de l'opposition pro-européenne, vainqueur des élections législatives.

"Ensemble, nous créons quelque chose de plus qu'un ensemble de partis qui se tiennent aujourd'hui côte à côte. Nous créons de l'espoir. Nous créons le terrain pour un changement sûr" a expliqué Szymon Holownia, leader de Poland 2050 et de Troisième Voie.

"Nous assumons l'entière responsabilité du destin de la Pologne, du destin de notre patrie et du destin de chacun d'entre vous" a rajouté Kosiniak-Kamysz, président du Parti populaire polonais.

L'alliance de l'opposition a remporté une majorité de 248 sièges sur les 460 que compte la chambre basse du parlement. Le chef de l'Etat a cependant choisi de confier la formation du gouvernement à ses alliés du parti Droit et Justice (PiS). 

Andrzej Duda a confié cette tâche à l'actuel Premier ministre Mateusz Morawiecki lundi dernier.

"Dépasser les divisions"

Tusk, ancien premier ministre et chef du Conseil de l'Europe, a accusé Duda de "jouer la montre" en choisissant Morawiecki.

Il a également confié lundi que cette décision présidentielle "ne va rien changer", sous-entendant qu'il finirait par devenir le chef du gouvernement.

Wlodzimierz Czarzasty, un autre co-leader de la gauche présent à la signature, a décrit l'accord de coalition comme un "compromis" tout en estimant que le plus important était de "dépasser les divisions".

"Le plus important maintenant c'est...de construire une Pologne tolérante, ouverte, bâtie sur l'état de droit, responsable. Une Pologne avec une place importante au sein de l'Union Européenne," a-t-il déclaré aux journalistes.

Les relations de la Pologne avec les institutions européennes se sont sévèrement détériorées depuis l'arrivée au pouvoir du PiS, en raison de ce qui est perçu à Bruxelles comme un recul des normes démocratiques à Varsovie.

Bruxelles a bloqué l'accès de la Pologne à 35 milliards d'euros de fonds européens en raison d'une impasse sur les réformes judiciaires.

Pendant la campagne électorale, Tusk a promis de reconstruire de bonnes relations avec l'UE et de débloquer les fonds.

Le mois dernier, il a rencontré la présidente de la Commission européenne Ursula Van der Leyen pour évoquer le problème.

L'accord de coalition signé vendredi présentait la position des alliées sur de nombreuses questions brûlantes telles que la séparation de l'Église et de l'État ou l'avortement.

Le texte stipule notamment que l'alliance veut révoquer le verdict de la Cour constitutionnelle de 2020, qui avait durci une loi déjà restrictive sur l'avortement.

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Le nouveau Parlement siègera pour la première fois le 13 novembre.

Sources additionnelles • AFP

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