Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

Pire qu'en URSS : le ciel devient de plus en plus petit pour les voyageurs russes

À partir de juin 2026, les Russes pourront prendre des vols directs vers au plus 30 pays
À partir de juin 2026, les Russes pourront prendre des vols directs vers au maximum 30 pays Tous droits réservés  AP Photo/Pavel Bednyakov
Tous droits réservés AP Photo/Pavel Bednyakov
Par Nadezhda Driamina & Serge Duchêne
Publié le
Partager Discussion
Partager Close Button

Depuis le début de la guerre en Ukraine, de nombreux pays ont fermé leur ciel aux avions russes. Les liaisons directes se raréfient, alors que la demande de voyages — serait-ce le wanderlust ou le désir de fuir la grisaille et les privations vérités des temps de guerre — augmente chez les Russes.

À partir de juin 2026, les Russes ne pourront plus prendre des vols directs que vers au maximum 30 pays. C'est un quart de moins que cet hiver, lorsque 43 États figuraient encore au programme des liaisons aériennes directes.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

L'Association des tour-opérateurs de Russie (ATOR) explique la disparition de certaines destinations par « la saisonnalité, la hausse du coût du carburant et les facteurs géopolitiques, ainsi que par les restrictions liées à la crise au Moyen-Orient ».

Donc, officiellement, rien à voir avec la guerre d'agression, lancée par la Russie en Ukraine il y a déjà plus de 4 ans.

Restent accessibles en vols directs l'Azerbaïdjan, l'Arménie, l'Afghanistan, le Bélarus, le Viêt Nam, la Géorgie, l'Égypte, Israël, l'Inde, l'Indonésie, la Jordanie, l'Iran, le Kazakhstan, le Qatar, la Chine, la RPDC, le Kirghizistan, les Maldives, le Maroc, la Mongolie, les Émirats arabes unis, Oman, la Serbie, le Tadjikistan, la Thaïlande, le Turkménistan, la Turquie, l'Ouzbékistan et l'Éthiopie, énumère l'ATOR, en précisant que l'Arabie saoudite s'ajoutera à la liste si elle rétablit les liaisons aériennes interrompues suite à la guerre au Moyen-Orient.

En conséquence, les vols vers l'Algérie, le Venezuela, Cuba, la Malaisie, les Seychelles, les Philippines et le Sri Lanka, ainsi que vers le Koweït et Bahreïn, ont disparu du programme d'été en raison de la guerre avec l'Iran.

Pour la même raison, le ministère russe du Développement économique a, en mars, interdit aux tour-opérateurs de vendre des forfaits vers les pays de la région, et le ministère russe des Affaires étrangères a recommandé aux Russes de renoncer à s'y rendre.

Pire que du temps du "rideau de fer"

En outre, des destinations comme l'Irak ou l'Afghanistan n'ont jamais été populaires auprès des Russes, relève à juste titre l'ATOR. Autrement dit, sur l'ensemble de la liste, il ne restera cet été aux Russes que 15 pays au maximum qui conviennent plus ou moins au tourisme de masse, concluent les experts.

L'Association des voyagistes russes souligne aussi que même à l'époque de l'URSS, trois fois plus de pays restaient accessibles en vols directs.

Selon ses données, dans les années 1980, Aeroflot, l'ancien monopoliste et toujours la compagnie nationale, desservait entre 80 et 100 destinations. Beaucoup de celles qui sont aujourd'hui considérées comme internationales étaient alors des liaisons intérieures.

Toutefois, l'ATOR n'exclut pas que le carnet de routes pour l'été actuel soit complété par des vols, par exemple vers Zanzibar et la Tunisie.

Sur l'ensemble de la liste, il ne restera cet été aux Russes que 15 pays au maximum qui conviennent plus ou moins au tourisme de masse
Sur l'ensemble de la liste, il ne restera cet été aux Russes que 15 pays au maximum qui conviennent plus ou moins au tourisme de masse AP Photo

Faute de mieux: des voyages en Russie et en Asie

La hausse des dépenses consacrées aux billets d'avion et, dans certains cas, le durcissement des exigences en matière de visas ont pénalisé le tourisme vers l'extérieur. Font exception les destinations désormais familières que sont la Turquie et l'Égypte, ainsi que, plus récemment, le Viêt Nam et la Chine, où le flux de touristes russes a augmenté ces dernières années.

Face à un choix limité, ils ont commencé à voyager plus souvent à l'intérieur du pays. Si l'on en croit les médias d'État russes, la croissance annuelle du tourisme intérieur serait de 7,5 à 8,5 %. Néanmoins, cette année, le nombre de voyages touristiques dans les régions russes a diminué, l'ont reconnu même les autorités.

Le ministère du Développement économique s'est également récemment plaint de la baisse des réservations estivales par rapport à l'an dernier, en l'expliquant par la situation à Anapa et par les restrictions frappant le trafic aérien. Les interruptions de ce trafic sont manifestement dues à la multiplication des attaques de drones ukrainiens.

Quant à Anapa, l'une des destinations touristiques les plus populaires, on y élimine toujours les lourdes conséquences de la marée noire de 2024. Et début avril, une énorme nappe d'hydrocarbures est de nouveau apparue au large des côtes de la mer Noire. Une autre station balnéaire, Touapsé, traverse elle aussi une vraie catastrophe écologique après une série de frappes de drones des forces armées ukrainiennes contre des installations pétrolières locales.

La demande de visas Schengen et de vols internationaux ne faiblit pas

Néanmoins, l'offre assez limitée ne semble pas avoir entamé le désir des Russes de voyager à l'étranger. Aeroflot a indiqué qu'en avril de cette année, la compagnie avait effectué 7,3 % de vols internationaux de plus que le même mois de 2025. De ce point de vue, « les Russes ont commencé à se rendre à l'étranger plus activement que l'année précédente. La demande s'est simplement concentrée sur certaines destinations », estime l'ATOR.

Les statistiques concernant les visas Schengen vont dans le même sens. Même si la Commission européenne a durci les règles de délivrance de ces visas aux citoyens russes, le nombre de personnes en ayant obtenu un en 2025 a augmenté de 10,2 % par rapport à l'année précédente.

Le nombre de demandes de Schengen déposées a lui aussi progressé, de 8 % par rapport à 2024. Les pays qui ont le plus délivré d'autorisations d'entrée sont la France, l'Italie et l'Espagne.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Thaïlande : séjours sans visa réduits pour touristes, dans la lutte contre le crime étranger

Pays-Bas : des groupes lancent une campagne pour une taxe aérienne équitable

L'essor du "tourisme de deuil", cette nouvelle forme de voyage pour se reconstruire après la mort d'un proche