Un nombre record de 11 candidats se sont présentés aux élections présidentielles de dimanche au Portugal, dont le leader populiste de Chega, Andre Ventura va se retrouver au second tour.
Les premiers sondages sortie des urnes placent André Ventura, leader du parti populiste Chega, en deuxième position avec 20 à 25 % des voix, derrière le candidat de centre-gauche António José Seguro, qui devrait obtenir 30 à 35 % des voix.
En troisième position, Joao Cotrim de Figueiredo, soutenu par l'Initiative libérale, qui recueillerait entre 15 à 17 % des voix.
Les deux candidats ayant obtenu le plus de voix ce dimanche s'affronteront lors d'un second tour prévu le 8 février.
Plus de 11 millions d'électeurs étaient inscrits et habilités à voter aujourd'hui, le premier chiffre de l'abstention a été estimé autour de 38 à 40%. En 2021 elle avait dépassé les 60%.
Le vainqueur de l'élection succédera au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, élu à deux reprises dès le premier tour.
Depuis l'avènement de la démocratie au Portugal, une seule présidentielle s'est décidée au second tour, en 1986.
L'une des principales cibles de Andre Ventura a été ce qu'il appelle « l'immigration excessive », les travailleurs étrangers étant devenus plus visibles au Portugal ces dernières années. « Le Portugal est à nous », déclare ce populiste proche de l'extrême droite européenne.
Pendant la campagne électorale, Ventura a installé des panneaux d'affichage dans tout le pays avec les slogans « Ce n'est pas le Bangladesh » et « Les immigrants ne devraient pas pouvoir vivre de l'aide sociale ». Quelques mois plus tard, un tribunal administratif a contraint le candidat à retirer ces panneaux, au motif qu'ils étaient discriminatoires.
Il y a quelques années encore, un sentiment anti-immigrés aussi flagrant, exprimé publiquement, était impensable au Portugal. Or, le pays a besoin d'immigrés pour relever les nombreux défis auxquels il est confronté, notamment en matière d'emploi.
Avec 11 à 14 % des voix, le défi que devait relever le contre-amiral à la retraite Henrique Gouveia e Melo ne semble pas s'être concrétisé. Il se présentait en tant qu'indépendant et a été applaudi par le public pour avoir supervisé le déploiement rapide des vaccins contre la COVID-19 pendant la pandémie.
Les défis du prochain président
En mai 2025, le Portugal a organisé ses troisièmes élections générales en trois ans, pendant la pire période d'instabilité politique depuis des décennies. Stabiliser le pays est l'un des principaux défis du prochain président de la République.
Ventura, le leader populiste, a tenté de faire de l'immigration un thème de campagne, mais les électeurs semblent plus préoccupés par la crise immobilière, l'avenir des jeunes et le coût de la vie.
Les enjeux
Au Portugal, le président est une figure symbolique qui n'a aucun pouvoir exécutif. La plupart du temps, le chef de l'État s'efforce de rester au-dessus de la mêlée politique, en jouant un rôle de médiateur dans les conflits et en apaisant les tensions.
Toutefois, le président est une voix influente et dispose d'outils puissants, comme le droit de veto sur les lois votées par le parlement, bien que ce veto puisse être annulé. Le chef de l'État dispose également de ce que l'on appelle, dans le jargon politique portugais, une "bombe atomique", à savoir le pouvoir de dissoudre le parlement et de convoquer des élections anticipées.