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Municipales 2026 : plusieurs alliances PS-Verts-LFI avant le second tour

Jean-Luc Mélenchon et le candidat de LFI) à l'élection municipale de Marseille, Sébastien Delogu, assistent à une réunion de campagne municipale, à Marseille, le samedi 7 mars
Jean-Luc Mélenchon et le candidat de LFI) à l'élection municipale de Marseille, Sébastien Delogu, assistent à une réunion de campagne municipale, à Marseille, le samedi 7 mars Tous droits réservés  Philippe Magoni/Copyright 2025 The AP. All rights reserved
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Par Serge Duchêne
Publié le Mis à jour
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Certains à gauche regrettent ces alliances, notamment l'ancien président socialiste François Hollande qui martèle que "LFI n'est pas en capacité de gagner" des villes au second tour.

Après le temps des urnes, le temps des tractations.

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Les résultats du premier tour ont révélé une poussée de La France insoumise (LFI) dans plusieurs grandes villes, et beaucoup à gauche songent à ressusciter le plus ou moins moribond Nouveau Front Populaire (NFP), pour barrer le chemin à l'extrême-droite - et pourquoi pas à la droite traditionnelle.

La relation PS-LFI s’est notamment étiolée après le meurtre du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon le 13 février.

Clémence Guetté, vice-présidente LFI de l'Assemblée nationale, a appelé au rassemblement de la gauche aux municipales, en lançant un appel à "battre la droite extrême et l'extrême droite partout où c'est possible", lors de l'émission "4V" sur France 2.

"Il n'y aura pas d'accord national", a pourtant prévenu Olivier Faure. Mais le premier secrétaire du PS a aussi demandé aux socialistes de "rassembler dans la clarté", laissant une porte ouverte à des négociations locales.

Les récalcitrants à une telle stratégie se sont vus sèchement recadrés par la secrétaire nationale des Écologistes. Marine Tondelier a vivement critiqué lundi 16 mars sur franceinfo les refus d’alliance de François Hollande et Raphaël Glucksmann avec LFI, estimant que certains à gauche "aspirent à être les rois du cimetière". "Ils s'en foutent qu'on perde des villes, qu'il y ait des gens précaires face à des mairies de droite. Ce qui les intéresse, c'est d'être le chef de la ruine", a-t-elle lancé.

Allié du PS, Raphaël Glucksmann a en effet prévenu qu’aucun candidat de son parti Place publique ne figurera aux côtés d’Insoumis sur des listes de gauche au second tour.

L'appel de François Hollande à ne pas faire d'alliance PS-LFI est "d'une irresponsabilité absolue" pour Manuel Bompard : "Partout où la droite et l'extrême droite menacent de gagner, nous appelons à la constitution d'un rassemblement", répète le coordinateur de LFI.

L'ancien président socialiste a, quant à lui, émis de forts doutes sur la capacité du parti mélenchoniste à gagner des villes au second tour et a réitéré qu'il ne souhaitait "pas d'alliance" PS-LFI - tout en précisant qu'il donne "un avis" , pas de "consigne".

"LFI n'est pas en capacité de gagner" des villes hormis "ce qui est déjà gagné, c'est-à-dire Saint-Denis et potentiellement Roubaix", estime lundi 16 mars François Hollande, député socialiste de Corrèze et ancien président de la République, invité de France Inter, au lendemain du premier tour des élections municipales. "Les surprises viennent de Paris, Lyon, Marseille, là où il n'était pas attendu que la gauche hors LFI arrive en tête", estime-t-il.

Effectivement, beaucoup lorgnent la belle "remontada" de Grégory Doucet, le maire sortant Vert de l'ancienne capitale des Gaules donné largement perdant dans les sondages mais ayant inversé la tendance en arrivant légèrement devant (37,36 % des voix) l'ancien patron d'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas (36,78 %), grand favori des sondeurs.

"Tous ensemble"

Pendant que les chefs nationaux se livrent la bataille par tweets interposés, les négociations sur le terrain ont déjà bel et bien démarré dans plusieurs villes.

À Lyon, la candidate insoumise, Anaïs Belouassa-Cherifi, fière d'une belle percée (10,4%), ouvrait la porte dimanche soir à une éventuelle fusion technique avec les Verts de Gregory Doucet : "L'essence même d'une fusion technique, c'est que chacun garde dans son programme ses valeurs (...). Je crois que Grégory Doucet est un homme intelligent et qu'il sait que s'il veut garder sa ville, il devra faire avec nous."

Lundi après-midi cette main tendue a été acceptée : "Le rassemblement autour de Gregory Doucet s'élargit", s'est réjouie sa campagne et annonçant que les listes LFI - "comme ailleurs" - ont "rejoint cette dynamique". Aulas n'a, quant à lui, pas tardé à dénoncer un accord "honteux".

Le front Verts-LFI se précise à Lyon
Le front Verts-LFI se précise à Lyon Pour vivre Lyon

Au lendemain du premier tour des élections municipales à Toulouse, François Piquemal (LFI) et François Briançon (PS-Ecologistes) ont annoncé une liste commune pour le second tour face au maire sortant Jean-Luc Moudenc.

La liste La France insoumise (LFI) menée par Mathilde Louvain à Avignon va fusionner avec celle du PS de David Fournier, arrivées respectivement quatrième et troisième dans la Cité des papes.

