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Colère des agriculteurs français : 350 tracteurs sont entrés dans Paris

Des agriculteurs conduisent leurs tracteurs devant l'Arc de Triomphe pour protester contre l'accord commercial avec le Mercosur, mardi 13 janvier 2026 à Paris.
Des agriculteurs conduisent leurs tracteurs devant l'Arc de Triomphe pour protester contre l'accord commercial avec le Mercosur, mardi 13 janvier 2026 à Paris. Tous droits réservés  AP Photo/Emma Da Silva
Tous droits réservés AP Photo/Emma Da Silva
Par Euronews
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Les manifestations d'agriculteurs se poursuivent, mardi 13 janvier, dans toute la France. 350 tracteurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs sont entrés dans Paris.

Environ 350 tracteurs sont entrés à Paris mardi matin, selon un bilan de la préfecture de police de la capitale annoncé peu après 8 heures.

Le mouvement, conduit par la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) et les Jeunes agriculteurs, dénonce la baisse des revenus des agriculteurs et s'oppose à l'accord UE-Mercosur.

Ce dernier prévoit la création d'une zone de libre-échange entre l'UE et quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay). Il a été approuvé vendredi par une majorité qualifiée des États membres, malgré l'opposition de cinq pays : la France, la Pologne, l'Autriche, la Hongrie et l'Irlande.

"Pas de pays sans paysan"

Peu après 6 heures, les tracteurs ont commencé à entrer par la Porte Dauphine et ont remonté l'avenue Foch en direction de l'Arc de Triomphe, sous escorte de camions de CRS. Ils ont ensuite emprunté les Champs-Elysées et l’avenue George-V, avant de traverser le pont de l’Alma pour un rassemblement qui doit se tenir quai d’Orsay.

Le pont de la Concorde et le Quai d'Orsay sont fermés à la circulation jusqu'à nouvel ordre.

Des agriculteurs conduisent leurs tracteurs sur l'avenue des Champs-Élysées, le mardi 13 janvier 2026 à Paris
Des agriculteurs conduisent leurs tracteurs sur l'avenue des Champs-Élysées, le mardi 13 janvier 2026 à Paris AP Photo/Emma Da Silva

"Si on veut garder la souveraineté alimentaire, qu'on nous laisse exercer notre métier", exhorte Fabrice Moulin cultivateur de céréales dans l'Eure. "On n'est pas pour l'anarchie mais trop de règles tuent les règles. Aujourd'hui, on ne vit plus de notre activité".

"L'élevage français doit passer avant l'élevage brésilien", déclare par ailleurs Baptiste Zado, qui exploite une ferme en polyculture et élevage dans les Yvelines "On ne peut plus se serrer la ceinture".

"Pas de pays sans paysan", "pas de paysan => pas d'alimentation", indique également un panneau placé sur l'un des tracteurs.

Le gouvernement se dit ouvert au dialogue

La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a affirmé mardi que "le dialogue et les échanges continuent", notamment sur "la transmission, la question des revenus, la question de l'eau, de l'adaptation au changement climatique".

"Ce qu'a mis le gouvernement sur la table n'est pas pour solde de tout compte", a-t-elle précisé.

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, avait précédemment reconnu que la colère des agriculteurs était "profonde" et leurs revendications "légitimes", affirmant les entendre "au plus haut niveau du gouvernement".

Annie Genevard avait annoncé vendredi des mesures en faveur des céréaliers, des viticulteurs et des éleveurs, qui n'ont pas suffi à apaiser la mobilisation. Cette enveloppe de 300 millions d’euros, dépend en grande partie de l’adoption du budget 2026.

Les agriculteurs français intensifient leur mobilisation à quelques jours de la signature finale de l'accord UE-Mercosur, qui doit avoir lieu samedi au Paraguay. Des filtrages et des blocages ont ainsi été mis en place au Havre, le premier port de commerce en France, ainsi qu'à Bayonne et à La Rochelle.

Depuis ce week-end, des agriculteurs "contrôlent" les camions frigorifiques pour vérifier la provenance des produits dans le port du Havre.

Selon Justin Lemaître, le secrétaire général des Jeunes Agriculteurs en Seine-Maritime, ces contrôles ont permis d'identifier "de la farine étrangère, des soupes avec des légumes thaïlandais, des produits qui n’ont pas les mêmes normes de production" qu'en France.

Au total, le ministère de l'Intérieur a recensé "55 actions" dans "31 départements", qui ont mobilisé "2 400 personnes et 1 000 engins".

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