Le Sénat a approuvé vendredi la suspension du financement du département de la Sécurité intérieure (DHS) pour deux semaines supplémentaires, fixant ainsi une date limite pour que le Congrès vote de nouvelles restrictions des opérations d'immigration.
Le président de la Chambre des représentants des États-Unis a déclaré dimanche qu'il faudrait attendre "quelques jours" avant qu'un programme de financement du gouvernement ne soit soumis au vote.
Mike Johnson confirme ainsi que le "shutdown" partiel du gouvernement fédéral américain se prolongera dans la semaine, au moins jusqu'à mardi.
Donald Trump tente l'apaisement
Le blocage, qui a commencé samedi, est lié aux désaccords entre élus démocrates et républicains quant aux opérations de la police de l'immigration (ICE) sur le territoire américain.
Ce nouveau "shutdown" est toutefois très différent de celui de l'année dernière - qui a duré 43 jours, établissant le record du plus long blocage fédéral de l'histoire des États-Unis -, car il n'inclut pas l'ensemble du gouvernement et ne devrait pas durer aussi longtemps.
Mike Johnson a indiqué qu'il comptait sur l'aide du président américain Donald Trump pour garantir l'adoption du programme.
Le locataire de la Maison Blanche a conclu un accord avec les sénateurs pour séparer le financement du département de la sécurité intérieure (DHS) d'un ensemble plus large de mesures après que l'ICE a été impliquée dans deux morts par balles dans le Minnesota.
La mesure, approuvée vendredi par le Sénat, prévoit une suspension du financement du DHS pour deux semaines supplémentaires, fixant ainsi une date limite pour que le Congrès vote de nouvelles restrictions des opérations d'immigration.
"C'est le président qui mène la danse, c'est lui qui a décidé de procéder de cette manière", a indiqué Mike Johnson, précisant que Donald Trump avait "déjà admis qu'il voulait réduire le volume" des opérations de l'ICE.
Les opérations de l'ICE au cœur de l'impasse
Le président de la Chambre des représentants est confronté à un défi de taille : essayer de faire passer la loi de financement à la Chambre alors que les démocrates refusent de fournir les votes nécessaires à une adoption rapide.
Il indique que les démocrates demandent des réformes de l'ICE allant au-delà des 20 millions de dollars (16,85 millions d'euros) consacrés aux caméras corporelles, qui figurent déjà dans le projet de loi, et qu'ils voulaient exiger des agents d'immigration qu'ils se démasquent et s'identifient et qu'ils mettent un terme aux patrouilles itinérantes.
"Ce qui est clair, c'est que le département de la sécurité intérieure doit être réformé en profondeur", a déclaré le chef de file des démocrates de la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries. Il a également exhorté l'administration Trump à entamer des négociations sur les changements à apporter à l'ICE dès maintenant, et non au cours des deux prochaines semaines.
"Les masques doivent tomber", a-t-il déclaré. "Des mandats judiciaires devraient absolument être exigés, conformément à la Constitution, selon nous, avant que les agents du DHS ou de l'ICE ne pénètrent dans les maisons des Américains ou n'arrachent les gens de leur voiture".
Tout cela oblige Mike Johnson à s'appuyer sur sa faible majorité républicaine à la Chambre des représentants pour une série de votes de procédure, en commençant par la commission lundi et en repoussant au moins jusqu'à mardi un éventuel vote de la Chambre des représentants sur le paquet de mesures, a-t-il déclaré.
"Nous sommes sur la bonne voie pour parvenir à un accord"
Dans le même temps, plusieurs autres agences fédérales font les frais du "shutdown" en cours : la défense, la santé, les transports et le logement figurent parmi les agences dont l'administration Trump a décidé de suspendre le financement.
Bien que nombre de leurs activités soient jugées essentielles et que les services ne soient pas nécessairement interrompus, les travailleurs pourraient être privés de salaire voire renvoyés si l'impasse s'éternise.
C'est la deuxième fois en quelques mois que les activités fédérales sont interrompues alors que le Congrès cherche à utiliser le processus de financement annuel comme levier pour obtenir des changements de politique. C'est également la troisième fois que Donald Trump est confronté à un "shutdown" au cours de ses deux mandats.
Cette fois-ci, l'administration Trump a manifesté son intérêt pour une résolution plus rapide du blocage. Mike Johnson a déclaré qu'il avait été reçu dans le bureau ovale avec le chef des démocrates du Sénat, Chuck Schumer, et le "tsar" des frontières, Tom Homan, afin de parvenir à un accord.
"Je pense que nous sommes sur la bonne voie pour parvenir à un accord", a déclaré le président républicain de la Chambre des représentants.