À Besançon, la maire sortante Anne Vignot (LE), dos au mur, annonce ce lundi matin faire alliance avec Séverine Vézies (LFI), afin "de battre la droite" incarnée par Ludovic Fagaut.

Arrivée troisième au premier tour des élections municipales à Strasbourg, la maire écologiste Jeanne Barseghian a annoncé lundi qu'elle s'alliait à LFI dans l'espoir de battre la socialiste Catherine Trautmann, mais au prix du départ de ses colistiers de Place publique. Avec cet accord, la capitale alsacienne, huitième ville de France, se dirige dimanche prochain vers une triangulaire à l'issue incertaine. "Les choses restent extrêmement ouvertes", a réagi Trautmann sur ICI Alsace.

La maire sortante socialiste de Nantes Johanna Rolland, talonnée au premier tour des municipales par l'union de la droite et du centre, a annoncé lundi un accord de fusion de listes avec LFI, dans un communiqué.

"C'est une fusion démocratique qui se concrétise entre nos listes", a déclaré Johanna Rolland qui a réuni dimanche 35,24% des voix, suivie de près par Foulques Chombart de Lauwe, candidat Les Républicains (33,77%) allié aux centristes. Fort de 11,2% des suffrages, le candidat Insoumis William Aucant avait proposé dès dimanche soir une "fusion technique" à Johanna Rolland.

Mais il y a ceux et celles qui décident de snober le parti mélenchoniste. A Lille, troisième au premier tour (17,75%), l'écologiste Stéphane Baly a annoncé qu'il fusionnait avec la liste du maire socialiste Arnaud Deslandes, arrivé légèrement en tête (26,26%). Le tandem fera face à l'insoumise Lahouaria Addouche, deuxième dimanche (23,36%). LFI cherchait depuis à faire alliance avec les écologistes, qui ont finalement décliné la proposition.

À Marseille, le maire de gauche sortant Benoît Payan ne veut pas de "tambouille" et repart seul pour le second tour, appelant "chacun à prendre ses responsabilités" face au Rassemblement national qui est "aux portes" de la cité phocéenne, mettant LFI et la droite sous pression.

Finalement, il n'y aura pas de fusion entre la liste de Pierre Hurmic et celle de LFI, au second tour à Bordeaux, annonce le parti vert dans un communiqué. Le candidat LFI Nordine Raymond (9,36%) n'a pas composté son billet pour le second tour, et réclamait une fusion des listes au maire écologiste sortant pour faire face au député Renaissance Thomas Cazenave, arrivé deuxième.

Paris : Bournazel fusionne sa liste avec celle de Dati et se retire de la course

Lundi matin, la course à la mairie de Paris restait incertaine. Rachida Dati, jusqu'à récemment ministre de la Culture, espérant ravir le pouvoir à la gauche, affirmait avoir obtenu un soutien crucial pour un second tour.

Dati ambitionne de devenir la deuxième femme maire de Paris consécutive et de faire basculer la capitale française du côté de la droite pour la première fois en 25 ans, d'où ses appels de pied à Pierre-Yves Bournazel (centre-droit, 11,34 %).

Finalement, ces appels ont été entendus : le candidat Horizons/Renaissance à la mairie de Paris a annoncé lundi 16 mars sur France 2 une fusion de sa liste avec celle de Dati, tout en précisant qu'il ne serait personnellement plus candidat.

"J'ai le plaisir de vous annoncer ce soir que nous avons décidé de fusionner nos listes. Pourquoi? Parce qu'une majorité de Parisiens attend le changement et l'alternance", a déclaré , Pierre-Yves Bournazel, tout en ajoutant : "Pour moi, le chemin s'arrête (...) puisque les Parisiens n'ont pas souhaité que je sois le prochain maire de Paris".

En même temps, suite à la main tendue de la campagne d'Éric Zemmour, le camp Dati a assuré qu'"il n’y aura aucune alliance avec Sarah Knafo".

Une certaine cacophonie à gauche pourrait rendre la tâche de Dati encore plus facile. Emmanuel Grégoire, net vainqueur du premier tour, a refusé, lui, de s’unir à l’Insoumise Sophia Chikirou. Faute de fusion, la députée LFI se maintiendra, a-t-elle assuré, de son côté.

Finalement, la cheffe des écologistes Marine Tondelier a déploré que les deux candidats LFI Sophia Chikirou et Sébastien Delogu aient rendu les choses difficiles en faisant pendant la campagne des candidats socialistes soutenus par les écologistes « leur principal ennemi ».

À Marseille, face à la gauche en ordre dispersé, le candidat du RN Franck Allisio a appelé sur franceinfo la candidate divers droite Martine Vassal à le "rejoindre" pour le second tour des municipales. Arrivé un peu en surprise en deuxième position dimanche dernier avec 35,08% des voix, derrière le maire sortant Benoît Payan (36,62%), Allisio devance Martine Vassal (12,41%) et Sébastien Delogu (LFI, 11,94%).

Las, Geoffroy Didier, le secrétaire général des LR a annoncé "bien sûr" des sanctions pour les Républicains qui fusionneraient avec des listes RN au second tour : "Nous ne sommes pas extrémistes".

Le patron des LR Bruno Retailleau a, quant à lui, appelé à un "grand rassemblement de la droite" pour "battre la gauche ou le RN".

Sources additionnelles • AFP, franceinfo

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