Des magistrats s’inquiètent de possibles conflits d’intérêt : la Cour des comptes doit se prononcer sur les choix budgétaires d’un gouvernement dont Amélie de Montchalin était, jusqu’à ce dimanche, ministre. Amélie de Montchalin a 40 ans et peut occuper le poste jusqu'à ses 68 ans.
Une partie des magistrats observent avec inquiétude l’arrivée d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes. La proche d’Emmanuel Macron prend la présidence de la haute juridiction chargée de contrôler la régularité des comptes publics, et donc des choix du gouvernement, alors qu’elle était, jusqu’à dimanche, ministre de l’Action et des Comptes publics.
Une tribune collective, signée par des magistrats et des juristes, et publiée dans Le Monde, dénonce « une faille institutionnelle » et appelle à une réforme.
L’ancien magistrat à la Cour des comptes François Escalle confie à l’AFP qu’Amélie de Montchalin « va être à la fois juge et partie sur les comptes 2025 et les prévisions pour 2026. »
La présidente par intérim de l’institution, Carine Camby, rappelle de son côté que le premier président de la Cour des comptes ne participe pas aux rapports qui sont « délibérés dans les chambres de la cour. » Amélie de Montchalin doit par ailleurs, selon Carine Camby, être reçue par le collège de déontologie pour examiner tout possible conflit d’intérêts.
Emmanuel Macron a nommé Amélie de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes par décret le 11 février dernier. Une vague de critiques avait accompagné le choix du président sur les réseaux, une décision souvent décrite comme un exemple de « recasage des amis » ou l’illustration de la « république des copains. »
Elle est la première femme à prendre la tête de l’institution. Sa nomination est irrévocable. Amélie de Montchalin a 40 ans et peut, en théorie, occuper le poste jusqu’à ses 68 ans.