Le président américain a annoncé, samedi 17 janvier, la création d’un "Conseil de la paix" pour Gaza, supposé mettre en action la deuxième phase du plan de paix entre Israël et le Hamas. La Maison Blanche a invité une soixantaine de pays à y siéger.
Le président russe Vladimir Poutine a été invité à rejoindre le "Conseil de la paix" du président américain Donald Trump visant à résoudre les conflits à l'échelle mondiale et à superviser la gouvernance et la reconstruction à Gaza, a déclaré le Kremlin lundi.
"Le président Poutine a reçu une invitation à rejoindre ce Conseil de la paix", a déclaré lundi aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
La Russie cherche à "clarifier toutes les nuances" de l'offre avec Washington, a-t-il ajouté, sans préciser si Valdimir Poutine était enclin à en faire partie.
La Maison-Blanche a invité plusieurs personnalités du monde entier à siéger au sein du "Conseil de la paix", présidé par Donalds Trump lui-même.
Mais l'invitation faite à Vladimir Poutine surprend nombre d'observateurs, alors que l'invasion à grande échelle de l'Ukraine approche de sa quatrième année et que le dirigeant russe semble réticent à s'engager en faveur d'un accord de paix.
Une soixantaine de pays, ainsi que la Commission européenne, ont également été invités à se joindre au conseil, qu'un haut responsable israélien a qualifié lundi de "mauvais pour Israël".
Le porte-parole de la Commission européenne, Olof Gill, a confirmé qu'Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, avait reçu une invitation et qu'elle s'entretiendrait avec d'autres dirigeants européens au sujet de Gaza.
Olof Gill n'a pas précisé si l'invitation avait été acceptée, mais a indiqué que la Commission souhaitait "contribuer à l'élaboration d'un plan global visant à mettre fin au conflit de Gaza".
On ne sait pas combien de dirigeants ont été invités à rejoindre le conseil. Mais une référence de Trump dans les lettres d'invitation, selon laquelle l'organe "s'engagerait dans une nouvelle approche audacieuse pour résoudre les conflits mondiaux", suggère qu'il pourrait être un rival du Conseil de sécurité des Nations unies, l'organe le plus puissant de l'organisation mondiale créée dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale.
Le ministre israélien des Finances d'extrême droite, Bezalel Smotrich, a qualifié lundi le Conseil de la paix d'accord brutal pour Israël et a appelé à sa dissolution.
"Il est temps d'expliquer au président que son plan est mauvais pour l'État d'Israël et de l'annuler", a déclaré Bezalel Smotrich lors d'une cérémonie d'inauguration de la nouvelle colonie de Yatziv en Cisjordanie occupée.
"Gaza est à nous, son avenir affectera le nôtre plus que celui de n'importe qui d'autre. Nous prendrons la responsabilité de ce qui s'y passe, nous imposerons une administration militaire et nous achèverons la mission".
Bezalel Smotrich a même suggéré qu'Israël relance une offensive de grande envergure sur Gaza pour détruire le Hamas s'il ne respecte pas un "bref ultimatum pour un désarmement réel et l'exil".
Samedi, le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que la formation du comité n'avait pas été coordonnée avec le gouvernement israélien et qu'elle était "contraire à sa politique".
Les États-Unis devraient annoncer la liste officielle de leurs membres dans les prochains jours, probablement lors de la réunion du Forum économique mondial de Davos, en Suisse.
Les membres du conseil d'administration doivent superviser un comité exécutif qui sera chargé de mettre en œuvre la deuxième phase du plan de paix pour Gaza, qui prévoit le déploiement d'une force de sécurité internationale, le désarmement du Hamas et la reconstruction du territoire dévasté par la guerre.
Une contribution d'un milliard de dollars garantit un statut de membre permanent du conseil, l'argent étant destiné à la reconstruction de Gaza, selon un fonctionnaire américain qui a parlé sous couvert d'anonymat de la charte, qui n'a pas été rendue publique.
Mais les détails de ce fonctionnement restent obscurs. L'entourage du président français Emmanuel Macron a d'ores et déjà annoncé que la France "n’entend pas donner suite favorable" à l'invitation reçue.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a lui déclaré ce lundi que le Royaume-Uni discutait avec ses alliés au sujet du Conseil de la paix.
Bien que le Royaume-Uni n'ait pas précisé si Keir Starmer avait été officiellement invité à en faire partie, il a déclaré qu'il était nécessaire de procéder à la deuxième phase du plan de paix pour Gaza et que Londres avait "fait part de sa volonté de jouer son rôle".