Impact des réseaux sociaux sur les jeunes : les patrons des plateformes sur le gril

Les patrons des plus grandes plateformes numériques ont prêté serment devant la commission du Sénat amércain.
Les patrons des plus grandes plateformes numériques ont prêté serment devant la commission du Sénat amércain. Tous droits réservés AP Photo
Par euronews avec agences
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Les patron de Facebook (Meta) de X (anciennement Twitter) ou de Tik Tok ont été convoqués devant une commission parlementaire du Sénat américain face aux dérives observées ces dernières années.

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Contenus choquants, exploitation sexuelle, harcèlement en ligne, prévention du suicide... Les réseaux sociaux sont décriés à travers le monde pour leur impact néfaste sur la jeunesse.

Face à ces dérives bien documentées, le Sénat américain a organisé une audition à laquelle ont été convoqués les principaux dirigeants des plateformes numériques. 

Lorsque le créateur de Facebook a pris la parole mercredi, Mark Zuckerberg s'est de nouveau excusé après avoir entendu le témoignage de familles de victimes.

"Je suis désolé pour tout ce que vous avez vécu", a déclaré mercredi le patron de Meta. "Personne ne devrait vivre ce que vous et vos familles avez enduré".

Ce n'est pas la première fois qu'il formule ainsi des excuses publiques. A chaque scandale impliquant son entreprise, le PDG de Meta a souvent fait son mea culpa. Une tactique qui contraste avec le positionnement de ses concurrents.

Mais Mark Zuckerberg s'est surtout justifié soulignant les investissements continus de Meta dans les efforts entrepris par sa compagnie pour protéger les enfants. 

Voici ce qu'un sénateur républicain lui a répondu : "Monsieur Zuckerberg, vous et les entreprises qui sont devant nous, je sais que vous ne le pensez pas, mais vous avez du sang sur les mains. Vous avez un produit qui tue des gens", a déclaré Lindsey Graham.

Mark Zuckerberg s'est étendu sur les nombreuses mesures prises par son groupe pour protéger les plus jeunes, rappelant avoir investi plus de 20 milliards de dollars dans la sécurité depuis 2016 et employé 40 000 personnes dédiées à la modération et la sécurité sur les plateformes.

"Nous travaillons dur pour fournir aux parents et aux adolescents le soutien et les outils nécessaires pour réduire les risques" tout en reconnaissant que le combat était permanent "pour faire évoluer nos défenses", a-t-il ajouté.

"En tant que père de trois jeunes enfants, je sais que les questions abordées aujourd'hui sont horribles et alimentent les cauchemars de tous les parents", a déclaré Shou Zi Chew, le responsable de TikTok. "J'ai l'intention d'investir plus de 2 milliards de dollars dans la sécurité. Rien que cette année, nous avons 40 000 professionnels qui travaillent sur ce sujet".

X va de son côté créer une nouvelle antenne dédiée à la modération de la plateforme, qui va recruter une centaine de personnes pour lutter avant tout contre ce fléau, d'après un communiqué publié vendredi.

"X n'est pas la plateforme de choix des enfants et adolescents", a rappelé de son côté Linda Yaccarino, la patronne de X. 

Quant à Facebook, les sénateurs ont dans leur main des documents internes du géant des réseaux sociaux qui prouvent que Mark Zuckerberg a refusé de renforcer les équipes chargées de débusquer les risques pour les adolescents. "Le niveau d'hypocrisie est ahurissant", a jugé le sénateur démocrate Richard Blumenthal.

Aux Etats-Unis, ces documents font partie du dossier de plainte déposé par une quarantaine d'États fin octobre. Ces derniers estiment que Meta nuit à la "santé mentale et physique de la jeunesse", évoquant les risques d'addiction, de cyber-harcèlement ou de troubles de l'alimentation.

A ce stade, la législation américaine protège largement les plateformes numériques de toute responsabilité juridique en ce qui concerne les contenus partagés sur leur site. 

De nombreux élus souhaitent désormais inverser cette tendance mais de nouvelles lois ont été bloquées par un Congrès très divisé sur les solutions et par un puissant lobbying des grandes entreprises technologiques.

L'une des propositions de loi existantes est le Kids Online Safety Act (KOSA), qui vise à protéger les enfants des algorithmes susceptibles de déclencher l'anxiété ou la dépression. Une autre idée consisterait à exiger des plateformes de médias sociaux qu'elles vérifient l'âge des membres des réseaux et qu'elles interdisent complètement l'accès aux enfants de moins de 13 ans.

"Je ne pense pas que vous allez résoudre le problème. Le Congrès devra vous aider", a déclaré le sénateur John Neely Kennedy aux dirigeants.

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