Quatre jours après sa nomination au poste de guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei n'est toujours pas apparu en public, entraînant une vague de spéculations sur son état de santé.
Quatre jours après la nomination de Mojtaba Khamenei au poste de guide suprême iranien, son état de santé interroge toujours. Dimanche 8 mars, il a pris la suite de son père, Ali Khamenei, tué dans les frappes menées par les États-Unis et d'Israël, au tout début de la guerre.
Ce mercredi 11 mars, Yousef Pezeshkian, le fils et conseiller du président, a, sur son compte Telegram, tenté de rassurer le pays, assurant qu'il était "sain et sauf", citant des "amis qui ont des connexions".
Sauf que le nouveau guide suprême iranien n'est toujours pas apparu en public. Il n'a pas assisté, par exemple, aux funérailles des principaux commandants militaires tués au début de l'offensive américano-israélienne. Aucun message officiel, aucun discours ni même aucune nouvelle photo de lui n'ont été publiés depuis l'annonce de son leadership.
Les spéculations sont donc nombreuses. Selon Ali Reza Salarian, l'ambassadeur d'Iran à Chypre, Mojtaba Khamenei aurait été blessé lors de l'attaque qui a tué son père. Le journal britannique The Guardian a rapporté une conversation au cours de laquelle l'ambassadeur a assuré avoir entendu que "ses jambes, ses mains et ses bras avaient été touchés". "Je pense qu'il est hospitalisé", aurait-il ajouté.
Mais d'autres médias rapportent une situation différente. Citant une source "familière avec la situation", CNN indique que Mojtaba Khamenei se serait cassé la jambe et avait subi des blessures relativement superficielles lors des premières frappes israélo-américaines. Le média précise qu'il aurait également reçu un coup à l'œil gauche et qu'il souffrirait de légères lacérations au visage.
De son côté, la chaîne israélienne Canal 12 a indiqué qu'il avait été la cible d'une attaque. Il aurait été blessé, mais aurait survécu.
La télévision d'État iranienne a, elle, brièvement évoqué sa blessure après avoir annoncé sa sélection à la direction, mais n'a fourni aucune autre explication quant à son état physique, ni à l'endroit où il était soigné.
Pourquoi ne prononce-t-il pas de discours ?
Lors de son entretien avec The Guardian, Ali Reza Salarian, a déclaré que Mojtaba Khamenei n'était principalement pas une personne intéressée par la prise de parole en public. "Je ne pense pas qu'il soit à l'aise de prononcer des discours quelles que soient les circonstances", a-t-il déclaré.
Pourtant, en Iran, le leader joue généralement un rôle important dans la direction de la politique et de la propagande du système par le biais de discours et de messages publics. Un sujet qui interroge, en Iran, sur sa capacité à diriger.
Pourquoi l'avoir élu ?
Selon Ali Reza Salarian, de hauts responsables religieux ont appelé Mojtaba Khamenei à assumer ses responsabilités de leader après la mort de son père, l'ancien dirigeant de la République islamique.
"Des religieux de haut rang ont posé la question à Ali Khamenei, mais le défunt dirigeant avait refusé [que son fils prenne la suite]. Mais après l'attaque, les religieux lui [Mojtaba Khamenei] ont dit que c'était son devoir" d'accepter sa nomination.
Ces déclarations font suite à des informations selon lesquelles, ces derniers jours, un groupe de membres de l'Assemblée des experts a déclaré aux médias d'État qu'Ali Khamenei n'avait fait aucune recommandation ou suggestion concernant la nomination d'un nouveau dirigeant.
Pourtant, le média Amaaj Media, citant des dirigeants iraniens, avait rapporté qu'Ali Khamenei avait demandé dans son testament que le prochain leader religieux devait être habitué des postes à responsabilités, une expérience que n'a pas Mojtaba Khamenei.
Mais le fils de l'ancien guide suprême a alors pu compter sur des soutiens de poids, tels qu'Hussein Taieb, l'ancien chef de l'agence de renseignement du CGRI, ainsi que de l'influente Assemblée des experts du Corps de la Révolution.
Certaines informations indiquent en revanche que des personnalités comme Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité, et Ali Asghar Hijazi, homme politique influent, se seraient opposées à cette nomination.
Préoccupation nationale
Malgré ces explications, aucune information détaillée n'a encore été publiée sur l'endroit où il se trouve, sur son état de santé et même sur la capacité de Mojtaba Khamenei à exercer des fonctions.
Certains analystes pensent qu'il est peut-être toujours sous traitement médical. D'autres suggèrent qu'il est détenu dans un lieu tenu secret pour des raisons de sécurité.
Alors que l'Iran reste en proie à des tensions militaires avec Israël et les États-Unis, l'absence totale du nouveau dirigeant de la République islamique sur la scène publique est devenue l'un des principaux sujets de discussion dans les médias et les réseaux sociaux.