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Moyen-Orient : l’angoisse des diasporas iranienne et libanaise en France face à la guerre

La façade de l'hôpital Gandhi à Teheran qui a été touchée dimanche lors d'une frappe israélienn
La façade de l'hôpital Gandhi à Teheran qui a été touchée dimanche lors d'une frappe israélienn Tous droits réservés  AP Photo
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Par Jean-Philippe Liabot & Avec AFP
Publié le Mis à jour
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Depuis 5 jours, les expatriés libanais et iraniens vivant en France sont inquiets pour leurs proches restés dans leurs pays et qui subissent le feu déclenché par les États-Unis et Israël

Alors que la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël en Iran et au Liban entre dans son sixième jour, l’inquiétude grandit parmi les Iraniens et les Libanais installés en France. Les nouvelles arrivent au compte-gouttes, parfois pas du tout.

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Beaucoup disent ressentir une culpabilité étrange : celle d’être loin, en sécurité, pendant que leurs proches vivent sous la menace.

Beaucoup d'autres comme Roula, une expatriée libanaise parlent aussi d’une fatigue profonde : celle d’un pays qui a l’impression de ne jamais sortir de la guerre.

**"**Moi, je suis venue il y a plus de 35 ans et c'était déjà la guerre. C'était déjà la fin d'une autre guerre. Et maintenant, cela continue. C'est donc une guerre perpétuelle." dit-elle.

Pour Rakan un autre expatrié libanais, chauffeur de VTC à Paris, "Nous sommes (les Libanais) en faveur de la paix, et j'espère la paix, que ce soit pour Israël ou pour les Arabes. C'est ce que j'espère en tant que père, pour mes enfants. Je veux tout le monde autour d'une petite table afin que l'on puisse dire: « ceci est pour moi, ceci est pour toi ».

Même sentiment d'impuissance côté iranien

En France depuis 2018, Amir est rivé à son téléphone et à son ordinateur depuis samedi, suivant l'actualité iranienne.

Cet informaticien de 32 ans qui vit à Villeurbanne près de Lyon est très inquiet car du fait de la coupure totale d'internet en Iran, il n'a plus de nouvelle de sa famille depuis 5 jours.

"Le premier jour quand a commencé la guerre, mes parents m'ont appelé, pour me dire "de ne pas m'inquiéter, ici c'est calme jusqu'à maintenant, mais depuis, plus rien. Ni téléphone, ni internet. Rien. explique-t-il.

"Je ne peux pas manger, je ne peux pas dormir. C'est très compliqué. Un jour il y a internet, je peux parler trois secondes avec ma famille, avec des amis et après c'est fini."

Le seul phare d'Amir reste son téléphone, et cette petite lumière bleue qui refuse obstinément de s'allumer comme il le voudrait. Un message envoyé, des heures de silence, et cette question qui envahit son esprit : sont-ils encore là ? Vont-ils bien ?

Derrière les stratégies militaires et les chiffres de la bourse, les prix des carburants, les touristes bloqués dans les pays du Golfe, il ne reste à Amir que cela : l'attente infinie de ceux qui, d'un continent à l'autre, espèrent simplement ne pas être les prochains à porter le deuil à distance.

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