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Condamnation de la violence et appels au calme après la mort de Quentin D., militant identitaire

Vue générale sur le Quai Fulchiron, à Lyon, ou Quentin a été secouru, inanimé, jeudi dernier.
Vue générale sur le Quai Fulchiron, à Lyon, ou Quentin a été secouru, inanimé, jeudi dernier. Tous droits réservés  Zairon / Wikimedia Creative Commons
Tous droits réservés Zairon / Wikimedia Creative Commons
Par Serge Duchêne
Publié le
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Si les condamnations de violence que ne peut justifier aucune lutte politique pleuvaient de tous les côtés du spectre politique, les réactions à droite et à l'extrême droite pointaient expressément du doigt LFI (Quentin a été attaqué en marge de la conférence de Rima Hassan) et l'ultragauche.

Quentin D., 23 ans, est décédé samedi soir d'une commotion cérébrale après avoir été violemment agressé à Lyon, jeudi, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à l'Institut d'études politiques.

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Militant au sein de l'Action française, mouvement royaliste d'extrême droite, Quentin assurait ponctuellement et de façon officieuse la protection des membres de Némésis, un collectif identitaire et féministe venu protester contre la venue de Hassan. "On a parfois des jeunes hommes qui nous proposent de venir simplement nous filer un petit coup de main si jamais ça devient physiquement trop compliqué pour nous", a expliqué à l'AFP Alice Cordier, présidente du collectif.

Une version démentie par l'avocat de la famille, pour qui Quentin "n'était ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre". Il "défendait ses convictions sans violence, prônant un militantisme pacifique" et "n'avait jamais été mis en cause dans la moindre affaire par le passé", poursuit-il, cité par l'AFP_._

Emmanuel Macron a été un des premiers à réagir, dès samedi soir, à la mort de l'étudiant, victime, selon lui, d'"un déferlement de violence inouï", adressant ses condoléances à sa famille.

"En République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue", a déclaré Emmanuel Macron, ajoutant que "poursuivre, traduire devant la justice et condamner les auteurs de cette ignominie est indispensable".

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a appelé samedi les préfets à "renforcer la vigilance autour des rassemblements de nature politique, ainsi qu'autour des permanences de campagne". Depuis vendredi soir, précise franceinfo, plusieurs permanences de militants et élus de LFI, comme à Lille, Metz, Castres Bordeaux ou Rouen, ont subi diverses dégradations, allant du lancement de projectiles en passant par des jets de liquide rouge, ou des appositions d'affiches liées à l'agression de Quentin.

Émoi particulier à Lyon

La mort du jeune étudiant a, évidemment, produit un effet tout particulier à Lyon, non seulement parce que les événements tragiques se sont déroulés ici, mais aussi en raison de longue histoire de violences d'extrême droite dans la cité rhodanienne.

Plusieurs candidats à l’élection municipale à Lyon ont annoncé suspendre leur campagne dimanche. « Je ne me vois pas faire campagne dans ces conditions-là. J’appelle tout le monde à prendre le temps de réaliser la gravité du moment que l’on vit ensemble », a déclaré sur France 3 le candidat UDR-RN Alexandre Dupalais.

« La mort de Quentin me laisse sans voix », a réagi Jean-Michel Aulas samedi sur X. « Rien ne justifie de tuer ni de mourir pour ses idées. Rien ne justifie qu’un désaccord politique conduise à la violence », a-t-il poursuivi.

La députée LFI Anaïs Belouassa-Cherifi, candidate aux municipales, s'est vu rappeler, dans les commentaires sur les réseaux sociaux, son soutien appuyé à la Jeune Garde, le collectif extrême gauche que les réseaux sociaux mettent en cause dans la mort de Quentin. Elle a adressé ses condoléances à la famille de Quentin.

Sans évoquer de suspension de sa campagne, le maire écologiste sortant Grégory Doucet, également en lice pour un nouveau mandat, a pour sa part déploré « une tragédie » et souligné qu’un « tel déferlement de violences en plein cœur de la ville est inacceptable ». Grégory Doucet conclut sa réaction en promettant que "la Ville de Lyon mettra tous ses moyens à la disposition de la Justice pour appréhender les individus en cause dans la mort de Quentin".

Les ministres s'en mêlent

Plusieurs membres de l'exécutif se sont tournés vers les médias et les réseaux sociaux, et beaucoup n'ont pas mâché leurs mots en leur appréciation du rôle de l'ultragauche et/ou de LFI dans ce qui est arrivé à Lyon.

