L'Ukraine et ses alliés s'inquiètent de plus en plus de la coopération entre Moscou et Minsk. La Russie avertit que de nouvelles frappes sur Kyiv se préparent.
La dirigeante de l'opposition bélarusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, s'est rendue pour la première fois à Kyiv lundi, alors que la capitale ukrainienne nettoyait les décombres de la plus vaste attaque de missiles russes de l'année. Et tandis que les dirigeants du monde entier surveillent de près l'ampleur du soutien que le Bélarus est prêt à apporter à l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par Moscou.
Reconnue à l'échelle internationale comme la cheffe de l'opposition de facto au Bélarus depuis sa candidature face au dirigeant autoritaire Alexandre Loukachenko lors de l'élection présidentielle de 2020, Svetlana Tikhanovskaïa a entamé sa visite en rendant hommage à Maria Zaitseva, une dissidente qui a rejoint l'armée ukrainienne aux côtés de nombreux autres Bélarusses.
"Pour moi, Maria est le symbole d'une nouvelle génération de Bélarusses, a écrit Svetlana Tikhanovskaïa sur X. Des personnes qui comprennent que la liberté du Bélarus et celle de l'Ukraine sont indissociables."
"Elle est morte en héroïne, mais son nom restera. Et c'est notre devoir de faire tout notre possible pour que le sacrifice de Maria et d'autres héros ne soit pas vain."
Attaques, chantage et menaces
La visite de Svetlana Tikhanovskaïa intervient au lendemain d'un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et le président bélarusse Alexandre Loukachenko au sujet de la guerre en Ukraine. Il s'agissait du premier échange entre les deux dirigeants depuis le début de l'invasion.
S'adressant à la presse, l'opposante a estimé que l'objectif principal de la France était d'adresser un avertissement au Bélarus.
"Le régime de Loukachenko sait parfaitement ce qu'il doit faire pour améliorer ses relations avec l'Union européenne, mais rien ne se passe ; au contraire, les attaques hybrides, le chantage nucléaire et les menaces visant toute la région se poursuivent", a-t-elle déclaré à l'Associated Press dimanche.
Alexandre Loukachenko, qui dirige le Bélarus d'une main de fer depuis plus de trois décennies et a à plusieurs reprises truqué les élections pour conserver le pouvoir, dépend du Kremlin pour l'énergie bon marché, les prêts et d'autres formes de soutien.
Les pays occidentaux ont à maintes reprises imposé des sanctions au Bélarus, notamment pour la répression des droits humains et pour avoir permis à Moscou d'utiliser son territoire pour envahir l'Ukraine. Mais ces derniers mois, le dictateur bélarusse cherche à améliorer ses relations avec l'Occident.
Depuis le retour du président américain Donald Trump à la Maison Blanche, Alexandre Loukachenko a également libéré des centaines de prisonniers politiques dans le cadre d'accords ayant conduit à la levée de certaines sanctions américaines.