Le porte-parole de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens Jonathan Fowler dénonce "une attaque sans précédent" contre l’organisation et ses locaux ainsi qu'"une violation grave du droit international et des privilèges et immunités des Nations unies."
Des bulldozers israéliens ont commencé mardi à démolir le siège de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens à Jérusalem-Est, inoccupé depuis le départ en 2024 des salariés de l'organisation, interdits de toute activité par Israël,
"Il s'agit d'une attaque sans précédent contre l'UNRWA et ses locaux. Elle constitue également une grave violation du droit international et des privilèges et immunités des Nations unies", a déclaré le porte-parole de l'UNRWA, Jonathan Fowler. "Cela devrait être un signal d'alarme", a-t-il prévenu. "Ce qui arrive aujourd'hui à l'UNRWA peut arriver demain à n'importe quelle autre organisation internationale ou mission diplomatique dans le monde."
Des photos prises sur place montrent des machines lourdes en train de démolir des structures de l'enceinte de l'UNRWA, un drapeau israélien flottant au-dessus du bâtiment.
Le ministre israélien d'extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a effectué une brève visite sur le site.
"C'est un jour historique, un jour de célébration et un jour très important pour la gouvernance à Jérusalem", a -t-il déclaré dans un communiqué. "Pendant des années, ces partisans du terrorisme étaient ici, et aujourd'hui ils sont chassés d'ici avec tout ce qu'ils ont construit dans ce lieu. C'est ce qui arrivera à tous les partisans du terrorisme", a-t-il ajouté.
Par le passé, Israël a accusé à plusieurs reprises l'UNRWA de servir de couverture aux militants du Hamas, affirmant que certains de ses employés avaient participé à l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Une série d'enquêtes, dont l'une menée par l'ancienne ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, a mis en évidence certains "problèmes liés à la neutralité" à l'UNRWA, mais a souligné qu'Israël n'avait pas fourni de preuves concluantes de sa principale allégation.
Dans un communiqué, le ministère israélien des Affaires étrangères a défendu les démolitions, soutenant que "l'État d'Israël est propriétaire du complexe de Jérusalem".
"L'action entreprise aujourd'hui ne constitue pas une nouvelle politique, mais plutôt la mise en œuvre de la législation israélienne existante concernant l'UNRWA-Hamas", a t-il-ajouté.
Le complexe de l'UNWRA a été évacué de son personnel fin 2024, date à laquelle une loi interdisant ses opérations est entrée en vigueur après une bataille de plusieurs mois sur le travail de l'UNRWA dans la bande de Gaza.
"L'UNRWA-Hamas avait déjà cessé ses opérations sur ce site et n'avait plus de personnel ni d'activité de l'ONU sur place. Le complexe ne bénéficie d'aucune immunité et la saisie de ce complexe par les autorités israéliennes a été effectuée conformément au droit israélien et international", a poursuivi le ministère des Affaires étrangères.
L'UNWRA continue d'opérer en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza. Début décembre, le chef de l'agence, Philippe Lazzarini, a dénoncé la saisie par les autorités israéliennes de biens provenant du complexe, dont la police a déclaré qu'elle faisait partie d'une opération de recouvrement de dettes.
Dans un message publié sur X, Philippe Lazzarini a déclaré que les autorités avaient saisi "des meubles, du matériel informatique et d'autres biens", et que le drapeau de l'ONU avait été remplacé par un drapeau israélien.
À l'époque, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait publié une déclaration condamnant fermement l_'"entrée non autorisée"_ d'Israël, affirmant que le complexe demeurait "une enceinte des Nations unies, inviolable et à l'abri de toute autre forme d'ingérence".
Quelques mois après le début de la guerre à Gaza, en octobre 2023, les autorités israéliennes ont déclaré Guterres et Lazzarini persona non grata en Israël.