La Suisse votera sur le plafonnement de sa population à 10 millions d'habitants d'ici à 2050, un projet de l'Union démocratique du centre (UDC) de droite qui oppose les limites de l'immigration aux besoins en main-d'œuvre.
La Suisse organisera un référendum cet été pour décider si la population du pays doit être limitée à 10 millions d'habitants, a annoncé le gouvernement.
Les partisans de l'initiative, menés par l'Union démocratique du centre (UDC), parti national-conservateur qui détient le plus grand nombre de sièges au Parlement, ont recueilli suffisamment de signatures pour soumettre la question à un vote national le 14 juin, a déclaré le gouvernement.
Selon l'office fédéral de la statistique, la Suisse comptait 9,1 millions d'habitants à la fin du troisième trimestre 2025.
Les personnes nées à l'étranger ont représenté environ 30 % de cette population ces dernières années. La plupart sont originaires de pays de l'UE et certains ont pris la nationalité suisse.
La proposition inscrirait dans la loi la règle selon laquelle la population résidente permanente de la Suisse, comprenant à la fois les citoyens suisses et les étrangers titulaires d'un permis de séjour, ne doit pas dépasser 10 millions de personnes d'ici 2050.
Si la population atteint 9,5 millions d'habitants d'ici là, le gouvernement prendrait des mesures pour la limiter, notamment par le biais de mesures relatives à l'asile, au regroupement familial, à la délivrance de permis de séjour et à la renégociation d'accords internationaux.
L'idée, selon ses partisans, serait de protéger l'environnement, les ressources naturelles, les infrastructures et le filet de sécurité sociale des tensions causées par la croissance démographique.
Cependant, des critiques émanant d'une grande partie du reste de l'échiquier politique affirment que la proposition simplifie à l'excès une question complexe.
Ils soulignent que la Suisse a souvent recours à des travailleurs étrangers dans les hôpitaux, les hôtels, les chantiers de construction et les universités, et que toute restriction à l'immigration et à la libre circulation des personnes violerait les engagements internationaux existants.
Depuis des années, l'UDC cherche à freiner l'immigration dans le riche pays alpin, mais avec un succès limité.
Un référendum de 2016 visant à expulser automatiquement les immigrants reconnus coupables de délits mineurs et une proposition de 2020 visant à mettre fin à la libre circulation avec l'UE ont tous deux échoué dans les urnes.
La Suisse fait partie de l'espace Schengen, créé il y a plus de quarante ans, qui regroupe aujourd'hui 29 pays autorisant la circulation sans visa.
La plupart sont membres de l'UE, mais la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein ne le sont pas. La zone regroupe quelque 450 millions de personnes.