"Les discours politiques violents amènent à la violence physique." "C'est l'ultragauche qui manifestement a tué" Quentin, accuse le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, dans l'émission "Le Grand Jury RTL-Le Figaro-Public Sénat", dimanche 15 février. "C'est incontestable", affirme encore le ministre de la Justice, alors que l'enquête ouverte après la mort du militant est pourtant toujours en cours, précise franceinfo.

Gérald Darmanin "ne croi[t] pas" que les autorités aient "sous-estimé la violence de l'extrême gauche", et dit avoir "toujours dénoncé" la violence politique, qu'elle vienne "de l'ultragauche, l'ultradroite, les mouvements survivalistes, masculinistes…" "Je pense qu'il y a une complaisance de LFI et des partis extrêmes en général pour la violence politique", qui font "semblant de ne pas voir que les mots tuent", accuse le ministre de la Justice.

Invitée sur Franceinfo ce samedi 14 février, la ministre française déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé a dénoncé "cette volonté de La France insoumise d’infuser dans les cerveaux les plus jeunes de faire la tournée des universités, des facs, des grandes écoles."

Droite et extrême droite vent debout contre LFI

Sans surprise, la droite traditionnelle (LR) ou le Rassemblement national chargent leurs opposants politiques de la France Insoumise, en dénonçant également la violence de tout le débat public.

"Ce n’est pas la police qui tue en France, c’est l’extrême-gauche", s'est fendu le président de LR et ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, souvent cible des attaques du mouvement mélenchoniste à cause des violences policières.

"Je suis outré qu'aujourd'hui la France insoumise crée le terreau fertile à cette ultraviolence", dénonce dimanche 15 février sur franceinfo Othman Nasrou, secrétaire général des Républicains et vice-président de la Région Île-de-France.

La présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen, a inclus dans son indignation "le gouvernement", l'invitant "à sortir de sa torpeur face à des milices d’extrême-gauche qui depuis des années, s’appuyant sur la complaisance et le soutien de partis tels que la France insoumise, multiplient dans l’espace public intimidations, menaces et agressions".

"La milice de Mélenchon et LFI a tué", a accusé, sans ambages, sur X Marion Maréchal, qui demande également "l'inscription de la Jeune Garde et de toute cette mouvance antifa sur la liste des organisations terroristes".

Le député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, a déploré dimanche 15 février dans Questions politiques, sur France Inter, franceinfo tv et Le Monde, "une banalisation de la violence politique (qui) mène toujours vers la violence ultime, c'est-à-dire l'atteinte aux personnes et la mort".

La gauche se défend, tout en condamnant la violence

"La France insoumise condamne avec la plus grande fermeté toute violence physique, comme elle l’a toujours fait", a écrit sur X vendredi le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, qui ajoute que "ce climat de violences doit cesser" et que "personne ne doit perdre sa vie pour ses idées".

Rima Hassan, dont la présence à Lyon sont venues contester les membres du Némésis, pris ensuite à partie par les militants antifa, a aussi essayé de prendre ses distances avec l'épisode de violence à Lyon. "J'ai appris avec effroi les faits concernant le jeune homme Quentin (...) Pour chacun de mes déplacements, le seul et l’unique service d’ordre avec lequel je collabore et qui m’accompagne est celui de La France insoumise qui n’a jamais recours à la violence et qui n’est en aucun cas impliqué dans ces affrontements."

L'insoumis Éric Coquerel a, lui, appelé l'"extrême-droite" à "balayer devant sa porte", a rapporté le Figaro. Il a également mis en avant un "contexte lyonnais" avec "depuis de nombreuses années des ratonnades, actions de l'extrême droite, sans que ça fasse beaucoup la une de l'actualité" et sans que la police n'"intervienne".

Alors que la Jeune Garde - groupuscule d'ultragauche dissous en Conseil des ministres en juin 2025 - est pointé du doigt, son fondateur et désormais député LFI Raphaël Arnault a exprimé son "horreur et dégoût". "Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue. J’adresse mes condoléances à la famille de ce jeune et je souhaite que toute la lumière soit faite sur ce drame."

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a, de son côté, dénoncé "le niveau de violence ... inacceptable" : "Dans une démocratie, personne ne devrait mourir pour ses idées".

Lui fait écho l'ex-président de la République et député PS de Corrèze, François Hollande : "La violence politique ne peut avoir sa place dans notre République", "on ne détruit pas des idées en détruisant des vies", tandis que le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a appelé à "arrêter avec cette violence en politique qui mènera toujours à des tragédies".

Sources additionnelles • AFP, franceinfo, Lyon Capitale

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