Guerre Israël-Hamas : nouvelles libérations d'otages et de prisonniers au cinquième jour de trêve

Libération d'otages par le Hamas - 28/11/2023
Libération d'otages par le Hamas - 28/11/2023 Tous droits réservés AFP
Par Euronews
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Un nouveau groupe d'otages retenus à Gaza a été relâché mardi en échange de la libération de 30 Palestiniens emprisonnés par Israël, après la prolongation pour 48 heures de la trêve entre le Hamas palestinien et l'armée israélienne.

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Plusieurs femmes accompagnées par des combattants palestiniens masqués du Hamas et du Jihad islamique, un autre groupe armé palestinien, ont été remises au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Rafah, dans le sud du territoire palestinien près de la frontière égyptienne, selon un photographe de l'AFP sur place. Elles ont ensuite pris place à bord de véhicules du CICR.

Selon l'armée israélienne, citant "des informations reçues de la Croix-Rouge","12 otages, dix Israéliens et deux étrangers, sont en route pour Israël".

L'extension de la trêve, jusqu'à 05H00 GMT jeudi, doit permettre la libération mardi et mercredi de 20 otages israéliens et 60 prisonniers palestiniens, selon le Qatar, principal médiateur dans les négociations sur le dossier des otages.

Une source proche du Hamas avait plus tôt indiqué que 10 otages israéliens et 30 prisonniers palestiniens devaient être relâchés mardi, ainsi que "plusieurs travailleurs étrangers" non concernés par l'accord de trêve.

Chaque jour depuis l'entrée en vigueur de la trêve vendredi, le Hamas libère une dizaine de femmes et d'enfants enlevés lors de son attaque sanglante du 7 octobre en Israël, en échange de la libération de trois fois plus de prisonniers palestiniens.

Cet accord de trêve négocié sous l'égide du Qatar, avec l'appui de l'Egypte et des Etats-Unis, a permis jusqu'à présent la libération de 60 otages israéliens et de 180 Palestiniens écroués dans des prisons israéliennes.

Vingt-et-un otages étrangers, en majorité des Thaïlandais vivant en Israël, ont été libérés hors du cadre de cet accord.

L'armée a estimé à environ 240 le nombre de personnes enlevées et emmenées à Gaza le 7 octobre, lors de l'attaque sans précédent du Hamas qui a coûté la vie à 1 200 personnes en Israël, en grande majorité des civils, selon les autorités.

En représailles, Israël a promis d'"anéantir" le Hamas, qui a mené son attaque depuis la bande de Gaza, bombardant sans relâche le territoire palestinien et lançant le 27 octobre une offensive terrestre.

D'après le gouvernement du Hamas, 14 854 personnes, dont 6 150 âgées de moins de 18 ans, ont été tuées dans les frappes israéliennes.

"Libérer tous les otages"

Au cinquième jour de la trêve, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu reste soumis à une très forte pression de l'opinion publique, traumatisée par l'attaque du Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.

"Nous allons libérer tous les otages", a-t-il lancé mardi. "Nous allons détruire cette organisation terroriste (le Hamas, NDLR) et faire en sorte que Gaza ne soit plus une menace pour l'Etat d'Israël", a-t-il répété.

"L'armée israélienne est prête à reprendre les combats. Nous profitons des jours de pause pour (...) renforcer notre préparation et approuver de futurs plans d'opérations", a affirmé le chef d'état-major israélien, lé général Herzi Halevi.

Mardi à Tel-Aviv, des manifestants ont réclamé en brandissant son portrait la libération d'un nourrisson âgé de 10 mois, Kfir, capturé dans le kibboutz Nir Oz le 7 octobre avec son frère Ariel (4 ans) et ses parents Yarden et Shiri.

Otage la plus âgée à avoir été enlevée le même jour, Yaffa Adar, 85 ans, a elle quitté mardi, avec son déambulateur et sous une haie d'honneur, l'hôpital israélien où elle avait été transférée après sa sortie de captivité le 24 novembre.

Peu avant la reconduction de la trêve, le bureau de M. Netanyahu avait accepté d'inclure "50 prisonnières" dont Ahed Tamimi, jeune icône de la cause palestinienne arrêtée début novembre, à la liste des Palestiniens susceptibles d'être libérés.

Poursuite des médiations

En coulisses, les médiateurs s'activent pour prolonger la trêve au-delà de jeudi et le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken est attendu de nouveau en Israël et en Cisjordanie cette semaine.

Les chefs des services de renseignement américain et israélien se trouvent eux à Doha.

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Malgré la pause dans les combats, la situation reste précaire à Gaza, où l'armée israélienne a affirmé que trois engins explosifs avaient explosé à proximité de ses forces dans le nord de la bande de Gaza et que des "terroristes" avaient ouvert le feu contre ses soldats qui ont riposté.

La prolongation de la trêve a par ailleurs permis l'entrée de nouveaux camions d'aide humanitaire dans la bande de Gaza, assiégée et bombardée sept semaines durant par l'armée israélienne.

Malgré l'arrivée depuis le 24 novembre de centaines de camions dans le petit territoire où 1,7 des 2,4 millions d'habitants ont été déplacés par la guerre, la situation reste "catastrophique", a jugé le Programme alimentaire mondial (PAM), estimant qu'"il existe un risque de famine" à Gaza.

Déjà soumis à un blocus israélien terrestre, maritime et aérien depuis 2007, le territoire surpeuplé a été placé le 9 octobre en état de siège total par Israël, et subit depuis de graves pénuries d'eau, de nourriture, de carburant, de médicaments et d'électricité.

L'Organisation mondiale pour la Santé (OMS) a évoqué une "augmentation massive" de certaines maladies contagieuses.

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Plus de la moitié des logements ont été endommagés ou détruits dans la bande de Gaza, selon l'ONU.

Des milliers de Palestiniens, déplacés dans le sud de la bande de Gaza, ont profité de la trêve pour rentrer chez eux dans le nord, la région la plus dévastée, ignorant l'interdiction de l'armée israélienne qui y a pris le contrôle de plusieurs secteurs.

"J'essaie de retrouver des souvenirs de ma maison", raconte un Palestinien d'al-Zahra, en montrant les montagnes de décombres, là où se trouvait sa maison, détruite par des frappes israéliennes.

"Al-Zahra était la plus belle ville du monde (...) et maintenant elle a disparu", dit Zein Ashour, une jeune femme qui habitait aussi ce quartier aujourd'hui rasé.

Taghrid al-Najjar, une mère de famille de 46 ans, a trouvé refuge avec sa famille dans une école du sud de la bande de Gaza, avant de rentrer chez elle dans le village d'Abassane, dans le même secteur, et de découvrir sa maison détruite.

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