Nickolay Mladenov, ancien ministre bulgare de la Défense et des Affaires étrangères et ex-envoyé par les Nations unies en Irak, devra superviser les prochaines étapes prévues par le cessez-le-feu à Gaza, signé en octobre dernier.
Benjamin Netanyahu a déclaré, ce jeudi 8 janvier, que l'ancien envoyé de l'ONU au Moyen-Orient Nickolay Mladenov, avait été choisi comme directeur général du Conseil de la paix de Donald Trump. Le diplomate bulgare sera donc chargé de superviser le processus de paix dans la bande de Gaza.
Le Premier ministre israélien a fait cette annonce après avoir rencontré Nickolay Mladenov à Jérusalem, réunion à laquelle a également participé le président de l'État hébreu, Isaac Herzog. Ils ont pu discuter de "l'objectif principal pour la suite, à savoir comment le Hamas devrait être désarmé", a indiqué un haut-responsable israélien.
Un haut responsable états-unien a également confirmé cette nomination, bien que Washington ne l'ait pas encore officialisée. Ce choix marque une étape importante pour le plan de paix, au point mort depuis le début du cessez-le-feu, en octobre dernier.
Selon le média spécialisé Axios, Donald Trump doit annoncer la création de ce Conseil de la paix la semaine prochaine. Il devrait également nommer ses quinze représentants, issus, notamment, du Royaume-Uni, d'Allemagne, de France, d'Italie, d'Arabie saoudite, du Qatar, d'Égypte et de Turquie.
Dans le cadre du plan de Donald Trump, ce conseil devra superviser la création d'un nouveau gouvernement palestinien technocratique, le désarmement du Hamas, le déploiement d'une force de sécurité internationale, le retrait des troupes israéliennes et la reconstruction de la Palestine.
Les États‑Unis ont toutefois indiqué que peu de progrès avaient été réalisés sur ces différents volets jusqu’à présent.
Confiance mutuelle
Nickolay Mladenov est un ancien ministre bulgare de la Défense et des Affaires étrangères qui a servi comme envoyé des Nations unies en Irak avant d'être nommé envoyé des Nations unies pour la paix au Moyen-Orient de 2015 à 2020. Au cours de cette période, il s'est souvent efforcé d'apaiser les tensions entre Israël et le Hamas et à maintenir l’idée d’une solution négociée au conflit.
Milen Keremedchiev, ancien diplomate et expert en politique du Moyen‑Orient, a déclaré que la nomination de Nickolay Mladenov était le résultat de ses contributions significatives à la paix, ajoutant qu’il avait gagné la confiance tant d’Israël que des Palestiniens. "La Bulgarie est depuis longtemps perçue comme un pays modéré, qui a évité les extrêmes dans ce conflit particulièrement aigu", a-t-il déclaré, précisant que pendant son mandat de ministre des Affaires étrangères, Nickolay Mladenov a constamment maintenu une approche soigneusement équilibrée vis‑à‑vis du Moyen‑Orient.
"Cette approche a été bien accueillie tant par le monde arabe que par l’État d’Israël. La position de la Bulgarie a traditionnellement été celle de l’équilibre, et il est resté ferme dans la préservation de cette posture", a‑t‑il confié.
Alon Bar, diplomate israélien retraité qui a occupé le poste de directeur adjoint du ministère des Affaires étrangères pour les Nations unies et les organisations internationales pendant le mandat de Nickolay Mladenov, a déclaré que travailler avec lui avait été un "plaisir". "Il a pu créer une relation de confiance avec les politiques en Israël, y compris le Premier ministre Netanyahu", a‑t‑il indiqué. "En même temps, il a suscité beaucoup de confiance du côté palestinien."
Huit nouvelles victimes, dont une fillette de 11 ans
La première phase du cessez‑le‑feu a partiellement mis fin aux combats et a permis un échange d’otages . Le Hamas a libéré des prisonniers israéliens contre des centaines de Palestiniens détenus par Israël.
Cependant, les deux parties s'accusent de violations. Le Hamas n’a toujours pas rendu les restes d’un otage , un policier israélien tué lors de l’attaque du 7 octobre 2023.
Dans le même temps, Israël continue de bombarder Gaza. Depuis octobre, plus de 400 personnes ont été tuées, selon les autorités sanitaires locales. L'État hébreu affirme que ces frappes sont une réponse aux violations de l’accord, tandis que les responsables sanitaires palestiniens indiquent que de nombreux civils figurent parmi les victimes.
Ce jeudi, au moins huit personnes ont été tuées par Israël, selon les responsables d’hôpitaux palestiniens et les membres de familles touchées. Le Hamas a qualifié ces décès de "violation flagrante du cessez‑le‑feu". Parmi les victimes se trouvent une fillette de 11 ans rêvant de devenir médecin, une adolescente et deux garçons tués dans un camp de tentes, ainsi qu’un homme dont la fille pleurait son corps devant un hôpital. "Parle-moi, papa !", a-t-elle crié devant l’hôpital Nasser, où le corps d’Abdullah al‑Kassas avait été transporté après une frappe dans l’est de Khan Younis.
Une douzaine d’autres personnes auraient été blessées, selon les responsables hospitaliers. Israël affirme ne pas être au courant de victimes liées à ces nouvelles frappes.
"Ils disent qu’il y a un cessez‑le‑feu et que la guerre à Gaza s’est arrêtée. Est‑ce seulement dans les médias, alors que chaque jour il y a des explosions et des bandes de feu ? Les tirs ne s’arrêtent pas. Où est le cessez‑le‑feu ?", s'est interrogé l'oncle de la fillette tuée.
Le Hamas refuse de désarmer
Jeudi, les dirigeants de l'Égypte et de l'Union européenne réunis au Caire ont demandé instamment le déploiement d'une force internationale de stabilisation à Gaza pour superviser le cessez-le-feu d'octobre. "La situation est extrêmement grave. Pourtant, le Hamas refuse de désarmer. Il bloque le passage à l'étape suivante du plan de paix, tandis qu'Israël restreint les activités des ONG internationales qui mettent gravement en péril l'accès à l'aide humanitaire", a déclaré Kaja Kallas, responsable de la politique étrangère de l'Union européenne.
"Rien ne justifie que la situation humanitaire à Gaza se soit détériorée au point d'atteindre le niveau actuel", a-t-elle également déclaré.
Dans le même temps, le directeur de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a prévenu, ce jeudi, que la pression israélienne sur l'organisation risquait de créer un "vide énorme" dans les services.
Philippe Lazzarini a déclaré qu'aucun autre organisme n'avait la capacité ou la "confiance de la communauté" pour fournir des services de santé, d'éducation et des services sociaux sur place. "Si l'agence ne peut pas ou doit cesser d'opérer à Gaza ou en Cisjordanie, cela créera un vide énorme", a-t-il assuré.